Une “Écurie” au coeur de notre société en réseau
Il ne reste que quatre soirs (23 au 26 avril) pour assister au dernier spectacle de Manon Oligny, L’Écurie, à la Société des arts technologiques (SAT). « L’Écurie est un essai sur l’identité féminine, un essai chorégraphique et littéraire grâce à cette première collaboration avec Nelly Arcan », explique la chorégraphe, et vous en saurez plus sur le propos artistique des deux jeunes femmes en lisant le “pré-papier” de Fabienne Cabado publié dans Voir.
Après avoir vu moi-même le spectacle la semaine dernière, il me semble que l’analyse formelle proposée par François Dufort (Dfdanse) comporte des clés d’interprétation absolument essentielles. Face à l’art contemporain, en effet, on se trouve devant un miroir de nous-même qu’il n’est pas toujours évident de saisir et d’accepter. Les Impressionnistes et Vincent Van Gogh en savent quelque chose, eux qui furent vilipendés pour avoir osé transposer au plan formel la sensualité bourgeoise prisée par leurs contemporains. Ce n’est que bien plus tard que tout un chacun a fini par en apprécier l’intense beauté.
Idem pour cette Écurie, une « installation chorégraphique » taillée sur mesure pour la SAT, et je vais tenter d’expliquer ici comment ce mariage s’est traduit du point de vue du spectateur que je suis.
Au-delà de la tension induite par l’opposition femme libérée/femme érotique et par la performance physique (les deux ne sont-elles pas liées dans notre imaginaire collectif?), j’ai été estomaqué par la précision de la mise en scène qui reflète parfaitement la réalité de notre civilisation numérique. Cette absence de point de vue « classique », frontal, à l’italienne, est en réalité une multiplicité de points de vue individuels laissée au bon vouloir du spectateur qui est libre de se placer où il veut et de regarder ce qu’il veut, quand il veut.
L’éclatement de la scène en trois sous-scènes distinctes entourées de planches lui interdit, cependant, de voir tout ce qui se passe en même temps et le force à tout moment à faire un choix. Il ne s’agit plus, alors, d’un simple spectacle, mais d’une expérience personnelle qu’on serait bien en peine de revivre à l’identique deux soirs de suite et dans laquelle nous n’avons pas d’autre choix que de nous impliquer personnellement. Certains spectateurs se concentrent sur une danseuse, d’autres essaient de garder au moins deux stalles dans leur champ de vision; il y en a qui déambulent au gré de leur instinct, d’autres qui prennent du recul, grimpant sur les gradins afin d’essayer (en vain!) de retrouver une esthétique classique qui leur éviterait littéralement de prendre position.
Par ailleurs, Nelly Arcand, tapant frénétiquement sur le clavier de son Mac, et les techniciens de scène sont également en plein milieu de la salle, si bien qu’ils font eux-mêmes partie du spectacle. En fait, chaque spectateur est lui-même l’objet du regard de l’autre. Quoi que l’on fasse, que l’on reste immobile ou que l’on déambule, que l’on échange un regard troublant avec l’une des artistes, que l’on se positionne en « voyeur » en glissant les yeux à travers les planches des stalles, que l’on s’attarde à la régie technique, que l’on échange avec Nelly Arcand un rapide sourire, on participe soi-même au spectacle en émettant un feedback qui en modifie instantanément la charge et la nature. On est soi-même corps évoluant sur la scène, acteur et danseur improvisé. Notre attitude fascinée, blasée ou amusée est un commentaire, le spectacle un billet et le tout, une conversation.
En ce qui me concerne, il m’aura fallu environ 15 minutes pour me libérer du malaise entraîné par cette situation apparemment incongrue. Une fois que j’ai compris ce que j’étais en train de vivre, j’ai pris un plaisir fou à jouir de ma liberté d’acteur/spectateur au cœur d’un torrent d’émotions artistiques, à m’approcher des danseuses afin de ressentir à fond leur charge émotionnelle, à observer le public, varier les angles de vision, échanger des regards ouverts, parfois même quelques mots, lire les textes défilant sous mes yeux et swinguer sur l’incroyable bande sonore du show. J’étais au cœur d’une expérience marquée par la participation et l’échange, une sorte de « spectacle 2.0 ».
Cette installation chorégraphique incarne ainsi à merveille les grandes lignes de force de notre société en réseau, dans laquelle il n’y a plus de centre ni de périphérie, mais d’innombrables centres et d’innombrables acteurs-spectateurs engagés dans une immense conversation à la fois mondiale et atomisée.
