Christian Aubry

Web + Video = Communication @ Montreal, Qc

amicalmant.ca

Retournons à l’âge du bois !


Voilà. J’ai respecté non pas une minute, mais très exactement deux mois et demi de silence à la mémoire du XXe siècle, de ses aspirations insensées et de ses innombrables victimes passées, présentes et à venir. J’ai médité sur la force de conviction, la fragilité de l’existence (la mienne, par exemple, parmi tant d’autres), l’unité de l’être et la paix intérieure. J’ai vécu des heures profondément troublantes avec Suzycute qui a réussi à faire fondre, plus sûrement qu’une cure d’Omega-3, l’iceberg emprisonnant mon cerveau émotionnel.

Enfin, l’ami Philippe m’a indiqué cet implacable article de Louis-Gilles Francoeur qu’il faut avoir le courage de lire jusqu’au bout : Le capitalisme serait à l’origine des crises sociales et écologiques. En consultant mon blogroll, je me suis accroché à cette infime parcelle d’espoir : Fixer du carbone… naturellement. Et je me suis dit que le temps était peut-être venu de reprendre mon blogue, quitte à ce que lui aussi subisse quelques transformations…

C’est une idée, ça : retourner à l’âge du bois. Et pourquoi pas, vu les aléas climatiques à venir, à l’âge du teck. Peut-être que les Robins-des-Bois du XXIe siècle connaitrons un sort analogue à celui de Criss Angel


Cinq patentes que vous ne savez pas sur moi


Petit Chris faisant des pâtés sur la plage

Pour commencer l’année d’un pied incertain, d’aucuns ont récemment fait circuler une « chaîne de blogues » (à l’image des chaînes de lettres ou de courriels) invitant les blogueurs à révéler cinq choses inédites les concernant. Philippe et Christophe m’ayant aimablement invité à relever ce défi, je me sens obligé de me commettre d’une façon ou d’une autre. Et c’est parti !


  1. Quand j’était petit, je n’étais pas grand et je le prouve.
  2. « Je » n’existe pas, ceci dit, pas plus que l’avatar unigénaire Ami Calmant. En fait, c’est l’émergence de ce clône virtuel, voici 10 ans, qui a commencé à rayer Christian Aubry de la carte du vivant pour en faire un être morcelé, séparé de sa nature profonde, qui travaille actuellement très fort à recoller ses propres morceaux.
  3. Tout comme j’ai quitté Paris pour Montréal en 1989, histoire de me redéfinir dans un environnement social à dimensions plus humaines, je quitterai probablement la métropole dans quelques années pour m’installer dans une ville plus modeste. Montréal a beaucoup changé, depuis 18 ans, et je commence à m’y sentir aussi « étrange » qu’à Paris autrefois. Actuellement, si je le pouvais, j’opterais pour Sept-Îles, à cause de l’éloignement, la mer, les rivières somptueuses et, surtout, la joie de vivre véritable de ses gens, qui sont originaires d’un peu partout, y compris des Premières Nations.
  4. J’ai déjà traité publiquement Bernard Landry de péteur de bretelles et je ne le regrette pas.
  5. J’ai failli m’acheter un Nokia N93 à Paris, l’automne dernier, mais j’ai finalement opté pour la Sanyo C40, une caméra miniature bien moins chère mais qui fait de la vidéo d’aussi bonne qualité.

Ces insignifiances étant maintenant publiées, je renvoie la corvée à Marie Danielle, Yvan Lemay, Michel Donais, Robin Millette et l’ineffable Xanax, le seul blogueur au nord du Rio Grande qui poste encore moins que moi ! ;)


Détournement d’image


Ma fille m’a bien fait rigoler, l’autre jour, avec sa façon de détourner le look des mannequins découpés dans les magazines de sa mère. En plus, cela donne à réfléchir sur les monstres que la mode peut engendrer. Ah! folle et prometteuse jeunesse… :)


Recyclez, il en restera toujours quelque chose !


Logo de Micro-Recyc-Coopération
(source: Wikipedia)

Prenons note de l’adresse de Micro-Recyc-Coopération, « un organisme d’économie sociale solidaire qui recueille des ordinateurs usagés et accessoires dans les communautés au Canada pour leur donner une seconde vie dans les pays pauvres tout en offrant à de jeunes adultes bénévoles un milieu de stage ».

Outre le recyclage de vieux ordinateurs encore fonctionnels, la coopérative offre aux montréalais toutes sortes de services d’entretien de matériel informatique à « prix raisonnables » : installation, réparation, configuration, ajout de périphériques, sauvegarde, mise en réseau, etc. Plusieurs amis comptent sur moi pour réparer leurs ordinateurs en cas de problème, mais je ne suis malheureusement pas toujours disponible pour les dépanner. Voilà donc une adresse qui me sera fort utile :)

Selon Wikipedia, rien qu’en 2003, sa première année d’exploitation, cette coopérative aurait empêché que 450 tonnes métriques d’ordinateurs désuets se retrouvent au dépotoir. On se demande où sont passées toutes ces 450 tonnes puisque, de 2003 à 2006, on aurait seulement « recueilli et réparé plus de 500 systèmes informatiques afin de les distribuer à des organismes communautaires du Cameroun, du Niger, d’Haïti et de la République démocratique du Congo » À moins qu’il ne s’agisse de systèmes à 800 kilos chaque, il y a dû y avoir pas mal de rebuts de seconde génération.


Le Liban se souvient


Ruines du temple de Baalbeck
Une colonnade de Baalbeck

Depuis le « portrait de blogueuse » réalisé avec Philippe et Pamela Chrabieh, j’ai pris l’habitude d’aller visiter régulièrement l’excellent blogue de cette jeune intellectuelle canado-libanaise. Il est des blogues divertissants et d’autres intéressants, mais celui-ci, me semble-t-il, est essentiel.

