Le vice et la vertu selon Stéphane Dion


© monaerik (www.lecornichon.qc.ca)

Le ministre canadien de l’Environnement, Stéphane Dion, a cru faire sensation, hier, en plantant un arbre sur le Mont-Royal. Son coup de pelle était doublé d’un bon coup de pub, puisqu’il s’agissait d’annoncer que la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, qui se tient ces jours-ci à Montréal, serait neutre au plan des émanations de gaz carbonique. En d’autres termes, tout ce qu’elle produira comme GES, tant sur place que sous forme de transport aérien pour y acheminer ses 10000 congressistes, doit être compensé par la plantation d’arbres et l’achat de crédits compensatoires sur le marché des émissions polluantes. Peu d’observateurs, ceci dit, se sont laissés impressionner par ce geste.

David Ljunggren, journaliste de l’agence Reuters en poste à Ottawa, résume ainsi le problème : « Comment un pays ayant invité, de façon aussi tapageuse, le monde à faire plus afin de combattre les changements climatiques peut-il être aussi modeste lorsque vient le temps de réduire ses propres émissions de gazs à effet de serre ? »

Ce qui est insolite, c’est que c’est le Pembina Institute est partie prenante dans cette opération hautement symbolique. Or, cet institut d’éducation et de recherche en politique environnementale basé en Alberta se livre à une critique féroce de la politique énergétique canadienne qui favorise l’extraction des sable bitumineux hautement néfastes, en termes d’émission de GES, de cette province. La semaine dernière, il publiait notamment un rapport dévastateur dont le titre parle de lui-même : « La fièvre des sables bitumineux : implications environnementales de la ruée vers les sables pétrolifères du Canada »

Interrogé par le correspondant de Reuters à ce sujet, Stéphane Dion s’est fait à la fois cynique (« Il n’y a pas un pays qui dirait « Si nous disposions de ces gisements, nous garderions le pétrole qu’ils contiennent enfouis sous la terre ». Ils comprennent. Ils ne sont pas hypocrites. ») et complaisant (« Cela donne au Canada la capacité de générer des surplus et de financer [ainsi] mon plan d’action contre les changements climatiques. »).

Le pire, c’est que la seule réponse que le ministre a donné au sujet de l’incapacité canadienne à tenir ses engagements de Kyoto, c’est ceci : « Nous ne sommes pas les seuls dans le club. » Jolie mentalité. C’est un peu comme si le ministre de la Justice se défendait des dérapages de sa politique sécuritaire antiterroriste (affaires Maher Arar, Adil Cherkaoui, etc.) en expliquant que les Américains font encore pire à Guantanamo.

Mouais… Vu que c’est à peu près le cas, j’aurais pu trouver un meilleur exemple 🙁

Publié dans amicalmant.ca
Un commentaire sur “Le vice et la vertu selon Stéphane Dion
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  1. […] lors des prochaines élections fédérales. Reste à savoir si le Parti Libéral version 2007 fait partie du problème ou de la […]

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