Ma morale chevaleresque, au final, c’est que la beauté de notre modernité réside dans l’acceptation des tensions inhérentes à toute liberté. Il y en a certainement d’autres (par exemple : la femme libérée ne peut vivre pleinement sans assumer la dialectique sensualité/soumission) et cela me réjouirait de connaitre la vôtre. Car c’est décidé, je vais retourner à la SAT, probablement vendredi ou samedi soir, afin de piaffer sur les roulements de batterie gigantesques de L’Écurie en compagnie de ma fille et d’une trollée d’inconnus.
Photo © Renaud Kasma. Origine: Facebook
Premier anniversaire de TechnoMontréal… et de VidéoPresse !
Voici une vidéo accompagnant un communiqué de presse qui me tient particulièrement à coeur : Pierre Root, directeur général de TechnoMontréal, et Laurent Maisonnave, associé et co-fondateur de VidéoPresse, y annoncent un partenariat visant à promouvoir les entreprises de technologies de l’information et de la communication du Grand Montréal à l’aide de la Web Vidéo. Cette annonce se prolongera ce soir, au 5@7 de TechnoMontréal, où nous vous espérons nombreux.
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Ce soir, au Restaurant Le Quartier, nous ferons donc une courte présentation sur les petits secrets d’une bonne “Web communication vidéo”. Nous y fêterons aussi, de façon très informelle, un double anniversaire. C’est le 13 avril 2007, en effet, que la Grappe des technologies de l’information et de la communication du Grand Montréal était officiellement lancée par sa P.-d.g. fondatrice, Lyne Bouchard. Par ailleurs, Laurent Maisonnave et moi-même réalisions le même jour notre première collaboration vidéo, laquelle allait nous amener, de fil de micro en lampe halogène, à nous associer afin de bâtir VidéoPresse.
Un an plus tard, la vision de Mme Bouchard quant à la nécessité de promouvoir l’industrie montréalaise des TIC ne se dément pas, comme vous pourrez le vérifier en écoutant plus bas un extrait de l’entrevue réalisée l’an dernier. Grâce aux retombées de cette entrevue en termes d’image et de contacts internationaux, Lyne avait découvert la force de la Web communication vidéo. C’est avec elle que nous avions jeté les bases du partenariat annoncé aujourd’hui et c’est avec son successeur, Pierre Root, qui en a également saisi tout le potentiel, que nous l’avons finalement conclu.
Ceci dit, ce partenariat est un peu comme un blogue : un bel engin prêt à vrombir, mais dans lequel l’essentiel reste à créer, à savoir le contenu. Il appartient donc maintenant aux 2750 entreprises de la Grappe de saisir cette opportunité et de prendre, efficacement et simplement, le « virage » de la Web communication vidéo. Si la tendance se maintient, comme dit un présentateur célèbre, c’est toute l’économie montréalaise qui en sortira gagnante au plan international, affirmant ainsi son dynamisme, sa convivialité et son positionnement à la fine pointe de l’évolution des TIC.
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René Barsalo : [propulse]ART ou le spectacle en réseau
Cette entrevue produite par Christian Aubry a été publiée le 9 avril 2008 sur Intruders TV Canada, un « vlog » qui a été fermé sans préavis en mars 2009.
Après avoir exploré le concept de « hub urbain », nous vous présentons aujourd’hui la seconde partie de notre entrevue de février dernier avec René Barsalo. Le directeur, recherche et stratégie de la SAT nous entretient, cette fois, du corollaire du hub urbain, qui a pour nom de code [propulse]ART.
Ce groupe de recherche multi-institutionnel, financé par le Ministère du Patrimoine canadien, est en train de créer une trousse à outil à code source libre et ouvert (open source) qui permettra aux salles de spectacle ou de conférence de se relier les unes aux autres en réseau et de diffuser ainsi des événements et des spectacles ayant lieu, au même instant, dans une autre ville, voire même à l’autre bout du monde. Évidemment, ces outils permettront l’interactivité, si bien qu’il sera possible de dialoguer d’une ville ou d’un pays à l’autre en temps réel.
La chose se pratique depuis quelques années en laboratoire, mais l’agenda serré de [propulse]ART devrait la rendre très largement accessible, avec les conséquences économiques et sociales qu’on peut imaginer. Internet transformera bientôt les arts de la scène comme il a transformé l’industrie musicale, la télévision et le cinéma. Attachez vos ceintures et bon spectacle !