La plupart des citoyens du monde un tant soit peu « conscientisés » ont éprouvé un profond malaise, la semaine dernière, en apprenant l’assassinat du jeune ministre Pierre Amine Gemayel à Beyrouth, au Liban. Jusqu’à quand le pays du Cèdre, avec lequel la francophonie a tissé tant de liens au fils des siècles, souffrira-t-il l’horreur d’un état de guerre permanent qui n’en finit pas de pulvériser le destin de ses enfants ?

Pamela était justement à Beyrouth, ce jour-là, et c’est grâce à sa voie de perdition que j’ai pris connaissance des « embouteillages monstres » qui avaient paralysé la ville à l’annonce de l’attentat, avant même que l’AFP n’en fasse état dans ses dépêches en utilisant les mêmes mots. Mardi, mercredi, jeudi, Pamela résuma avec retenue et concision les évènements de la journée. Vendredi, sa plume semblait reprendre vie, exprimant les émotions et les craintes des jeunes Libanais.

Aujourd’hui, dimanche, Pamela publiait ce long billet consacré au souvenir. Le Liban se souviendra toujours, dit-elle, de ses leaders assassinés dans ce qu’elle perçoit comme une entreprise méthodique de destruction des élites. Il se souvient des beautés disparues du pays d’avant la guerre, un souvenir précieux pour ceux qui se refusent à abandonner la partie. Passé les faits bruts, les émotions et l’indignation, la jeune femme rallume donc la flamme de l’analyse, prélude de l’action. Ce faisant, elle nous entraine jusqu’aux confins de nous-mêmes, évoquant l’ombre du totalitarisme non violent qui plane sur un Occident dont l’état de paix et de liberté n’est peut-être qu’une illusion.

Jeudi prochain, le 30 novembre, une soirée de projections multimédias sur les 34 jours de la guerre du Sud-Liban de l’été dernier a lieu à la Bibliothèque Atwater, à Montréal. Cela aussi, je l’ai appris dans le blogue de Pamela, une jeune femme qui, décidément, ne renie absolument aucune partie d’elle-même.


Patriotisme et nationalisme


Enver Pacha
Ismail Enver (photo: Wikipedia)

J’ai placé un signet à la page 166 d’Origines, le roman biographique familial de l’écrivain libanais Amin Maalouf, que je lis actuellement. Ce passage pourrait être d’intérêt lors d’une prochaine bataille politique au Québec. L’empire auquel il y est fait allusion n’est pas l’Empire britannique, mais l’Empire ottoman, dont le Liban faisait partie au début du XXème siècle. Citation :

« Il y avait, à l’évidence, un grave malentendu. Qui allait peser sur le destin de mon grand-père, mais également sur celui de l’Empire au sein duquel il avait vu le jour. Botros était un patriote. L’officier dont il avait emphatiquement salué l’épée à l’aube de la révolution était un nationaliste. On a trop souvent tendance à rapprocher les deux attitudes, et à considérer que le nationalisme est une forme accentuée du patriotisme. En ce temps-là — et sans doute à d’autres époques aussi — la vérité était toute autre : Le nationalisme était exactement le contraire du patriotisme. Les Patriotes rêvaient d’un Empire où coexisteraient des peuples multiples, parlant diverses langues et professant diverses croyances, mais unis par leur commune volonté de bâtir une vaste patrie moderne qui insufflerait aux principes prônés par l’Occident la sagesse subtile des âmes lévantines. Les nationalistes, eux, rêvaient de domination totale quand ils appartenaient à l’ethnie majoritaire, et de séparatisme quand ils appartenaient aux communautés minoritaires; l’Orient misérable d’aujourd’hui est le monstre né de leurs rêves conjugués. »

Fin de citation. Remplacez le mot « Orient » de la dernière phrase par le mot « Canada » (si vous êtes patriote) ou « Québec » (si vous êtes nationaliste) et le tour est joué.


Pour en finir avec le « Web:0 »


Le penseur (sculpture d'Auguste Rodin)Autour de la question shakespearienne d’être ou ne pas être en faveur de l’appellation Web 2.0 (rappel des épisodes précédents), il me semble que le débat s’est soudainement envenimé, cette semaine, parce que des gens immergés dans le Web ne perçoivent pas de rupture dans le continuum de l’histoire récente de son développement (et pour cause) et parce que certains se sentent visés par les accusations de malversation rampante comme celle que suggère le billet de Philippe.

Je pense toutefois que l’on peut esquiver cette flèche-là sans discréditer l’ensemble d’un propos qui mérite d’être pris en compte. Car je sais pertinemment, pour l’avoir vécu, que la norme de fonctionnement des boîtes Web d’il y a quelques années, dérivée des TI et de la pub, a entrainé certaines entreprises dans des dépenses astronomiques pour un retour sur investissement négligeable. Ça, mes amis, cela s’appelle « tuer la poule aux oeufs d’or ».

Dans ce contexte, il me semble sain et normal qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs de services Web s’approprie des outils open source afin d’offrir des sites clés en main facile à exploiter et offrant un retour sur investissement bien supérieur. Ces outils sont souvent axés sur la communication, l’échange et le patient tissage d’une communauté en réseau, plus que sur la publication top-down. Du coup, ils entrainent un nouveau paradigme de communication commerciale sur le Web et, derrière lui, des gens d’affaires, de marketing et de communication énergiques et enthousiastes qui s’empressent de le faire fructifier. Quoi de plus normal ?!?

  • Oui, le Web 2.0 est un mot clé discutable, comme tant d’autres mots-clés que nous employons chaque jour sans nous y arrêter. Michel a fort bien traité cette question-là ici.
  • Non, ceux qui l’emploient ne sont pas tous des mécréants et il n’est pas louable de leur tirer dessus à vue comme s’est employé Laurent à le faire ici.

