Qui gouvernera l'Internet ?

Sceptre et planisphère connectée

Le chapitre québécois de l’Internet Society (ISOC Québec) avait invité ses membres à un « 5 à 7 », hier soir, afin de discuter de la gouvernance d’Internet, telle qu’elle a été abordée au Sommet mondial sur la société de l’information de Tunis, en novembre dernier, et telle qu’elle doit se définir au fil des travaux du Groupe de travail sur la gouvernance d’Internet (WGIG). Luc Faubert, le président de l’association, a présenté aux « cinq ascètes  » ayant pris la peine de venir bavarder avec lui un topo détaillé sur la question. Merci à lui et honte aux absents !

La position de Luc est assez bien résumée dans un article qu’il publiait récemment sur le blogue des ambassadeurs de l’ISOC-Monde, un groupe select dont nous sommes chanceux, internautes québécois que nous sommes, qu’il fasse partie. En gros, l’Union internationale des télécommunications (UIT) déplore la perte d’influence qu’elle subit avec la montée en puissance des réseaux IP. Afin de prolonger son règne, elle espère arriver à prendre le contrôle de l’Internet. Face à elle, des groupes disparates représentent une multitude d’intérêts, mais ils ont au moins un point commun : la décentralisation de l’Internet et ses principes de gouvernance participatifs font bien leur affaire.

Sans être exhaustif, j’ai noté quelques petites choses intéressantes :

  1. Nous devrions surveiller de près les travaux du Forum de gouvernance de l’Internet (IGF) qui rassemble tous les acteurs, y compris les gouvernements, les entreprises, les ONG et les représentants de la société civile. Même si ses recommandations n’ont pas de caractère exécutoire, elles exerceront une grande influence sur l’avenir du réseau mondial. Fait à noter : cette entité ménage une place égale à tous les acteurs et ce serait une première au niveau des instances de gouvernance mondiale.
  2. Certains pays, qui ont appris a apprécier les vertus du modèle, ne souhaitent pas de changements majeurs (USA, Canada, Australie, Japon et quelques autres), selon le vieil adage « if it’s not broken don’t fix it ». D’autres préfèreraient, au contraire, que les gouvernements exercent l’essentiel du contrôle (Chine, Brésil, Iran et Pakistan). Plusieurs pays africains favorisent la montée en puissance de l’UIT, en partie par reconnaissance pour les généreuses subventions qu’elle leur verse. Certains pays européens, enfin, se méfient des Américains par principe — notamment les irréductibles Gaulois.
  3. Si nous voulons que nos valeurs canado-québécoises (esprit d’ouverture, tolérance, respect de la diversité) soient prises en compte, nous devons nous impliquer directement dans les discussions. L’association qui, par excellence, représente notre société civile en ligne, l’ISOC-Québec, est un bon véhicule pour y arriver.

Que celles et ceux qui sont sensibles à cet appel ne se le fassent pas dire deux fois. On se renseigne ici, on devient membre et on cogite tous ensemble vendredi prochain. Comme d’habitude, les absents auront tort. Plus précisément, ils n’auront pas *voix* au chapitre 🙂

Publié dans amicalmant.ca

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