Christian Aubry

Web + Video = Communication @ Montreal, Qc

amicalmant.ca

Tabac, pétrole et mensonge d’État


Bonne fête, Canada !Le Réseau de l’information (RDI) diffusait un excellent reportage de l’émission The Fifth Estate, hier soir : La machine à nier, version française de The Denial Machine. On y démonte la machine de propagande qui a permis aux fabricants de tabac de nier le lien entre leurs produits et le cancer pendant des dizaines d’années. Plus intéressant encore, on y démontre comment cette machine à nier l’évidence sous de faux prétextes scientifiques s’est mise au service de l’industrie pétrolière, ces dernières années, afin de réfuter le lien entre celle-ci et le réchauffement climatique… si tant est que celui-ci existe (!).

Il est étonnant de voir à quel point les humains sont idiots et combien certains d’entre eux, pourtant intelligents, envoient leurs semblables au casse-pipe sans état d’âme, avec un cynisme et une malveillance consommée. Que cela arrive aux États-Unis, c’est une chose. Que des industriels et des politiciens canadiens appliquent les mêmes recettes que leurs homologues américains, c’en est une autre dont on ne peut pas tirer grande fierté.

Ce matin, je lis dans Libération un excellent reportage qui expose en détails la catastrophe écologique entraînée par l’exploitation des sables bitumineux albertains : Au Canada, le sale coût du pétrole des sables. Mettant ces informations en perspective avec ce que j’ai entendu sur RDI hier soir, je me dis que le gouvernement conservateur du Canada est effectivement bien entraîné à travestir la réalité à l’avantage d’une économie dépassée.

Ces errances et ces mensonges protégeront l’activité industrielle à court terme, certes, mais elle sèmera la mort par millions, au Canada et à travers le monde. Par ailleurs, c’en est fait de la réputation saine et avant-gardiste du Canada. Fini le mythe des « grands espaces », des lacs immenses aux eaux pures et des forêts boréales à perte de vue. Lui succède de plus en plus la vision dévastatrice d’un des derniers territoires préservés de la planète en proie à la voracité destructrice de notre espèce.

Espérons que les Canadiens auront le courage de regarder cette réalité en face et de prendre leurs responsabilités lors des prochaines élections fédérales. Encore faudrait-il que le Parti Libéral version 2007 ne fasse pas partie du problème, mais de la solution.


La Loi anti-tabac fait reculer le jeu


Jeu, tabac et cupidité

Une bonne nouvelle ne vient jamais seule. Mercredi dernier, Loto-Québec, la société d’État québécoise régissant les jeux et loteries, présentait son rapport annuel à la presse sous le titre « L’ère de la croissance continue est révolue à Loto-Québec ». Les esprits matérialistes comprenaient que la Société avait engrangé moins de profit et versé moins d’argent au budget consolidé de l’État québécois que lors des exercices précédents. Les esprits holistiques se consolaient en pensant que moins de gens avaient succombé au mirage du gain miraculeux, que moins de pauvres s’étaient appauvris davantage et que le ministère de la Santé et des services sociaux allait dépenser moins d’argent pour soigner les plus compulsifs d’entre eux. Mais ce n’est pas tout !

L’analyse révèle en effet que 72 % de la baisse enregistrée est attribuable à la Loi sur le tabac, entrée en vigueur l’an dernier, qui aurait éloigné de nombreux joueurs des bars abritant des loteries vidéos. Quelle bonne nouvelle ! Cela indique que la Loi sur le tabac est doublement utile, réduisant à la fois le tabagisme et le jeu compulsif.

Évidemment, MonChoix.ca, un site Web soi-disant associatif mais, en réalité, habilement manipulé par l’Association des manufacturiers de tabac (j’en suis toujours « membre », semble-t-il!), n’est pas du même avis. L’état des finances publiques l’inquiète plus que celle des Canadiens dont les droits fondamentaux, comme chacun sait, sont baffoués par les impératifs de santé publique.

Comme Loto-Québec est une vache à lait du gouvernement, Québec va peut-être prendre des moyens pour que les revenus de sa richissime société d’État retrouvent le chemin de la croissance. Solution : permettre aux clients des loteries vidéo de fumer dans des salons spécialement aménagés?

C’est effectivement une bonne solution pour un retour en arrière dont, heureusement, la majorité des québécois ne veut pas. L’industrie du tabac démontre une fois de plus son cynisme, espérant ouvertement que le gouvernement démocratique du Québec agira selon les lois mécaniques du capitalisme sauvage, plaçant l’intérêt de l’actionnaire avant celui du citoyen. Fort heureusement, ce ne sera pas le cas.

À lire aussi :


Nomadisme identitaire


L'homme nomade

Je viens de me lancer dans la lecture de L’homme nomade, un essai de Jacques Attali datant de 2003. J’ai lu une bonne demi-douzaine d’essais de cet intellectuel français et je sens que celui-ci va nourrir ma vision du monde au moins autant que les précédents.

Je me retrouve en effet dans sa vision du nomadisme comme propre de l’homme, depuis la nuit des temps et jusqu’aux espaces virtuels que nous parcourons aujourd’hui, d’un blogue à l’autre, d’un projet au suivant. Ayant plusieurs fois changé de métier, pas mal voyagé et émigré d’Europe en Amérique, je me perçois moi-même comme un nomade, ne m’installant en un lieu, un couple, une mission professionnelle ou un état social que le temps de m’en nourrir, de livrer la marchandise, de laisser derrière moi quelque réalisation dont je sois fier et de me préparer à un nouveau départ.

Dans le chapitre 3.1 (Vivre ensemble), Attali aborde la question de l’identité au sein des groupes humains. Au cours de notre évolution, note-t-il, « Le nom des peuples compte moins que ceux des individus. Quand ils commencent à se donner des noms (…), nombre de peuples se désignent simplement par le mot qui signifie “les hommes”, ou “nous-mêmes”, ou “ceux qui parlent la même langue”, ou “le peuple”, ou “la famille”, ou encore “le patrimoine”. Et comme ce nom est en général pour eux dénué d’importance, ils en changent souvent pour prendre ceux des peuples auxquels ils se mêlent, conquérants ou vaincus. Les sentiments d’appartenance et d’identité ne viennent que beaucoup plus tard. »

Ainsi, je ne sais plus trop moi-même si je suis « français » (car je ne vote plus en France), « canadien » (n’ayant toujours pas demandé cette citoyenneté) ou « québécois » (je suis ambivalent face à la question nationale). Les qualificatifs dans lesquels je me retrouve le mieux, depuis une décennie, sont « montréalais » (proximité) et « citoyen du monde » (globalité). Au fond, la question de mon appartenance identitaire m’importe peu.