Y a-t-il des utilisations exagérées du concept de Web 2.0 ? Je suis mal placé pour le savoir, mais bien sûr qu’il doit y en avoir. Dès que quelque chose fonctionne, il y a des abus. Toujours. La chose intelligente à faire, je crois, c’est de dénoncer ces abus sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

Maintenant, si certains entrepreneurs ou développeurs se sentent visés par quelque chose de pas joli-joli, de deux choses l’une, d’après moi : soit ils sont un peu trop paranoïaques, soit ils ont effectivement des petites choses à se reprocher car, comme dit le proverbe, il n’y a pas de fumée sans feu.

PS : ce billet est la reformulation d’un commentaire publié dans le billet précédent. Il y a parfois des commentaires qui valent autant sinon mieux que les billets dont ils sont issus et j’en prends acte ici. Signalons aussi ce texte éclairant de Jeffrey Zeldman que j’ai découvert grâce à un commentaire de Michel 3.0.


Pitbull 2.0


Le Capitaine Lawrence

Dure semaine! La chicane a encore “pogné”, hier, chez Embruns. C’est le quartier-maître de première classe Philippe qui a mis le feu aux poudres avec ce billet polémique sur the débat subliminal faisant actuellement rage dans l’archipel des blogues canado-franchouillards : le « Web 2.0 » est-il ou n’est-il pas ?

La réponse pincée de l’ami vache eût le mérite d’être claire, didactique et loyale, car placée en contexte, dans le fil de la discussion. Celle de l’ami zen eût celui d’être aimable et légère, même si les personnes sensibles ont remarqué qu’il ne gratifiait Philippe d’aucun mot doux ni d’aucun lien. C’est soit maladroit, soit perfide, certes, mais personne (pas même le pas très humble®) n’est parfait. Dans le doute, on opte pour le premier choix.

Ce qui se pardonne moins, en revanche, c’est la réponse fidèle à Soi-Même de son ami, le Capitaine de gendarmerie : cinglante, acide, ulcérée, remplie de mots durs, plus destinée à démolir la sensibilité et la réputation de l’adversaire qu’à contrer ses arguments. Non pas que le vieux pirate en manquât, mais simplement parce que c’est son style, sa culture, sa marque de commerce. Vise la tête, puis appelle l’ambulance. Si la police t’emmerde, canarde-là aussi : c’est autorisé par le Second Amendement.

Bien entendu, Maître G. sur son blogue perché ne pouvait prendre le risque de déchoir ni de gaspiller son fromage en publiant son commentaire en contexte, sous le billet de Philippe. Il fallait qu’il le fasse chez lui, bien au chaud sur ses terres, là où une basse cour de gaulois gavés de poison magique résiste encore et toujours à l’envahisseur, l’autre, l’étrange, le différent. Il fallait bien qu’il monétise son blasphème quotidien en trafic sonnant et ricanant. De plus, il n’y a que chez lui qu’il peut se permettre de caviarder de mauvaise humeur ceux qui lui échauffent le ciboulot.

Je suis méchant ? Grrrr, oui, peut-être, mais je me plais à croire que je combats le mal par le mal. Alors voilà. En quelques heures, je suis passé du statut de bisounours casque bleu à celui de pyromane perfide. Confronté au miroir de ses actes, Laurent n’a plus d’humour ni de superbe. Il se dérobe, découvre son flanc droit, il tente une esquive, puis, enfin, conscient d’avoir réveillé une meute de loups de mer de la Baie d’Hudson, il se fend d’une parade à peu près acceptable qu’il ne peut, cependant, s’empêcher de gâcher par quelques traits de mépris. Conclusion : Môssieur n’aime pas qu’on lui fasse des procès d’intention, mais Môssieur ne se gêne pourtant pas pour distribuer les condamnations fermes.

Bah, me direz-vous. Encore une querelle sans importance. Encore un pamphlet sans autre valeur que celle de distraire la galerie aux dépends de l’envahisseur, l’autre, l’étrange, le différent. Tu ne penses pas comme moi, donc tu es au pire un con, au mieux un couillon que j’aime bien. Ma croyance nourrie d’un doctorat de ceci et de 15 ans de cela indique que tu te fourres le pied dans l’oeil jusqu’aux couilles. Cela me donne donc le droit de gloser à gogo sur ton insignifiance jusqu’à la nuit des temps. Ici, je suis chez moi, c’est mon blogue, ma république, mon état de droit(e). Dégage, cloporte, retourne chez les raëliens d’où tu viens ou bien j’extirpe le caviard du ventre de ta mère, quantité négligeable que je n’ai jamais lue !

Bon, d’accord. J’exagère. Je dérape. Je dépasse les bornes. Je me fais des ennemis. Tout ceci est vrai mais reconnaissez que je suis honnête car je ne prétends pas le contraire.

  • Merci à Tassili, qui m’a presque fourni une bonne occasion de me taire :-)
  • Merci à Michel qui n’est jamais à cours de savoir, de franchise et d’une sainte énergie à renverser les montagnes de mépris.
  • Merci à Marie, à qui j’ai noté que je dois une bière.
  • Merci à Martine, qui m’a fait encore une fois fait pisser de rire.
  • Merci au pas-très-humble® qui, je l’espère, finira par en rigoler.
  • Merci à ma mère, sans qui bla,bla,bla.
  • Merci à tous les Français ayant le génie assez bien placé pour être ni vache ni veau.
  • Merci aux Québécois qui consentent toujours à leur accorder le droit d’asile, même dans les cas “limites insultants“.
  • Merci à Philippe, sans qui je n’aurais jamais connu Embruns ni reçu autant d’encouragements à me remettre en question.
  • Merci à Laurent, si charmant en privé, nom d’une pipe! loin des caméras et du public.

Enfin, merci de votre visite (cling !) et de vos commentaires (bong !). Nous revenons maintenant à notre programmation régulière. The blog show must go on!