Mobile 3G, Qik et Flixwagon : la nouvelle vague du vidéo live
Une nouvelle vague de plateformes vidéo mobiles a vu le jour en 2007 et commence tranquillement à bâtir sa niche sur le Web. Prenez les derniers protocoles de compression vidéo, ajoutez-y une gamme de téléphones mobiles de pointe, une pincée d’interactivité puisée dans la blogosphère, la puissance de diffusion d’un Youtube, nappez le tout de créativité et… servez à chaud, sans laisser reposer.
Le 24 mars dernier, une conférence sur l’évolution et la monétisation de la vidéo mobile se tenait à New York, dans le cadre du MobileMonday local. Comme de raison, les tables rondes étaient diffusées en temps réel sur Internet à partir de simples téléphones portables. La qualité est minimale ― surtout le son ! ― mais il faut bien comprendre qu’on en est encore aux premiers balbutiements de cette technologie.
Cette semaine, la blogueuse et “webvidéaste” française Natacha Quester-Séméon ouvrait un canal sur Qik, une plateforme dédiée à la vidéophonie mobile en temps réel et lancée en novembre dernier. Robert Scoble, la star de la blogosphère yankee, avait mis cette nouvelle pratique à l’honneur lors du forum économique mondial de Davos de janvier dernier.
Le long travelling de Natacha sur les quais de la Seine, diffusé live en 3G, est relativement impressionnant, si l’on prend en considération l’extrême légèreté des moyens de captation et de diffusion mis en oeuvre, les conditions de tournage nocturne et la vitesse du véhicule en mouvement. Évidemment, il s’agit ici de simples tests, de R&D éditoriale, en quelque sorte. Je vous conseille donc de baisser le son avant de lancer cette vidéo :
Il est évident que les plateformes de vidéo mobile comme Qik et Flixwagon ont de l’avenir. À terme, elles permettront de créer une nouvelle couche de Web communication interactive extrêmement dynamique. Le killer feature de Qik, en effet, c’est la possibilité offerte aux webspectateurs de dialoguer avec les diffuseurs en temps réel.
Avec un peu de chance, en vous rendant sur la page d’accueil du site, vous vous trouverez face à une vidéo live en train d’être filmée. Au bas du cadre vidéo, cliquez sur le lien “chat” et tapez un court message à l’intention du cameraman. Une poignée de secondes plus tard, celui-ci pourra lire votre note sur l’écran LCD de son téléphone, y répondre lui-même ou la transmettre verbalement, le cas échéant, à la personne filmée.
Il s’agit là d’un paradigme tout nouveau et très séduisant, surtout qu’il est désormais trivial de diffuser les archives de ces flux live sur Youtube. Conséquence prévisible : il sera de plus en plus difficile, pour toute organisation économique, sociale ou politique, de contrôler la libre expression de populations de plus en plus agiles avec ces technologies révolutionnaires. À tout moment, un téléphone pourra surgir et, discrètement, diffuser un événement, un phrase incriminante, un commentaire déplacé ou une bavure en temps réel, sans qu’il soit matériellement ni temporellement possible de l’en empêcher.
Il me semble que la démocratie mondiale à tout à gagner de cette évolution. Au pied du mur, la transparence et l’imputabilité dont elle a besoin pour progresser seront peut-être les seules options restantes pour ceux dont le succès repose sur la crédibilité. À la moindre entourloupe, on devra assumer le risque de se retrouver instantanément sur Youtube les culottes baissées. Cette vision est encore très utopique, j’en conviens, et les réactions musclées seront à surveiller, mais c’est dans cette direction que le vent nous pousse à vitesse 3G.
Reste à savoir si les opérateurs de téléphonie mobile canadiens faciliteront l’accès rapide de nos concitoyens à ces technologies, ce qui est très loin d’être le cas dans le contexte actuel. Raison de plus pour ne pas rater le premier « MoMoMo » (MobileMonday Montréal), le 14 avril prochain. Si cet événement vous intéresse, jetez un coup d’oeil à la petite présentation que nous en a faite Sébastien Foiret, l’un de ses co-fondateurs, sur Intruders TV.













Il y a un rapprochement évident à faire entre le caractère éclaté du réseau Internet et le style de montage vidéo qui s’avère le plus apte à capter l’attention des internautes, aujourd’hui, notamment les plus jeunes. J’en ai découvert une illustration assez frappante, il y a quelques semaines, en visionnant deux vidéos destinées à promouvoir l’


