Jacques Attali poursuit : « À la différence du nom du groupe, celui de chaque individu importe beaucoup; c’est celui d’un être vivant et il ne faut jamais le proférer sous peine de le voir partir, lui-même nomade, et, avec lui, voir disparaître l’identité de qui le porte. Encore aujourd’hui, certains Inuit changent de nom à intervalles réguliers pour renaître avec chaque nouveau patronyme et vivre ainsi des sortes de réincarnations symboliques. »

En méditant ce passage comme on mâche une feuille de coca, je pense à l’importance que les gens du milieu que je fréquente attachent à leur « identité numérique », la déclinant à l’infini dans toutes sortes de communautés nomades en ligne : Linkedin, Viadeo, Facebook, Flickr, etc., sans parler de leur propre blogue, bien sûr. Certains, comme moi, cèdent parallèlement à une pulsion sédentaire contradictoire qui leur fait redouter la profanation (soit le vol) de leur identité, protégeant le mieux possible, malgré ce déballage flagrant, leurs précieux renseignements personnels.

Je me rappelle aussi les différentes identités fictives qui furent les miennes à travers les décennies. Lorsque j’avais 20 ans et que je jouais de la guitare basse au sein d’un groupe nommé Ejakulakoss Pression (sic), le nom Christian Aubry m’apparaissait banal et trop français pour sonner jazz. Sur scène, je préférais donc me faire appeler « Chris O’Bry ». Aujourd’hui, cela me fait sourire, mais heureusement, le ridicule ne tue pas :)

Cinq ans plus tard, lorsque je jouais à un grand jeu social et artistique nommé Hexameron (une référence théologique dont il faudra que je raconte un jour la résurgence parisienne de 1983-84), je me suis d’abord appelé « Palsembleu, Prince du Pays où la mer s’enfonçe » (re-sic), puis « Rootshield », allusion à la pseudo-lignée ludo-aristocratique de Palsembleu et à son alliance avec le clan des Marchands. Étonnamment, 23 ans plus tard, ces identités fantasques hantent toujours mon imaginaire puisque je les utilise encore pour nommer mes ordinateurs personnels, prothèses cyberspatiales indispensables à ma survie.

Enfin, bien entendu, il y a « Ami Calmant », un surnom qui remonte à 1995, alors que je concluais mes premiers courriels par cette formule de politesse revisitée, suivie de mes initiales, « C.A. ». Par la suite, « amicalmant » devint mon nickname sur de nombreux forums et c’est tout naturellement que mon blogue personnel s’installa, en 2003, sur amicalmant.ca.

Et vous, chers nomades qui explorez ma caverne pendant quelques minutes avant de repartir vers d’autres villages, quelles sont les identités individuelles et/ou sociales qui marquent votre vie ?

PS : je dédie ce billet à ma fille chérie, Juliette, qui fête aujourd’hui ses 14 ans. Puisse les enfants de ses petits-enfants le relire avec intérêt dans 120 ans :)


Confession d’un “crackberry”


Blackberry écrasé

J’ai un faible pour la plume incisive de Patrick Lagacé depuis ses premières chroniques dans Multimédium, en 1999. J’aime son style à l’emporte-pièce, la musicalité de ses phrases propulsées à la vitesse d’une balle de golf, sa liberté de penser tout bas ce qu’il peut se permettre de dire tout haut, puisqu’on a la bonté de le payer pour ça.

Son dernier billet aurait pu s’intituler « Confession d’un Crackberry », mais la rédaction de Cyberpresse a préféré un « Patrick Lagacé : pourquoi je largue mon BlackBerry », plus descriptif et plus direct. Il n’en s’agit pas moins d’un témoignage édifiant sur la dépendance à laquelle en arrivent les accrocs du Blackberry, ce petit téléphone/PDA toujours connecté.

Après deux ans de fréquentation fusionnelle, c’est fini, terminé, kaput. Je largue mon BlackBerry. Une machine qui permet à un être humain d’être joignable 24 heures sur 24, qui fait entrer des correspondants invisibles dans son quotidien, dans son salon, dans son intimité, c’est forcément une machine toxique.


Cela me fait penser à une aventure récente que j’ai vécue sur le site social Facebook. Je n’avais aucune raison impérative d’y adhérer mais j’ai fini par le faire quand même, histoire de ne pas être le dernier des derniers. Première erreur.

La seconde, je l’ai commise en ajoutant mon numéro de téléphone cellulaire à mon profil. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à recevoir des SMS à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour m’indiquer qu’untel, que je connais, ou untel, que je ne connais pas, souhaitaient devenir mes « amis ». Si je répondais, je me voyais facturer un SMS de 10 cents par mon fournisseur. Si je ne répondais pas, j’étais le dernier des caves, des réactionnaires, des mal connectés.

Heureusement, l’architecture de Facebook m’a permis de me soustraire à cette horreur rapidement. Il ne faut jamais oublier que les technologies sont supposées être au service de l’humain, et non le contraire. Merci à Patrick de nous l’avoir rappelé. Et bonne fin de semaine en famille )

PS : En parlant de machine, c’est quand même incroyable que l’ancien blogue de Patrick, sur Canoë, sorte encore en première ligne lorsqu’on tape Patrick Lagacé dans Big G, sept mois après qu’il ait déménagé sur Cyberpresse. Cette situation est évidemment due au lien rébarbatif de la page d’accueil sur Canoë et, également et surtout, à la balise <title>, qui affiche « Blogue de Patrick Lagacé » chez l’un et « Cyberpresse – Site de nouvelles – Montréal – Québec – Canada ! Patrick Lagacé » chez l’autre. Là encore, la lucidité et la simplicité paient.


Immigration et Excision Canada


Un choix plutôt tranchantSavez-vous à quoi ressemble une excision dite « traditionnelle » en Afrique ? Grâce à l’oeil tranchant du photographe Robert Skinner, finaliste du Concours canadien de journalisme 2004, je peux vous le montrer : cela ressemble à ça. Imaginez-vous maintenant dans la peau d’une jeune femme guinéenne ayant vécu cette horreur et qui, 20 ans plus tard, se réfugie à Montréal pour y mettre au monde une petite fille. Celle-ci acquiert de facto la citoyenneté canadienne et vous, bien entendu, vous invoquez le droit d’asile, conformément à la Convention de l’ONU relative au statut des réfugiés. Après tout, aucune petite fille au monde (et notamment pas une canadienne) ne devrait être tenue de supporter ça.

Mise à jour le 9 juin — Ouf ! Oumou Touré ne sera pas expulsée. Merci, Canada !

Imaginez que les fonctionnaires de Citoyenneté et Immigration Canada vous le refusent et, l’été dernier, décident de vous renvoyer dans votre pays en juillet 2007. Vous savez que le taux d’excision varie, chez vous, de 96 à 98 %. Bien entendu, vous remuez Ciel et Terre pour éviter ça, vous tentez de faire renverser la décision, vous obtenez le soutien de moult organisations humanitaires, mais cela ne donne rien. Pour conclure, imaginez que les seuls choix qui vous restent sont les suivants :

  1. Retourner dans votre pays où votre petite fille aura 9,7 chances sur dix de subir ce même traitement barbare;
  2. l’abandonner au Canada et avoir 9,7 chances sur dix de ne plus la revoir;

Vous choisiriez quoi, dîtes ?

Voilà le dilemne cornélien auquel est confrontée Oumou Touré, mère de la petite Fanta. Abandonner son enfant ou l’emmener avec elle pour qu’elle se fasse cisailler le clitoris à la lame de rasoir.