Démystifier les adresses et la gouvernance d’Internet


forum-isoc06Combien d’internautes savent-ils que l’adresse « www.google.com » n’est en fait qu’un alias commode pour désigner la « ferme de serveurs » résidant à l’adresse 72.14.205.99 du réseau Internet ? Probablement pas la majorité. Et combien ont entendu parler de l’ICANN, la Internet Corporation for Assigned Names and Numbers ? Encore moins. C’est pourtant cet organisme qui gère les noms de domaine et dont dépend en partie l’avenir d’Internet. *Notre* réseau.

En collaboration avec le chapitre québécois de la Internet Society (ISOC-Québec) et grâce aux infrastructures de la Téluq, l’ICANN organise une journée de conférence, le 23 novembre, simultanément à Montréal et à Québec. Les internautes québécois soucieux de comprendre comment fonctionne Internet et comment ils peuvent participer, aussi modestement soit-il, à sa gouvernance assisteront avec grand intérêt à cette série de présentations.

Pourquoi ? Parce que le réseau Internet, on le sait, a été construit pierre par pierre par ses propres usagers. Aujourd’hui, cependant, il est de plus en plus aux mains de grandes entreprises de télécommunications régionales, nationales et internationales qui l’exploitent afin — et c’est bien légitime — d’en tirer profit au nom de leurs actionnaires.

Si l’on ne s’en occupe pas, si l’on n’y prend pas garde, si la logique commerciale n’est pas modérée par la logique associative, scientifique et citoyenne qui a créé ce fantastique outil de communication, nous risquerions de ne plus pouvoir dire, un jour, que ce réseau est le nôtre. Les péages à l’entrée s’y multiplieraient au profit des plus riches et des plus influents. Voilà pourquoi il est de notre responsabilité de nous intéresser à ces questions.

Les internautes qui ne pourront pas se libérer le 23 novembre peuvent néanmoins mettre le site d’ISOC-Québec dans leurs favoris et même en devenir membre tout à fait gratuitement. Il est probable que les conférences seront disponibles en vidéo sur demande quelques semaines après l’événement.


Ce billet a été publiée le 8 novembre 2006 sur economielogique.com et transféré ici le 15 mars 2009, en prévision de la fermeture prochaine de mon ancien site corporatif.

Le masque africain et la plume


Le masque (africain) et la plume (du journaliste)L’un des bons côtés des conférences internationales sur le changement climatique, comme celle qui se déroule actuellement au Kenya, c’est qu’elles permettent de braquer les projecteurs sur des informations connues, mais malheureusement passées sous silence par les politiciens et, malheureusement, par la plupart des médias. Ainsi en va-t-il, par exemple, de cette fameuse « étude inédite rendue publique hier par le Secrétariat sur les changements climatiques à Nairobi, au Kenya, pour souligner l’ouverture d’une nouvelle conférence internationale sur les changements climatiques », selon le journaliste Louis-Gilles Francoeur, du Devoir.
Une étude inédite, vraiment ?

Premièrement, il aurait été louable, sur le site Web du journal, d’offrir au lecteur des liens directs vers :

    Cela aurait fourni d’importantes précisions aux lecteurs vraiment curieux d’en savoir plus sur ces questions, notamment aux enseignants et aux étudiants d’aujourd’hui dont l’avenir est en jeu. Cela aurait également permis de relever cette légère imprécision journalistique : il n’y a pas eu d’étude inédite rendue publique par le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC, appelons donc les choses par leur nom), mais plutôt un échange d’information sous forme de présentations effectuées dans le cadre d’un colloque régional de l’organisation en Afrique auquel une représentante d’Environnement Canada, Mme Karen Sutherland, a incidemment participé.

    On aurait ainsi pu se poser des questions sur la valeur des 30 millions de dollars consacrés par le Canada, de 2000 à 2005, à différents projets d’adaptation au changement climatique dans les pays en voie de développement qui sont succintement décrits dans ce fichier PDF. Cela nous aurait amené à nous interroger sur l’avenir du Fonds canadien de développement pour les changements climatiques au-delà de 2006.

    Quoi qu’il en soit, cet article est précieux puisqu’il me conforte dans cette vision quelque peu angoissante qui m’est venue lors de mon retour d’Europe, en septembre dernier. Si nous somme réellement « humains », nous allons devoir faire en sorte de ne pas laisser nos frères et soeurs africains aux prises avec une catastrophe dont nous sommes les principaux responsables. Cela signifie, pour commencer, que nous ne pouvons pas jouer à l’autruche et remettre les décisions difficiles à plus tard.

    Accrochez-vous au navire, mes amis les homo sapiens, car cela va brasser dur au cours des prochaines décennies. Si vous croyez un tant soit peu au p’tit Jésus, c’est le temps de vous aimer les uns les autres et de le prouver.


Du bonheur et de la folie


J’ai beaucoup travaillé, ces dernières semaines, et délaissé quelque peu mes activités en ligne. Est-ce grave, docteur ? Non, car je ne nourris pas d’ambition en ces pages, et pour cause :

Aux ambitieux que ni le don de la vie ni la beauté du monde ne suffisent à satisfaire, il est imposé comme châtiment qu’ils gaspillent la vie et ne possèdent ni les avantages ni la beauté du monde.

Si j’avais pris le temps de publier au détriment de mon sommeil et de ma santé, j’aurais certainement crucifié ici le soi-disant « Plan vert » du gouvernement conservateur canadien. J’aurais cherché la cause de son ineptie dans le matérialisme et le rationnalisme avarié de notre société :

Le bonheur suprême sera la plus grande cause de misère, et la perfection de la sapience une occasion de folie.

Le poids des ans commençant à s’accumuler sur mes épaules, j’aurais cherché refuge dans les savoirs intemporels et dans l’étude des causes et des effets, deux passions qui, dans notre société, enrichissent moins le corps que l’âme :

Acquiers dans ta jeunesse ce qui compensera les misères de ta vieillesse. Et si tu entends que ta vieillesse ait la sapience pour aliment, étudie pendant que tu es jeune, pour que cette vieillesse ne manque point de nourriture.

