L'affaire Gloaguen : du caviar dans le free speech

Blogue caviar

« L’affaire Natacha », titre Laurent Gloaguen, dit Le Capitaine, barreur des embruns point nets. En ce 28 septembre, le billet est vide : en attente de republication, parait-il. On a rarement vu ça : un billet vide suscitant 23 commentaires! [MAJ: Laurent a finalement réécrit ce billet le 29 septembre, bien qu’il reste daté du 26. Pour le coup, je lui envoie le 30 un trackbak du 28 ;-]

Il y a trois semaines, je n’avais guère entendu parler de « LG », que vaguement de Natacha « QS » (par Philippe et Michel, évidemment) et encore jamais visité Mémoire Vive, le vidéoblogue que cette dernière développe avec son frangin bidouilleur, Sacha. Aujourd’hui, huit jours après l’inénarrable polémique allumée par ce vidéopodcast, je me fais « caviarder » — sic : il y a aussi une blogosphère caviard ! — pour cause de « contrevérités » — et re-sac : j’ai le mal de mer. Certains de mes propos n’ayant pas eu l’heur de franchir le bastinguage, je me vois obligé de les réinventer plus bas, ma mémoire ne s’étant évidemment pas préparée à cela.

Ce qui est tordant, c’est qu’un peu plus bas, l’embrumeur s’adonne au copier/coller à propos de l’« affaire Jan Wong », bien canadienne, celle-là. Il pointe notamment vers le billet de Michel Dumais, reproduisant texto sa ligne de chute imparable : « Living with this free speech means sometimes, you get offended. Period! » Faut croire que le free speech, valable d’un océan à l’autre, ne l’est plus en haute mer. Sur le vaisseau du Capitaine Gloaguen, on caviarde ce qui déplait, sans se gêner pour dire ce que l’on pense par ailleurs. On est chez soi. Le capitaine de vaisseau ne supporterait-il que les vassaux?

*

Le 28 septembre 2006, Christian Aubry a dit :
« Shirley et Dino »… Je ne sais pas à quoi vous carburez ni quelles sont vos frustrations, mais je constate une fois de plus que vous avez le fiel dans le sang, l’allusion assassine et la noirceur vissée au coeur. Reproduire ici le billet abscond de Denys ne fait vraiment pas avancer le débat.

  • « les blogs dépendent bien plus du capital culturel que du capital social, si tant est que l’on puisse les distinguer. » Si ce n’est pas le cas, alors, pourquoi le faire? Parce qu’on se sent plus fort en tentant d’imiter Proust qu’en créant avec fraîcheur et dynamisme une réelle communauté?
  • « Pour y trouver sa place, plus qu’une pathétique crise d’autoritarisme… » De quelle crise parle-t-on ? La vôtre, Laurent, qui vous êtes fâché tout bleu [bip] heu (je ne me rappelle plus)… en attaquant Natacha parce qu’elle vous avait obligé à répondre à ses questions sous la menace d’un micro Sony de calibre 57[/bip] ? Quand et où ladite dame aurait-elle fait preuve d’autoritarisme ?

Et puis vous trouvez ça normal, vous, le « capitaine », que des « influenceurs » passent la soirée à se prélasser sur les canapés d’un parti politique sans qu’il soit possible d’en rendre compte publiquement ? Que diriez-vous s’il s’agissait de dignitaires étrangers ou de barons de la grande industrie ? La démocratie ne mérite-t-elle pas une messe médiatique, parfois, même si cela vous semble un peu soporifique ?

Peut-être que ce que vous n’avez pas aimé, au fond, c’est le style de Natacha, sa façon de poser ses questions. En ce cas, calmez-vous et respirez pas le nez. Il ne s’agit que de la forme, concentrez-vous sur le fond. Et puis, SVP, arrêtez de jouer [bip]les vierges offensées[/bip], surtout que vos attaques [bip]heu… répétées (sans parler de la censure érigée en système)[/bip] prouvent exactement le contraire !

  • « Il faudra un apprentissage des pratiques usuelles et de la géographie des positions existantes que, à l’évidence, Mémoire Vive n’est pas prête d’amorcer ce pourquoi, fort probablement, son petit réseau ne deviendra jamais grand. » Mais de quoi parlez-vous ??? De politique, de coterie parisienne ou de Kamasutra? Qui êtes-vous pour asséner cette leçon pointifiante et que savez-vous de l’avenir de tel ou tel réseau qui ne sorte de votre appréciation subjective ?

À mon sens, professeur, et quels que soient leurs défauts (qui n’en a pas, dites-moi?), les petits films de Sacha et Natacha ont mille fois plus de chances de séduire les jeunes générations, de par leur modernité de forme et de fond, que vos noirâtres écrits nombrilistes imitant une langue soi-disant savante, en réalité vide et révolue [là, bien sûr, je faisais allusion à la prose emberlificotée de Denys Bergrave, ce qui explique peut-être pourquoi Laurent a privé ces propos peu amènes de leur ration de caviar].

Allez-y, crachez votre venin et traitez-moi de groupie insignifiante du « clan » Mémoire Vive. Prenez note, toutefois, que je ne connaissais ni leur blogue ni même leur existence il y a trois semaines, étant physiquement à mille lieux (5500 km, pour être plus précis) de la survie parisienne. En les filmant, je n’ai découvert aucun « second degré » au sens où vous l’insinuez [dans le commentaire précédent]. Seulement de la fraîcheur, de la simplicité, de la jeunesse, certes, mais aussi une dynamique et une vision du Web et de la société qui mérite vraiment d’être explorée pour ce qu’elle est. Pour le reste, c’est le public et ses réseaux qui décideront de leur avenir. Et du vôtre, aussi.

*

Fin de l’auto-[ré]citation. Les portions entre crochets sont des ajouts et [bip]celles-ci[/bip] sont des ré-créations.

Publié dans amicalmant.ca
3 commentaires sur “L'affaire Gloaguen : du caviar dans le free speech
  1. Belle du Jour dit :

    Vive le Quebec libre !
    Apparemment, il suffit de traverser l’océan pour que tout soit plus clair… Et effectivement, si le Monsieur caviarde tout, je comprends pourquoi je ne comprenais pas !
    Beau travail, Christian : bravo ! (Et vous avez raison, l’avenir du Net me paraît être plutôt du côté de ces deux mousses-là. Tant pis pour le capitaine…)

  2. ~laurent dit :

    Le monde est imparfait, il y dans cette affaire beaucoup d’intelligence qui se perd en effet par des crises de d’égo(des 2 cotés) inutiles.

    Il y ceux qui disent et ceux qui font, laissons ceux qui disent …

    PS : bien écrit 🙂

1 Pings/Trackback pour "L'affaire Gloaguen : du caviar dans le free speech"
  1. […] trafic sonnant et ricanant. De plus, il n’y a que chez lui qu’il peut se permettre de caviarder de mauvaise humeur ceux qui lui échauffent le […]

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