Mardi soir, heureusement, Radio Canada et la Presse Canadienne se sont enfin emparés de l’affaire. Souhaitons que la pression médiatique, une fois de plus, réussira là où la raison d’État a failli et que les autorités canadiennes renverseront, d’une manière ou d’un autre, cette cruelle décision. n’empêche que c’est quand même incroyable qu’il faille ameuter la presse pour en arriver là !

À vos blogues, citoyen ! Montrer donc à ces petits fonctionnaires bien nantis, dans leurs petits bureaux, calés sur leur fond de pension, comme le fil du Cinquième Pouvoir est tranchant !

*

PS : ce soir, c’est soirée Yulblog. J’ose espérer qu’on y discutera un peu plus de l’affaire Oumou Touré que de l’affaire Zeke qui, elle aussi, soit dit en passant, n’aurait jamais dû exister.


Ali Baba sans les 40 voleurs


Photo de mon trousseau de clés dans ma serrure de porte donnant sur la rueDans quelle métropole pourrais-je bêtement oublier mes clés dans la serrure de ma porte et les retrouver une heure plus tard à la même place, sans que quoi que ce soit n’ait été volé — surtout pas mes ordinateurs et mon précieux équipement vidéo ? En ce qui me concerne, je n’ai vécu cela qu’à Montréal, et à deux reprises (!), la dernière datant de la semaine dernière. Le trousseau de clés comprenait également ma clé d’auto, celle-ci étant stationnée juste en face. Pour me la faire voler, il aurait peut-être fallu que je joigne aussi les papiers et une déclaration de legs en bonne et due forme :)

Notez que ce billet n’est pas une invitation à tenter la même expérience pour le fun. Montréal est une ville géniale aux passants [pour la plupart] honnêtes, mais admettons quand même que je suis un gars chanceux :)


Une 3ème raison de ne pas avoir voté Sarkozy


Qui veut gagner des millions ?Récemment, j’ai indiqué les deux raisons majeures pour lesquelles je n’ai pas voté Sarkozy à la dernière élection présidentielle française. Il faudrait y ajouter sa tangente élitiste : une doctrine économique favorisant l’enrichissement individuel plutôt que collectif, ses nuits post-électorales au Fouquet’s, ses jogging à Malte, ses escapades de milliardaire, ses amitiés mondaines affichées comme autant de symboles de distinction sociale.

En ce qui concerne son projet de réforme de l’impôt, en revanche, je suis plus mitigé.

  • Bouclier fiscal : aucun contribuable ne pourra donner plus de la moitié de ses revenus tirés du travail à l’Etat par l’impôt. Cette mesure ne favorise que les plus riches. Il faut voir si elle aidera à contrer l’évasion fiscale ou pas, car a priori, elle est socialement rétrograde et politiquement risquée.
  • Réforme de l’impôt sur la fortune, avec la mise en place d’une déduction pour investissement dans les PME. Mmmh, ce n’est peut-être pas une si mauvaise idée, au fond. Cela peut potentiellement favoriser la croissance et obliger l’argent qui dort à se réveiller et à circuler. Qu’on l’aime ou non, l’argent reste le sang de l’économie. Son existence n’est pas un problème pour autant qu’il circule.
  • Sarkozy souhaite que 95 % des successions soient exonérées d’impôts. Dans le cas des classes moyennes, je suis assez d’accord. On devrait imposer le travail et le capital à la source, mais ne pas le taxer encore à l’occasion d’une succession. En clair, le « multi-taxage » devrait être banni de la fiscalité de tous les Etats au profit d’une première imposition plus juste au plan social.

Bref, la politique est une chose compliquée. Dès qu’on laisse de côté doctrines et idéologies, il devient plus difficile de faire la part des choses et, donc, de voter. Quand, en plus, on vit, on s’informe, on consomme et on paie ses impôts à 5 000 kilomètres, cela devient carrément de l’irresponsabilité.


Le monde du corps et de l’esprit


Femme agenouilléeSans le désir de stimuler la curiosité scientifique de ma fille, Juliette, je n’aurais peut-être jamais eu celle  quasi morbide, à en croire les reportages  d’aller visiter l’exposition Le monde du corps 2, hier matin, au Centre des sciences de Montréal. C’eût été bien dommage, car il s’agit réellement d’un travail scientifique et didactique de premier ordre.

Le parcours du visiteur commence par plusieurs vitrines anatomiques dénuées de tout sensationnalisme et ce n’est qu’ensuite, une fois qu’on est dans le vif du sujet, si je puis dire, que l’on découvre les corps « plastinés » par le fameux Dr . Gunter von Hagens et présentés de façon suggestive afin de mieux illustrer le propos anatomique propre à chacun. Encore là, ces figures sont assorties de vitrines « classiques » dans lesquelles des organes sains et malades sont présentés. Au fil du propos, on se détache de la mise en scène pour mieux capter l’information anatomique et la leçon d’hygiène de vie qui nous est transmise.

Au final, je n’ai ressenti ni dégoût ni curiosité morbide au cours de ce parcours didactique. J’ai eu plutôt la sensation d’apprendre plein de choses passionnantes sur mon propre corps et ceux de mes semblables. Comme dit la sagesse populaire, j’avais « mis le doigt dessus », même s’il est interdit de prendre en photo (honte aux marchands !) et de toucher les éclatés.

Évidemment, la banalisation de la mort, ou plus exactement son esthétisation, peut inquiéter a priori et elle n’a pas manqué de faire sourciller les censeurs religieux. Présentée au public il y a un ou deux siècles, cette exposition aurait terminé au bûcher. En ce début de XXIe siècle, cependant, nos cerveaux sont prêts à regarder la réalité en face et le spectacle de la vie par-delà la mort n’est plus ce qu’il était.

Je ne peux m’empêcher de penser que la grande déferlante d’images et d’abstractions de la seconde moitié du XXe siècle sont à l’origine de ce détachement. Nous avons vu tellement d’images de guerre, de sang, de mort, de famine, de profanation et d’horreurs de toutes sortes que notre cerveau a appris à ne plus s’en effrayer. Qu’on le veuille ou non, il fait maintenant la différence entre le spectacle froid et « extérieur » de la mort et l’irruption émotionnelle de celle-ci dans notre propre vie. La contraception, l’avortement et les biotechnologies de pointe nous ont aussi amenés à repousser le seuil de ce qui peut être considéré come contraire à la morale et à l’éthique. Cet aspect philosophique et social de la visite est loin d’être inintéressant.

Science et mercantilisme

Côté organisation, cependant, le Centre des sciences de Montréal fait pitié. J’avais soigneusement réservé mes billets en ligne ― 56 $ pour un adulte et une ado, ce n’est vraiment pas donné ! ― assortis d’un rendez-vous à heure fixe, dimanche à 17h. Il était conseillé de se présenter à la porte 30 minutes à l’avance, mais sur place, on nous apprenait qu’il y aurait 75 minutes de retard sur l’horaire ! Cela nous obligeait à poireauter 1h45 avant d’être enfin admis dans le saint des saints. Inadmissible !

J’ai dû faire intervenir un superviseur pour déplacer ma réservation « non échangeable-non remboursable » à 11h, le lendemain matin. Eh bien croyez-le ou non, une heure à peine après l’ouverture des portes, le planning des entrées avait déjà pris 30 minutes de retard ! Il faut croire que l’on vend trop de billets sur place à la dernière minute ou bien que l’on met un point d’honneur à imposer une file d’attente au visiteur, histoire de le mettre en condition.