Je me serais rabattu sur l’idée juste que les hommes et femmes formant ce piteux gouvernement seront peut-être encore en vie en 2050 et que leurs descendance subira avec eux le poids de leur manque de courage. La mémoire des hommes n’oublie ni l’héroïsme ni l’infâmie.

L’âge, qui s’envole, glisse en secret et leurre l’un et l’autre; et rien ne passe aussi rapidement que les années; mais qui sème la vertu récolte l’honneur.

Enfin, j’aurais observé avec circonspection les positions défendues par certains partis d’opposition, fort vertueuses, certes, mais historiquement douteuses…

Chaque partie d’un élément séparé de sa masse désire y faire retour par le chemin le plus court.

Finalement, j’aurai médité les belles paroles de Léonard de Vinci, autant pour participer à la résolution des tensions du monde que pour déceler, parmi les femmes qu’il m’est donné de croiser, celle qui deviendra nécessairement ma prochaine moitié :)

Deux faiblesses qui s’appuient l’une sur l’autre créent une force. Voilà pourquoi la moitié du monde en s’appuyant contre l’autre moitié, se raffermit.

Toutes ces citations sont extraites des Prophéties de Léonard de Vinci, un petit bouquin découvert chez Archambault et acquis à prix dérisoire. Le plus précieux est rarement ce qui coûte le plus cher.


Colloque Développement durable et communications


Logo du Colloque Développement durable et communications

Toute la journée, je suis au Pavillon des sciences de l’UQAM, où je filme les conférences du colloque Développement durable et communications. Madame Solange Tremblay, directrice du Centre d’études sur les responsabilités sociales, le développement durable et l’éthique de la Chaire en relations publiques de l’UQÀM, présente en ce moment même les résultats d’une étude sur l’opinion des communicateurs québécois sur le développement durable. C’est passionnant !

» Voir le reportage photo en direct sur Flickr.

» Lire le billet sur ma participation sur ÉconomieLogique.com.

» Mise à jour - La Déclaration des communicateurs et des professionnels en relations publiques du Québec vient d’être publiée sur Centpapiers.


La fragilité, andidote de la performance


Une flaque d'eau, du sable et un galet dessinent un oeil minéral

J’ai découvert ce matin, sur le blogue de Maridan’, un bouquin publié en 2004 que je vais impérativement me procurer d’ici ce soir : La fragilité de Miguel Benasayag. Il faut lire ces extraits que ma lectrice préférée nous en livre et qui nourrissent magistralement les feux de mon cerveau. En résumé, voici un extrait de la jaquette d’Amazon.ca : « Au fil d’un parcours philosophique aussi exigeant que passionnant, (…) M. Benasayag explore les voies d’un renouveau de l’action politique. Il propose ici une théorie de l’émancipation qui dépasse l’opposition forts-faibles à la base du fonctionnement de nos sociétés, une théorie de la situation fondée sur la notion de “fragilité” comme dimension fondamentale de ce qui fait l’essence même de la vie. Sa grille de lecture nous permet de mieux saisir cette “mutation du citoyen” et cette quête de résistance à la virtualisation de la vie. »

Parmi les passages cités par Maridan’, j’aime particulièrement celui sur la technique dont les secrets de fabrication nous échappent et que nous utilisons à l’aveuglette, comme l’on récitait autrefois une prière. Le mystère de la technique remplace celui de l’Immaculée Conception et le clergé post-moderne troque la soutane contre un diplôme d’ingénieur et un M.B.A. Sommes-nous plus avancés ?

Inspirant, aussi, l’extrait résumant le thème général du livre, qui arrime le lien social à la fragilité intrinsèque de l’être humain. Ce constat traverse tous les bouquins éclairants que j’ai lu, ces derniers temps, de La force de conviction à Écologie et liberté. Il explique peut-être aussi pourquoi, dans notre univers de dispersion et de technicité, le réseau Internet connait le succès foudroyant que l’on connait. Sauf qu’il ne faut pas être dupe : être lié, ce n’est pas tout à fait la même chose qu’être hyperlié.


La liberté de presse s’applique-t-elle à tous ?


Affiche de soutien à Josh Wolf

N’importe qui, aujourd’hui, dans les pays développés, peut s’acheter une caméra, se mettre à filmer et diffuser ce dont il est témoin sur Internet. Un peu journaliste, beaucoup blogueur et notoirement engagé, c’est ce qu’a fait Josh Wolf (voir billet précédent) en diffusant cette vidéo d’une manifestation violente sur son blogue intitulé La révolution sera télévisée. Le jeune californien travaille pour une petite télévision communautaire sans grand pouvoir et il ne cache nullement ses opinions anarchistes. La justice, à qui il a refusé de donner son reportage intégral, l’a renvoyé la semaine dernière en prison et il devra y rester jusqu’à ce que sa cause passe en appel, l’été prochain.

Le San Francisco Chronicle signale, dans cet article, que deux de ses journalistes sont également poursuivis par la cour fédérale américaine sous un chef d’accusation similaire : refus de livrer leurs sources à la police dans une affaire de dopage. Cependant, ils resteront libres jusqu’à ce que leur cause soit entendue en cour d’appel. Or, bien que leur cause soit différente de celle de Wolsh, les principes qui la sous-tendent sont les mêmes, explique la section nord-californienne de la Society for Professional Journalists (SPJ) qui vient de nommer les trois hommes « Journalistes de l’année » à la lumière de leur combat pour la liberté de la presse libre et indépendante.

En août dernier, un éditorialiste du SF Chronicle affirmait d’ailleurs que « le Premier Amendement [constitutionnel qui garantit la liberté de presse, NDCA] n’a pas été conçu pour ne protéger que les grands médias. » On comprend donc que les petits médias indépendants devraient aussi être couverts par l’Amendement.

Si l’on poursuit ce raisonnement, les blogueurs et les podcasteurs devraient aussi avoir la liberté de protéger leurs sources. Le principe s’appliquerait donc à tout citoyen en situation de journalisme et non pas seulement aux citoyens exerçant un emploi rémunéré de journaliste.