Ajoutant à cet irritant le prix très élevé des billets et l’interdiction de photographier, je me demande si le propos du Dr. von Hagens est réellement didactique ou bien bassement mercantile. Ce serait une question à explorer très sérieusement avant que je ne lui fasse don de mon corps. D’ailleurs, sa volonté affichée de protéger ses « droits d’auteur » rend sa démarche scientifique quelque peu suspecte.


Pauline Marois : la troisième fois sera la bonne


Pauline Marois sortant d'une boîte surpriseQue serait le Québec, au plan politique, sans le Parti Québécois ? Une terre d’ennui coincée entre des syndicalistes de droite et des capitalistes de gauche. Heureusement, il y a le « PQ » et ses débats hygiéniques sur le sexe du référendum et le momentum de la souveraineté.

Pour sa troisième course à la chefferie, Pauline Marois ne devrait pas avoir trop de mal à convaincre les militants qu’elle est la « femme providentielle » à même de remettre le parti sur les rails du pouvoir. Comme on le pressentait il y a un mois et demi à peine, André Boisclair a trébuché et, cette fois-ci, Pauline est en meilleure posture que jamais pour reprendre le flambeau de René Lévesque.

L’arrivée probable de cette grande pragmatique à la tête du PQ ne devrait pas ravir ses adversaires de l’ADQ et du PLQ. Malgré son charisme froid, Mme Marois est très respectée (et ce à juste titre) au Québec. Et malgré la récente défaite de Ségolène Royal en France, il me semble que les peuples occidentaux sont de plus en plus enclins à confier les rênes du pouvoir à des femmes, confusément considérées comme plus sensibles, plus réalistes et moins dogmatiques — bref, moins dangereuses — que leurs collègues masculins.


Pourquoi je n’ai pas voté Sarkozy


Caricature de Sarkozy en Napoléon

Maintenant que les élections sont terminées, je peux répondre à cette troublante question sans que l’on m’accuse d’user de mon immense pouvoir d’influence pour renverser le cours de l’histoire (300 visites par jour, non mais vous imaginez ! ;). Voici donc pourquoi je n’ai pas voté Sarkozy.

1) À bien regarder aller le monde, d’abord, je ne pense pas que la France réussira à conserver longtemps intactes ses “valeurs” ancestrales. Le climat change, l’Afrique change, l’Europe change et la France change aussi. Je n’achète donc pas les discours conservateurs sur la nécessité de réprimer l’immigration, mais plutôt ceux qui prônent l’intégration. Si les banlieues françaises flambent régulièrement, c’est justement parce que, depuis des décennies, les décideurs Français n’ont n’a pas su relever ce défi-là (entre autres). Notons cependant que Sarkozi a largement adouci son discours, hier soir, et c’est tant mieux.

2) De toute façon, je ne vote plus, depuis longtemps, aux élections françaises. Oui, je suis fier de mon pays, cette « douce France » disparue en même temps que mon enfance, mais le fait est que je vis depuis 18 ans à l’étranger. À l’exception des immigrants temporaires, je trouve incongru de voter sans participer à la vie nationale, à l’économie, ni faire face aux conséquences de ses choix. La France aux français de toutes origines, races et religions; à moi et à mes descendants le Canada — qui change, lui aussi.

Ceci étant dit, cette élection m’a passionné, comme la plupart des Français. Son taux de participation très élevé en fait foi. J’aime le bouillonnement politique entretenu par les citoyens de ce pays. Bien plus qu’aux États-Unis, empire de l’individualisme par excellence, c’est la France, me semble-t-il, qui a ouvert la voie de la démocratie moderne. Espérons qu’elle continuera de se réinventer.

Ce bouillonnement se traduit aussi par une vitalité culturelle, technique et scientifique qui font de ce relativement petit pays l’un des plus créatifs au monde. Qu’il soit gouverné à gauche ou à droite n’y changera rien, si ce n’est qu’il y aurait moins de tension avec un gouvernement sensible et rassembleur.

Hier, sur le boulevard Saint-Laurent, j’ai rencontré plusieurs jeunes Français démontrant très peu d’intérêt pour cette élection. C’est normal. Ils sont loin de chez eux et tentent de se faire une place ici. Cela traduit peut-être aussi le fait que la politisation franco-française est largement tributaire du terreau socio-culturel dans lequel elle fleurit.

  • J’ai bien tripé, cette nuit, en montant ce podcast transatlantique collectif.
  • Apprécié aussi ma recherche iconographique sur Napoléon Sarkozy
  • Souri de cette petite blague « sarkaustique » : avec Bush à Washington, Sarkozy à Paris et Poutine à Moscou, l’Axe du Mal (Irak, Iran, Corée) fait maintenant face à l’Axe des mâles :)

Désolé, Ségolène. Comme disait René Lévesque : à la prochaine fois !


Revanche électorale virtuelle


En cette époque où la politique, les médias et le divertissement se confondent, chapeau bas aux gens de Yahoo France, Passage Piéton, Présidentelles.net et 2P2L pour cet ingénieux coup de buzz qui fait s’écrouler de rire, cette semaine, des montagnes de Gaulois. Il faut vous dire que Bruno Masure est un peu l’équivalent de notre Stéphane Bureau national.

J’en ai profité pour imaginer ce plébiscite gagnant, sur fond de lustre élyséen. Enjoy !



On n’arrête pas l’eau qui monte


Pink Floyd : The Wall

Il n’y a que les peuples soigneux et pacifiques, comme les Néerlandais ou les Acadiens, pour réussir à endiguer la mer. Il s’agit d’ailleurs de victoire fragiles, d’équilibres précaires sans cesse à reconstruire et toujours susceptibles de céder à la colère des eaux.

Il en va de même des équilibres ethniques et des fractures politiques. La Grande muraille de Chine est debout depuis 23 siècles, certes, mais elle avait pour vocation première d’arrêter les troupeaux, pas les humains. En 1939, la Ligne Maginot française se révéla aussi solide que contournable, c’est à dire inefficace face à l’invasion allemande. En Afrique du Sud, où le cauchemar de l’Apartheid dura pourtant 43 ans, les murs n’ont protégé que des familles, pas des quartiers ou des villes entières. Le Mur de Berlin, appelé aussi « Mur de la honte » n’aura résisté que 28 ans aux grandes marées de la liberté.

Ces dernières années, pourtant, l’idée du Mur comme arme défensive a repris du poil de la bête. Il y a bien sûr le « mur de sécurité » bâti par les Israéliens, qui espèrent ainsi se protéger des bombes humaines palestiniennes. L’Europe essaie de son côté d’arrêter les migrations africaines avec des clôtures barbelées à Ceuta et Melilla. Enfin, c’est le long de la frontière mexicaine que les Américains érigent leur propre mur de la honte. L’idée semble leur plaire puisqu’ils veulent l’appliquer également en Arabie Saoudite et jusque dans la ville de Bagdad !

Si les digues de la Nouvelle-Orléans n’ont pas résisté à l’ouragan Katrina, il en ira de même avec tous ces murs de la honte qui n’arrêteront que partiellement et très provisoirement la colère et la détresse des hommes. Ces murs sont comme de nouvelles technologies censées résoudre des problèmes mais qui, insidieusement, en créent de nouveaux encore plus complexes que les précédents.

Ainsi, ce n’est pas avec des murs de mots ou de béton que Nicolas, Paul, Stéphane Sárközy de Nagy-Bócsa empêchera la France de changer de visage. Ce changement annoncé est inscrit dans le passé du pays, dans la misère de l’Afrique post-coloniale et dans les changements climatiques qui, au cours des prochaines décennies, devraient chasser ses habitants vers le nord par dizaines de milliers. Idem pour les États-Unis et le Canada qui devront également, de gré ou de force, faire face à l’exode des peuples tropicaux. Ne pas les accueillir serait tout simplement de la non-assistance à personne en danger.

Dans cette perspective, autant se préparer, dans le calme et de façon pro-active, à ce métissage annoncé. En favorisant aujourd’hui l’intégration d’une immigration massive mais digne et contrôlée, les occidentaux adouciraient l’absoption des vagues suivantes, qui seront probablement impossible à endiguer.

On n’arrête pas l’eau qui monte; au mieux, on négocie avec elle en essayant de gagner du temps. À l’inverse, le retour de la haine et de la déraison ne produirait que ce qu’elles ont toujours produit : des larmes et du sang.


Le jour de la… non, des élections!


Aujourd’hui, 22 avril, c’était le Jour de la Terre. Pour soixante six millions six cent soixante six mille six cent soixante six Français, c’était plutôt celui des élections présidentielles. « La Terre, c’est moi ! », comme aurait dit Louis XIV. Ceci dit, il y avait au moins 66 Français, sur les 40 000 qui tentent actuellement de repeupler le Québec, à la marche écolo. C’était nettement plus qu’au Café Méliès où une poignée d’irréductibles blogueurs expatriés (dont moi-même, par fidélité affective) manifestaient leur amour de l’amère patrie, branchés sur France24.com. Atmosphère, atmosphère…


Daniel Turp, combattant d’arrière garde


C'est nul!

La sortie de Daniel Turp, cette semaine, n’est à mes yeux qu’un lamentable combat d’arrière-garde. Le député de Mercier veut présenter, à l’Assemblée nationale du Québec, un projet de constitution québécoise disponible ici en format PDF (!!). Comme s’il y avait péril en la nation, des armées d’orques à nos portes, une situation socio-politique totalement invivable. Comme si la véritable urgence ne se situait pas ailleurs. Totalement ailleurs.

Pour bien mettre en perspective cette initiative aussi futile que déraisonnable, je dérogerai exceptionnellement aux lois de protection du droit d’auteur en reproduisant un passage de l’épilogue du livre Mal de Terre que l’astrophysicien Hubert Reeves publiait, avec le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, en 2003. Comme il s’agit d’une bonne cause, en fait, je suis presque certain qu’ils ne m’en voudront pas. Et si c’était le cas, j’accepte de leur payer des droits tellement ce livre m’a passionné.

« Au XXe siècle, les existentialistes avaient défendu l’idée que l’homme est un étranger dans l’univers. Qu’il est « de trop ». Une sorte de chancre. Depuis ce temps, les nouvelles connaissances scientifiques, la découverte du big-bang, le déchiffrage de l’histoire de l’univers à partir d’un chaos initial vers des états de complexité de plus en plus grands, jusqu’à l’apparition de la vie sur la Terre ont réfuté cette vision du monde. Nous savons maintenant que nous nous inscrivons dans une histoire qui s’étend sur quinze milliards d’années, que notre présence implique l’existence antérieure d’innombrables étoiles fabricatrices d’atomes et de galaxies fabricatrices d’étoiles.

« Cette filiation donne une dimension supplémentaire à l’existence humaine. Il ne s’agit plus d’une simple et fugitive anecdote mais d’un chapitre de cette grandiose histoire. Elle implique pour nous une grave responsabilité : celle d’assurer la survie de la conscience et de l’intelligence sur la Terre.

« Notre livre, après bien d’autres, pose une question cruciale : cette complexité croissante que nous percevons tout au long de l’histoire de l’univers est-elle viable ? Quinze milliards d’années d’évolution pour l’avènement d’un être capable de découvrir l’origine de l’univers dont il est issu, de déchiffrer le comportement des atomes et des galaxies, d’explorer le système solaire, de mettre à son service les forces de la nature, mais incapable de se mobiliser pour empêcher sa propre élimination ! Voilà, en résumé le drame auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. »

Au lieu de chercher à mobiliser les Québécois autour d’une affirmation presque infantile, au point où l’on en est, de ce qui les différencie de leurs voisins, ne devrait on pas leur proposer plutôt de se doter d’une Charte de l’environnement, comme celle qu’adoptait officiellement la France en 2005 ? Cela nous permettrait peut-être de mettre à l’avant-plan de nos préoccupations ce qui doit l’être, et non pas l’accessoire ― cette affirmation nationale mort-née qui agonise, dans d’interminables et douloureux soubresauts, depuis la fin du XXe siècle et qui nous détourne maintenant de l’essentiel, soit la survie de nos enfants.

Bon. Je n’en veux pas à Daniel Turp. Je m’étonne juste que cet homme supposément intelligent se laisse ainsi aveugler par le remord de n’avoir pas vécu la Souveraineté du Québec de son vivant. À quoi lui servirait celle-ci, dites voir, si ni lui-même, ni sa descendance directe ou indirecte n’étaient en mesure d’en profiter correctement ?

En ce mois d’avril 2007, à l’issue d’une élection provinciale ayant accordé à peine 32 % de voix à deux partis souverainistes divisés sur leurs choix de société, quel urgent besoin y a-t-il de diviser les Québécois autour d’un projet de constitution politique ? Le plus lamentable, c’est que le mot « environnement » n’apparait qu’une seule fois dans ce texte anachronique :

« Le Québec exerce une compétence exclusive dans les matières suivantes :

  1. la santé et les services sociaux;
  2. l’éducation et la culture, notamment les communications, la langue, le loisir et les sports;
  3. l’économie et l’environnement, notamment les affaires municipales, l’habitation, la politique de la main-d’oeuvre, les ressources naturelles, le tourisme, l’agriculture, le développement régional, l’énergie, l’industrie, le commerce, la recherche et le développement; »

Une compétence exclusive en environnement ! N’est-ce pas du Elvis Gratton en chair et en paillettes ? Le Québec devrait-il exercer une compétence exclusive en matière de vents, de marées, de pluies acides et aussi, tant qu’à y être, revendiquer sa pleine souveraineté sur les plages de Floride ? Et puis quel rapport y a-t-il entre l’environnement, l’énergie et les ressources naturelles, hein ? [Réponse : les deux dernières cotisent à la caisse des partis politiques qui se fichent royalement du premier.]