En ces temps d’informatisation croissante des pouvoirs politiques et judiciaires, il n’est pas anodin de flirter avec l’idée d’un renforcement des contre-pouvoirs médiatiques et démocratiques, voire de les lier. C’est peut-être nécessaire pour arriver à garantir les libertés civiles dans les démocraties à haute technologie du XXIème siècle.

Dans cette vidéo diffusée la semaine dernière, Josh demande aux internautes de discuter de son histoire, d’explorer les questions qu’elle soulève et d’en parler autour de nous, sur nos blogues, dans nos journaux. Cela nous aidera à garder l’esprit alerte et cela lui permettra peut-être aussi de pouvoir aller recevoir son prix en personne, le 9 novembre prochain, dans un restaurant de San Francisco.

*

Si le journalisme citoyen vous intéresse, n’hésitez pas à envoyer un à Josh Wolsh, dans sa prison :

Joshua Wolf 98005-111
Federal Correctional Institution – Dublin
5701 8th St. Camp-Parks, Unit J2
Dublin, CA 94568

Les lettres sont contrôlés par des gardiens et doivent obligatoirement comporter une adresse de retour.


L’affaire Gloaguen : du caviar dans le free speech


Blogue caviar

« L’affaire Natacha », titre Laurent Gloaguen, dit Le Capitaine, barreur des embruns point nets. En ce 28 septembre, le billet est vide : en attente de republication, parait-il. On a rarement vu ça : un billet vide suscitant 23 commentaires! [MAJ: Laurent a finalement réécrit ce billet le 29 septembre, bien qu'il reste daté du 26. Pour le coup, je lui envoie le 30 un trackbak du 28 ;-]

Il y a trois semaines, je n’avais guère entendu parler de « LG », que vaguement de Natacha « QS » (par Philippe et Michel, évidemment) et encore jamais visité Mémoire Vive, le vidéoblogue que cette dernière développe avec son frangin bidouilleur, Sacha. Aujourd’hui, huit jours après l’inénarrable polémique allumée par ce vidéopodcast, je me fais « caviarder » — sic : il y a aussi une blogosphère caviard ! — pour cause de « contrevérités » — et re-sac : j’ai le mal de mer. Certains de mes propos n’ayant pas eu l’heur de franchir le bastinguage, je me vois obligé de les réinventer plus bas, ma mémoire ne s’étant évidemment pas préparée à cela.

Ce qui est tordant, c’est qu’un peu plus bas, l’embrumeur s’adonne au copier/coller à propos de l’« affaire Jan Wong », bien canadienne, celle-là. Il pointe notamment vers le billet de Michel Dumais, reproduisant texto sa ligne de chute imparable : « Living with this free speech means sometimes, you get offended. Period! » Faut croire que le free speech, valable d’un océan à l’autre, ne l’est plus en haute mer. Sur le vaisseau du Capitaine Gloaguen, on caviarde ce qui déplait, sans se gêner pour dire ce que l’on pense par ailleurs. On est chez soi. Le capitaine de vaisseau ne supporterait-il que les vassaux?

*

Le 28 septembre 2006, Christian Aubry a dit :
« Shirley et Dino »… Je ne sais pas à quoi vous carburez ni quelles sont vos frustrations, mais je constate une fois de plus que vous avez le fiel dans le sang, l’allusion assassine et la noirceur vissée au coeur. Reproduire ici le billet abscond de Denys ne fait vraiment pas avancer le débat.

  • « les blogs dépendent bien plus du capital culturel que du capital social, si tant est que l’on puisse les distinguer. » Si ce n’est pas le cas, alors, pourquoi le faire? Parce qu’on se sent plus fort en tentant d’imiter Proust qu’en créant avec fraîcheur et dynamisme une réelle communauté?
  • « Pour y trouver sa place, plus qu’une pathétique crise d’autoritarisme… » De quelle crise parle-t-on ? La vôtre, Laurent, qui vous êtes fâché tout bleu [bip] heu (je ne me rappelle plus)… en attaquant Natacha parce qu’elle vous avait obligé à répondre à ses questions sous la menace d’un micro Sony de calibre 57[/bip] ? Quand et où ladite dame aurait-elle fait preuve d’autoritarisme ?

Et puis vous trouvez ça normal, vous, le « capitaine », que des « influenceurs » passent la soirée à se prélasser sur les canapés d’un parti politique sans qu’il soit possible d’en rendre compte publiquement ? Que diriez-vous s’il s’agissait de dignitaires étrangers ou de barons de la grande industrie ? La démocratie ne mérite-t-elle pas une messe médiatique, parfois, même si cela vous semble un peu soporifique ?

Peut-être que ce que vous n’avez pas aimé, au fond, c’est le style de Natacha, sa façon de poser ses questions. En ce cas, calmez-vous et respirez pas le nez. Il ne s’agit que de la forme, concentrez-vous sur le fond. Et puis, SVP, arrêtez de jouer [bip]les vierges offensées[/bip], surtout que vos attaques [bip]heu… répétées (sans parler de la censure érigée en système)[/bip] prouvent exactement le contraire !

  • « Il faudra un apprentissage des pratiques usuelles et de la géographie des positions existantes que, à l’évidence, Mémoire Vive n’est pas prête d’amorcer ce pourquoi, fort probablement, son petit réseau ne deviendra jamais grand. » Mais de quoi parlez-vous ??? De politique, de coterie parisienne ou de Kamasutra? Qui êtes-vous pour asséner cette leçon pointifiante et que savez-vous de l’avenir de tel ou tel réseau qui ne sorte de votre appréciation subjective ?

À mon sens, professeur, et quels que soient leurs défauts (qui n’en a pas, dites-moi?), les petits films de Sacha et Natacha ont mille fois plus de chances de séduire les jeunes générations, de par leur modernité de forme et de fond, que vos noirâtres écrits nombrilistes imitant une langue soi-disant savante, en réalité vide et révolue [là, bien sûr, je faisais allusion à la prose emberlificotée de Denys Bergrave, ce qui explique peut-être pourquoi Laurent a privé ces propos peu amènes de leur ration de caviar].