Vraiment, je ne vous félicite pas pour ce manifeste ethnocentriste à courte vue, M. Turp. À l’intention de ceux qui, pures laines ou « importés », comme moi, en doutaient encore il y a peu, vous venez de prouver que le projet souverainiste, dans son cul-de-sac actuel, est totalement déconnecté de la réalité. Continuez à pérorer ainsi, la tête dans le sable de plus en plus brûlant de ces plages de rêves qui vireront bientôt au cauchemar, et vous ne passerez pas la barre de la prochaine élection.

Ou alors réveillez-vous, et vite, car il y a péril en la demeure et il n’est pas encore trop tard pour faire partie de la solution. Tous ensemble, comme un seul peuple. À l’Assemblée nationale comme à la Chambre des Communes et à l’ONU. C’est fort probablement ce qu’aurait souhaité René Lévesque, dont vous maniez le fantôme comme un vulgaire épouvantail. Il me semble aussi que c’est ce que souhaite l’écrasante et rassurante majorité du peuple québecois.


Computers, Freedom & Privacy à Montréal


Affiche de CFP2007

La conférence Computers, Freedom & Privacy 2007 se tiendra à Montréal du 1er au 4 mai prochain. On y entendra de grosses pointures de la défense des libertés civile et asociative, comme Simon Davies, le directeur de Privacy International, l’éminent professeur Michael Geist, que j’aimerais beaucoup interviewer, la sémillante Casey McKinnon (Galacticast…) et beaucoup d’autres que je ne peux pas tous citer ici, faute de patience de la part de mes lecteurs. :)

Voici un extrait de la présentation de la conférence qui ne vous semblera peut-être pas très optimiste ou divertissant, je le regrette, mais qui a le mérite de planter le décor des enjeux techno-socio-éco-politiques auxquels nous faisons face:

Qui contrôle ce nouveau monde? Est-ce que les génies de l’informatique et les uber-geeks sont les seuls à pouvoir encore ordonner à leur propre ordinateur portable quoi faire ou débrancher les dispositifs qui bientôt géreront nos vies? Est-ce que les individus moyens peuvent contrôler les objets de leur quotidien (objets dont nous sommes de plus en plus dépendants, dans notre société) ou bien ces objets seront-ils activés par des propriétaires à distance, des législateurs, des officiers gouvernementaux ou des opérateurs du secteur privé collaborant avec les précités?

Théorie du complot ? Non, pas du tout. Simple vigilance face aux dangers pour nos libertés et nos vies publiques et privées que représente le contrôle des nouveaux outils de communication. Il ne faut pas être trop paranao, mais dans le même temps, il est impératif que des telles réflexions puissent se faire entendre et il faut s’y intéresser le plus possible, faute de quoi… Big brother will watch you!

Surveillez vos écrans médiatiques pour voir si la presse fait encore son travail et traite cette conférence avec autant d’égard qu’un festival de cinéma ou un vulgraire (hum! je ne cherche manifestement pas à me faire des amis!) match de hockey.


Plus ça change, plus c’est pareil


La nature occultée

Je viens de remettre en ligne les dernières chroniques, publiées en 1999 dans Multimédium, qui concluaient mes deux années de service à la tête de la rédaction de ce petit cybermédia. La première concernait la place alors occupée par les femmes sur Internet ; elles y sont aujourd’hui infiniment plus nombreuses et je m’en réjouis. La fin de l’utopie virtuelle? trahissait ma méfiance à l’égard de ce que les humains risquaient de faire d’Internet, ce médium extraordinaire et porteur d’espoir.

Huit ans plus tard, nous avons pu constater à maintes reprises que le réseau est « neutre », comme toute technologie, et que la qualité, bonne ou mauvaise, de son impact sur nos vies dépend moins de sa nature que de ceux qui le contrôlent. Internet peut être à la fois un vecteur de liberté humaine et un instrument de propagande, de contrôle et d’asservissement social. Tout dépend du rapport de force entre les hommes qui l’utilisent.

Rien n’est magique en ce bas-monde et il en va de même pour les technologies environnementales que nous allons développer au cours des prochaines décennies. Aucune n’est bonne ni mauvaise en soi. Mais chaque technologie, en complexifiant le système de production économique, risque de nous éloigner un peu plus de nos objectifs pourtant fort simples : équilibre naturel, jouissance raisonnable et bonheur de donner, de recevoir, de partager. Mais avons-nous le choix ?


Sommes-nous en train de nous suicider ?


Suicide assisté par téléphone

Mercredi soir, je regardais l’excellent documentaire Cellulaires en accusation diffusé à l’émission Grands Reportages, sur RDI. Le film raconte la lutte de David, alias Dr. George Carlo, contre les Goliath de la téléphonie cellulaire. J’ai eu froid dans le dos en constatant, une fois de plus, que des hommes envoient leurs semblables (y compris eux-mêmes et leurs enfants) vers la maladie et la mort en connaissance de cause, juste pour faire rouler la machine infernale de la techno-économie et contenter notre besoin de jouissance immédiate. Je n’ai rien contre le progrès, au contraire, mais quand on a des raisons de croire qu’il blesse et qu’il tue, le principe de précaution devrait prévaloir, non ? Hé bien non, en effet.

Pendant le film, quelques pauses publicitaires m’ont permis de me vider le cerveau en salivant bêtement sur des annonces futiles. Ces pauses commencent généralement par une pub de grosse bagnole rugissante et énergivore. Il s’agit de L’un des ces millions de véhicules qui envoient, chaque année, des zillions de tonnes de CO2 et de polluants dans l’atmosphère — une fine couche de gaz que nous respirons et qui rend notre planète habitable pour quelques décennies encore. Ça aussi, maintenant qu’on en connait les conséquences, ce n’est pas très sérieux.

En tentant de retrouver de l’info sur l’émission, je me suis rendu compte que Radio-Canada incite allègrement son public à recourir aux téléphones portables pour contacter ses équipes ou consulter des capsules olympiques on the go. Peut-être n’avait-on pas encore pris connaissance des informations diffusées par le Dr. Carlo ?

Oh, bien sûr, j’ai moi-même un cellulaire. Je n’ai de leçon à donner à personne. Reste que je n’en reviens pas de constater à quel point notre espèce est devenue suicidaire, tout ça parce qu’elle ne sait pas résister aux sirènes de la technologie. Conceptuellement, nos téléphones cancérigènes ressemblent à des queues de poisson affublés de gros seins rond et dotés d’une voix angélique. Nos autos sont nos cercueils roulant.

Qu’est-ce que mon arrière-petite-fille pensera de tout cela ? Probablement rien car elle n’aura peut-être jamais la chance de naitre.

Pour conclure de façon un peu plus terre à terre, voici les conseils de L’info au féminin sur les précautions à prendre avec les téléphones portables :

  • Ne pas laisser les enfants s’en servir,
  • Ne pas porter le téléphone à la ceinture (risques éventuels pour les organes internes : foie, rate,…)
  • Eviter de parler longtemps
  • Ne pas utiliser le portable dans les sous-sols, garages, souterrains, ni lors de traitement ophtalmologique
  • Mais aussi éviter de conserver ces appareils sur vous, même en “veille”, le portable reçoit des ondes qui permettent de pénétrer votre organisme. Poser le plutôt sur la table, le bureau ou dans votre sac.
  • Acheter un “Kit oreille” (oreillette + petit micro) reliés par un fil de l’appareil.
  • Quand vous communiquez vous gardez ainsi l’appareil à distance.
  • Ne jouez pas avec l’antenne du portable lorsque vous discutez, c’est à ce niveau que se concentrent les ondes.

Voir aussi :


Le droit de vote aux seuls contribuables?


Rassemblement politique


Meeting de l’Union pour une Soupe
Populaire, près de Marseille, hier soir.

La bataille électorale faisait rage, en France, en ce dimanche 1er avril. Au téléphone, ma mère s’est dite outrée par la dernière proposition de Nicolas Sarkozix. Cherchant à « couper l’herbe sous le pied des moutons socialistes », qui, il y a quelques semaines, proposaient de taxer tous les Français vivant à l’étranger, le candidat d’extrême [centre|droite] suggère maintenant que son gouvernement pourrait retirer le droit de vote aux citoyens ne payant pas d’impôts. Seuls les contribuables, qu’il appelle, dans une envolée très gaullienne, « les forces vives de la nation », seraient considérés comme dignes d’exercer ce droit.

Si la mesure était adoptée, les Français de l’étranger (et, notamment, la colonie française de Montréal qui s’apprête à voter massivement pour S. « pure laine » Mont-Royal) se verraient privés de leur droit de vote aux élections françaises : « C’est la moindre des choses, soutient l’invincible Sarkozix. Comment peut-on exercer ce droit si l’on n’en supporte pas chaque jour, pendant cinq ans, dans sa sueur et dans son sang, les inconséquences ? ».

Selon ses calculs, immédiatement révisés à la hausse par SOS-Laxisme, les 69 % d’immigrés ou fils d’immigrés vivant en territoire français, qui ont en moyenne trois douzaines d’enfants et vivent impunément d’allocations familiales, de rapines et de mendicité, perdraient également le privilège de voter. « Ces gens-là disent que je ne suis pas leur candidat. Eh bien oui, je le confirme : je ne suis pas leur candidat. Ceci dit, je les emmerde, car grâce à cette mesure hautement républicaine, ils ne pourront plus contre moi élever la voix ! »

Afin de mieux faire passer ce projet de loi s’il est élu, M. Sarkozix a précisé que le droit de vote serait accordé non seulement aux contribuables fichés comme tel par les Renseignements Généraux, mais également à leurs animaux de compagnie. « N’écoutez pas les calomnies de mes adversaires ! Voyez à quel point je suis humain ! a-t-il clamé tout en versant un pichet de larmes de crocodile fraîchement dépecés sur sa cravate. Je suis le seul candidat de cette élection à se soucier des espèces en voie d’extinction de voix ! »

PS : encore peu d’écho sur cette nouvelle au Québec, à part Mario Dumont qui l’aurait commenté en affirmant que cela lui semblait constituer un accommodement très raisonnable.


Lettres persanes 2007


Les blogues de Libération

En complément de ses blogues européens de campagne (Nos voisins nous ont à l’oeil), le quotidien français Libération a lancé, il y a quelques jours, le Carnet de correspondants étrangers basés en France. On y trouve, rédigées dans un excellent français, des réflexions sur la course électorale en cours signées Giampiero Martinotti, du quotidien italien La Repubblica, Jacqueline Hénard, du quotidien suisse Tages-Anzeiger, Jöelle Meskens, du quotiden belge Le Soir et J.M. Martí Font, du quotidien espagnol El Pais. Espérons que les quatre confrères trouveront le temps d’alimenter la bête…


Justin peu trop malade ? Pas sûr.


Justin peu endormi

Dans la série, « ils sont fous, ces néo-Romains », sachez que j’ai passé quelques minutes fascinantes, ce midi, à regarder Justin dormir. Ce jeune san-franciscain a décidé d’exhiber la moindre miette de sa vie sur Internet à l’aide d’une caméra accrochée à sa casquette 24 heures sur 24 (la nuit, il la retire pour mieux la braquer sur son lit !), sept jours sur sept et 52 semaines par année… même quand il fait pipi ! Voilà jusqu’où la perversion de la télé-réalité entraine nos chères têtes blondes !

Bon. Regarder Justin dormir en compagnie de 600 autres « viewers » (voyeurs?) n’a rien de très passionnant, je vous l’accorde. Ce qui l’est insignificativement plus, c’est la fenêtre de clavardage en-dessous, où les voyeurs commentent. Ils viennent d’un peu partout (Ola, alguiem from Brasil?), certains affichent ouvertement leurs tendances maniaques (Sleep well, my precious, soon I will get into your hassole…), d’autres en profitent pour faire leur pub (While Justin is sleeping why don’t you visit www.blahblahblah.com and make a reservation?). Il y a ceux qui tripent techno (Batteries are reliable but the problem is bad wireless areas) et ceux qui attendent avec impatience le prime time (I heard that he will spend a night with a girl soon, will it br rated PG-13?). Mais, en général, la plupart s’emmerde ferme (Booooooooooooring!).

N’empêche qu’avec cette expérience, le star system futile et instantané progresse d’un cran, me disais-je. Reste à voir si les producteurs de ce show malsain tiendront leur promesse, affichée dans la colonne de gauche, d’assassiner Justin si jamais il débranche la caméra. Si cela arrive, je me fais moine tibétain.

C’est ce que je me disais jusqu’à ce que je clique sur ce lien et que j’y découvre le pot aux roses : Now, we’re starting a company to make broadcasting live video on the web easy. Bon sang mais c’est bien sûr! Il n’est pas si fou que ça, l’animal, et le Web m’étonne une fois de plus pour l’incroyable pouvoir qu’il donne aux humbles mais talentueux citoyens.

Excusez-moi, Justin se réveille… :)


DailyWom ne fait pas dans la dentelle


Page d'accueil de dailywom.tv

Il y a quelques jours, je reçois un message d’un ami m’envoyant un lien vers DailyWom, un nouveau site consacré à la vidéo publicitaire, semble-t-il. Son commentaire : « un sérieux concurrent » (à YULBUZZ, s’entend). C’est inévitable, souhaitable, même. Je ne m’en inquiète donc pas trop, d’autant que le site est encore fermé.

Aujourd’hui, le blogue de Michel Leblanc m’apprend qu’il est ouvert. Je vais voir. Je pointe donc mon Firefox en direction de dailywom.tv. Et alors là… le choc !!! En bon “coopétiteur”, j’en profite pour ouvrir ma série des Prix Citron.

Après un coup pareil, il va falloir que je nettoie sérieusement le code de mes sites, sinon je vais me prendre de méchants retours de bâton dans les jambes. En matière de normes, la perfection est rare, mais l’amélioration toujours possible. Y a-t-il un cybercodeur talentueux et pas trop cher dans la salle ? Est-il possible de négocier un tarif de groupe si j’amène des clients ? :)


La souveraineté du Québec a-t-elle vécu ?


Dis, Papa, c'est encore loin, le Pays ?