Allez-y, crachez votre venin et traitez-moi de groupie insignifiante du “clan” Mémoire Vive. Prenez note, toutefois, que je ne connaissais ni leur blogue ni même leur existence il y a trois semaines, étant physiquement à mille lieux (5500 km, pour être plus précis) de la survie parisienne. En les filmant, je n’ai découvert aucun “second degré” au sens où vous l’insinuez [dans le commentaire précédent]. Seulement de la fraîcheur, de la simplicité, de la jeunesse, certes, mais aussi une dynamique et une vision du Web et de la société qui mérite vraiment d’être explorée pour ce qu’elle est. Pour le reste, c’est le public et ses réseaux qui décideront de leur avenir. Et du vôtre, aussi.

*

Fin de l’auto-[ré]citation. Les portions entre crochets sont des ajouts et [bip]celles-ci[/bip] sont des ré-créations.


Les “after hours” de YULBIZ


YULBIZ, vous connaissez ? Il s’agit d’une rencontre mensuelle fort sympathique entre montréalais(es) intéressé(e)s par les blogues d’affaires. Cela se passe au Café Méliès et j’ai déjà rendu compte en images de l’ambiance qui y règne. La soirée s’achève en général, par petits groupes, dans les restos du quartier. C’est cet after-hour que j’ai croqué, ce mois-ci, à l’aide de mon téléphone portable. La qualité de l’image s’en ressent, vu le manque de lumière et la taille nanoscopique de l’objectif, mais j’espère que cela donnera tout de même le goût à ceux qui hésitent encore de se joindre à nous, le mois prochain — histoire de refaire le Web autour d’une bonne bouteille !


Que seront devenus l’Europe et l’Amérique dans 20 ans ?


Oiseaux migrateurs

Je rentre d’un voyage familial d’une semaine à Paris. On y parle beaucoup d’immigration clandestine et notamment de ces Africains qui, sur des embarcations de fortune, se jettent à l’assaut des paradis économiques européens. Face à ce rêve immense, peu leur importe de périr en mer ou de croupir dans des camps de concentration avant d’être renvoyés chez eux.

Dans l’avion hautement technologique qui me ramenait en toute sécurité à Montréal, j’ai longuement contemplé la carte du monde publiée dans le numéro 399 du magazine La Recherche. Cette carte illustre les impacts du changement climatique à l’horizon 2050 et met en évidence «les gagnants et les perdants». Comme de raison, ce sont les humains du Sud — Africains en tête — qui seront les perdants et qui en subiront les pires impacts.

Cette carte n’est pas publiée en ligne, mais celle du monde réchauffé (©La documentation Française) présente à peu près les mêmes éléments :

Carte d'un monde «réchauffé»
 

On constate que d’intenses mouvements migratoires sont à prévoir en Asie en raison de la montée des eaux. Incapable de sortir de la misère noire dans laquelle la colonisation, puis la guerre et la corruption l’ont plongée, l’Afrique sera aux prises avec encore plus de famines qu’aujourd’hui à cause de la sécheresse, la désertification, l’érosion et l’épuisement des sols. L’Amérique latine, quant à elle, sera soumise à des pluies diluviennes et des inondations qui rayeront probablement de la carte nombre de villes et de villages. Des millions d’âmes s’éteindront au passage et plus encore seront en deuil et dans de cruels états de dénuement.

Aux États-Unis, pendant ce temps, le niveau des Grands Lacs baissera, l’agriculture des Prairies et de la vallée du St-Laurent en sera affectée. Il y aura du stress environnemental et des espèces acculées à l’extinction, de grandes sécheresses et des ouragans dans le sud mais, finalement, pas trop de dégâts.

Au nord-est du Canada, on se gèlera moins les petons en hiver et l’on sera en mesure d’exploiter les ressources naturelles situées plus au nord des régions d’exploitation minière actuelles (d’où la frénésie canadienne et les récentes convoitises internationales que ce secteur a suscitées). Si la navigation devient incertaine au Sud, de nouvelles voies de commerce maritime seront tracées dans un Océan Arctique délivré de sa banquise.

En Europe, les pays du Nord essuieront des précipitations plus intenses, la sécheresse augmentera au sud, mais les rendements agricoles augmenteront peut-être un peu sous l’effet d’une concentration accrue de CO2. Inondations, récoltes perdues et incendies de forêt se multiplieront, tandis que la fonte des neiges fera fondre les profits de l’industrie du ski dans les Alpes.

Ceci dit, qui aura encore le cœur à skier ? Probablement pas les millions d’Africains qui tenteront d’échapper à d’indicibles souffrances en envahissant, coûte que coûte, la forteresse européenne. Il n’est pas difficile d’imaginer le flot de désespérés migrant du Sud vers le Nord afin de sauver leurs peaux. Qui les blâmera ? Des européens inquiets pour leur propre avenir, sans doute, et des politiciens autoritaires tentant de leur faire croire que l’Apartheid représente, comme aux États-Unis ou en Israël, la bonne solution. Pas moi.

On n’arrête pas la mer qui monte !

Ces barrages administratifs et policiers retarderont un peu l’inéluctable, mais je ne donne vraiment pas cher de leur efficacité à long terme. L’histoire récente prouve, en effet, qu’aucune digue, aucun mur ne peut résister indéfiniment aux éléments déchaînés — l’être humain luttant pour sa survie n’en étant qu’un parmi les autres.