Un séisme politique s’est produit, ce soir, au Québec. Le Parti libéral (PLQ) du Premier ministre Jean Charest dégringole de 14 points et se retrouve à la tête d’un gouvernement minoritaire, quasiment nez à nez avec l’Action démocratique du Québec (ADQ) qui devient l’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Au-delà de la gifle énorme encaissée par les Libéraux, les grands perdants de l’affaire sont évidemment les souverainistes du Parti Québécois (PQ). Même si on ajoute à leurs voix celles de Québec Solidaire, parti de gauche également souverainiste, on arrive à peine à 32 %. Or, Mario Dumont, le chef de l’ADQ, n’a pas cessé de marteler son credo autonomiste pendant toute la campagne.

Autonomiste“… Cela rappelle la Bretagne ou le Jura, mais pas la Slovaquie. Il s’agit sans doute d’un mot magique, à mi-chemin entre “fédéraliste” et “souverainiste“, un mot qui n’est pas sans rappeler le « Québec fort dans un Canada uni » de Pierre-Eliott Trudeau.

Dans un environnement bipolaire partagé entre fédéralisme et souverainisme purs et durs, le choix était déchirant pour de nombreux électeurs et il était toujours possible que la sécession l’emporte un jour. Avec un parti “autonomiste” au milieu, les Québécois indécis auront trouvé une troisième voie leur assurant ce qu’au fond tout le monde souhaite : le beurre et l’argent du beurre.

Avec la mondialisation qui avance, l’Europe des 27 et l’interdépendance énergétique, démographique et climatique du XXIe siècle, je crois bien (mais je sais que je peux terriblement me tromper) que la souveraineté du Québec a vécu. Ce qui importe, au fond, c’est que la démocratie et l’intérêt du peuple québécois l’emporte. Et, pour cela, il m’apparait plus urgent de réformer le mode de scrutin terriblement injuste du Québec que de briser le Canada.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

PS : Les Lettres persanes de l’ambassade du Trepanistan à Istambul, vous connaissez ? On y trouve d’intéressants commentaires sur les programmes du PLQ, DU PQ, de l’ADQ et de QS…


Bonne fête, Yulbiz !


Les Affaires

Avec mon bras cassé et la cheville foulée de Brem, j’ai raté le septième anniversaire de Yulblog. Je vais donc essayer de me reprendre au premier anniversaire de Yulbiz, mardi prochain, au chic Café Méliès. À titre de première contribution, je mets aujourd’hui en ligne un court article rédigé pour le magazine Les Affaires et publié, dans le cahier Classe Affaires, le 30 septembre dernier. Vous y trouverez un rapide historique de ce rendez-vous mensuel de blogueurs d’affaires et quelques réflexions de « yulbizeurs » sur le sujet… À mardi !


Dr. Google and Mr Big Brother


Il faut absolument faire circuler le petit film réalisé par Ozan Halici et Jürgen Mayer, deux universitaires allemands, à propos du danger liberticide que le pouvoir toujours accru de Google représente. On peut le visionner en ligne et télécharger des versions haute résolution à cette adresse. Ironiquement, on en trouve aussi une seconde pression à froid sur Google Video. La voici :

Cela fait quelques temps, déjà, que les défenseurs des libertés civiles s’interrogent sur le danger que représente la montée en puissance de Google. Certes, ses intentions philosophiques semblent tout à fait pures. Reste qu’en prenant les moyens de donner à n’importe qui accès à n’importe quelle information , on jette les bases d’une toujours possible dérive totalitaire.

Aujourd’hui, Google contrôle en effet 44 % des recherches sur Internet et offre plus de 80 services gratuits lui permettant de collecter une gigantesque masse d’informations privées auprès des internautes. L’an dernier, le géant californien a admis qu’il lui était notamment possible de fournir une liste des termes de recherche soumis par n’importe quelle adresse IP ou, à l’inverse, une liste d’adresses IP ayant soumis n’importe quel terme de recherche. On imagine l’intérêt que le pouvoir d’investigation résultant de cette masse de données et des corrélations permises par l’incroyable capacité de calcul des superordinateurs d’aujourd’hui, représente.

Par ailleurs, il est de notoriété publique que Gmail, le service de courriel gratuit de Google, présente deux particularités fascinantes :

  1. Une capacité de stockage gigantesque (3 Go) lui permettant de conserver en archives une masse imposante de messages privés, et ce avec le consentement enthousiaste de ses utilisateurs;
  2. la fonctionnalité AdSense, qui permet d’afficher, à côté de chaque message, des publicités ayant un lien direct avec les sujets traités dans celui-ci. Le hic, c’est que cela confirme, si besoin était, que chaque message est lu et soigneusement indexé par le cerveau artificiel de Google.

Ajoutez à cela les corrélations spatiales possibles grâce aux requêtes cartographiques de Google Maps; les corrélations sociales et temporelles potentiellement fournies par les carnets d’adresses de Gmail et les évènements de Google Agenda; le contrôle des informations privées consignées dans Google Document et Tableur; et toutes les autres mines d’informations personnelles offertes gratuitement par Google. Vous obtenez ainsi un fabuleux trésor permettant, au besoin, de créer des dossiers très précis sur chaque internaute ayant recours à ces services. Et plus vous en utilisez, plus vous nourrissez la bête !

Faut-il réellement s’inquiéter ?

Oui, je le crois, surtout lorsqu’un ancien agent des services de renseignement américains affirme en ondes que Google « couche » secrètement avec la CIA et que Google ne le dément pas. Oui, car même si les intentions des dirigeants de Google sont pures aujourd’hui, elles ne le seront peut-être pas toujours et, aussi, parce que leur fantastique pouvoir pourrait être détourné n’mporte quand par des personnes ou des groupes aux intérêts moins bienveillants.

N’oublions jamais, par ailleurs, qu’aucune technologie a priori bénéfique n’est exempte d’effets secondaires négatifs. Songeons, par exemple, aux bienfaits et aux dégâts causés, depuis deux siècles, par les technologies énergétiques basées sur le carbone ou le nucléaire. Le pouvoir d’intelligence et de régulation de l’être humain ne doit donc jamais s’effacer face aux technologies et aux systèmes complexes qui en dérivent.

Mais alors, que faire ?

Dîtes-moi plus bas ce que vous-même en pensez. En ce qui me concerne, je crois qu’il faut :

  1. Regarder ce film et bien y réfléchir plutôt que se fermer les yeux.
  2. Être bien conscient de chaque petite abdication de notre vie privée qui sous-tend nos intéractions avec Google.
  3. N’utiliser les services Gmail, Google Document et Tableur et Google Agenda que pour des projets publics et des transactions de données sans conséquence pour la protection de notre vie privée.
  4. Ne pas nous laisser aller à la facilité informatique et essayer, autant que possible, de contrôler nous-même cet aspect, aujourd’hui fondamental, que constitue la portion en réseau de nos vies.

Y arriverons-vous ?


J’avoue que, pour la plupart d’entre nous, il est permis d’en douter. Sans la rigueur législative et la protection civile que nos gouvernements sont de moins en moins en mesure, ces temps-ci, de nous prodiguer, les individus consuméristes et hédonistes que nous sommes ne font plus le poids face aux intérêts des grandes corporations et de leurs ramifications policières. Ce qui ne vous empêche pas, pour détourner un slogan électoral récent, de rester « lucides et solidaires » ― et ce quelles que soient vos allégeances politiques :-)

Affaire à suivre…


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