Qui plus est, les tensions raciales sont déjà fortes en Europe et l’on voit mal comment la radicalisation des politiques anti-migratoires pourraient les apaiser. Si l’extrême droite se permet de crier au loup, c’est parce que si le loup y était, il serait déjà dans la bergerie. En réalité, il s’agit d’êtres humains à la recherche bien légitime d’un avenir meilleur. L’incapacité des anciennes puissances coloniales à régulariser et intégrer efficacement ces migrants maintient ceux-ci, depuis des décennies, dans une situation d’altérité et de précarité qui tourne maintenant à l’affrontement sporadique, mais récurrent. Les damnés de la terre se transforment en damnés de la République. Hier encore, corvéables à merci, ils constituent aujourd’hui une formidable bombe à retardement démographique, sociale et culturelle.

Dans ce contexte, on peut se demander quelles seront les conditions concrètes de la « résistance européenne » à la pression migratoire des populations africaines, celle-ci étant décuplée par les changements climatiques. On peut aussi anticiper un phénomène de vases communicants — le trop plein d’affamés africains se déversant en Europe tandis que la fraction la mieux nantie de la population européenne trouverait refuge en Amérique du Nord afin d’échapper à l’« africanisation ».

Si le temps nous était compté…

Dans l’avion du retour, entre deux repas insipides, j’ai longuement discuté de ces graves questions avec mon voisin de gauche, un sympathique artiste d’origine maghrébine installé à Québec, depuis quelques années. Pétrie d’humanisme, de culture et de respect, sa vision coïncidait parfaitement avec la mienne, ce qui confirme une fois de plus qu’il n’y a pas de déterminant racial aux solutions politiques, économiques et sociales que l’espèce humaine doit imaginer et mettre en place pour assurer sa survie.

Sur le siège de droite, ma fille de 13 ans regardait Nos voisins les hommes, un divertissement américain traitant subtilement de la malbouffe et de la prolifération des banlieues. Tant mieux, me disais-je. Elle a encore le temps de s’éveiller à ses responsabilités d’homo sapiens de façon plus sérieuse. Ce temps nous est toutefois compté.


Ces systèmes complexes qui broient nos libertés


Affiche du film The Corporation
Affiche du film The Corporation

Deux nouvelles très différentes, cette semaine, confirment que certaines corporations placent leurs intérêts, même les plus discutables, au-dessus de ceux des individus et que les systèmes judiciaire et politique, censés préserver l’homme des agressions iniques, constituent leurs meilleurs outils de répression. L’une concerne la défense de l’environnement et l’autre, la liberté d’expression et de circulation des données sur Internet. Allez comprendre comment il est possible, en 2006, que des organisations créées par et pour l’homme puissent en arriver à se retourner contre lui !

Il y a d’abord cette inacceptable poursuite stratégique contre la mobilisation publique (équivalent de l’anglais SLAPP) de 5 millions $ que la compagnie américaine American Iron & Metal Company (AIM) a intentée, en novembre dernier, contre onze membres de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Sous la pression financière de cette poursuite abusive, l’association est maintenant acculée à la dissolution, non pas qu’elle ait tort ou ait agi illégalement, mais parce qu’elle a… aidé la justice à faire son travail. Malheureusement, celle-ci est si lourde, si complexe et si coûteuse qu’elle ne peut la protéger contre le déluge de frais juridiques qui s’abat sur elle.

La seconde nouvelle inquiétante est diffusée par l’excellent Center for Democracy & Technology (CDT). Dans une longue analyse fort bien documentée, le CDT décortique le dossier du traité de l’OMPI sur la protection des organismes de radiodiffusion. En superposant au droit d’auteur, déjà internationalement reconnu, un nouveau « droit de diffuseur », l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) risque de tuer le bébé — la liberté d’expression et d’information citoyenne — avec l’eau du bain — les intérêts financiers étriqués des entreprises de radiodiffusion, de câblodistribution et (tenez-vous bien) les fournisseurs de service Internet qui, comme Yahoo, Google et YouTube, par exemple, diffusent des contenus qu’ils n’ont pas produits et sur lesquels ils ne détiennent aucun droit d’auteur. Ce traité pourrait leur permettre de contrôler la diffusion de nos oeuvres pendant 50 ans. C’est fort !

Ces deux affaires me laissent perplexe. La seconde, en particulier, démontre que les technologies les plus porteuses de liberté, celles-là mêmes qui naissent d’une aspiration légitime à libérer le potentiel créatif de l’homme, entraînent invariablement une réaction négative de la part des structures de pouvoir. Celles-ci ont vite fait d’imposer de nouvelles mesures de contrôle social destinées à en réduire la portée. Au final, ce n’est pas les individus (vous et moi, actionnaires, clients ou employés) qui en sortent gagnants. Ce sont les structures elles-mêmes, ces structures insensibles aux dommages collatéraux pernicieux qu’elles entraînent, ainsi que le nouveau clergé en chemise blanche qui les nourrit servilement avec l’illusion de détenir la Vérité Suprême.

» Voir aussi : WIPO Broadcasting Treaty (Electronic Frontier Foundation)


L’histoire du Parc Jean-Jacques Olier


Parc Jean-Jacques OlierLa météo était incertaine, à Montréal, samedi après-midi, mais les enfants rassemblés autour du bac à sable et leurs familles n’en avaient cure. Bien leur en prit, car la pluie épargna le petit coin de Plateau où se déroulait la fête… d’un parc ! Eh oui ! Un groupe de résidents et quelques commerçants du quartier organisaient une petite fête en l’honneur du Parc Jean-Jacques Olier, créé, en 1974, sur les ruines d’une rangée de maisons incendiées. L’ancien vicaire Gaston Michaud avait déjà raconté la petite histoire de ce parc à des étudiants de l’UQAM, l’hiver dernier. Cette fois-ci, elle fut interprétée par les enfants qui y jouent régulièrement — dont ma fille, Juliette. Évidemment, ma caméra et moi-même ne pouvions résister à cette tranche sucrée d’histoire populaire :)

Cliquez sur le cadre ci-dessous pour démarrer la vidéo :


Elle court, elle court, la communication!


Téléphone mobile et marteauLa frontière entre communication d’entreprise, journalisme et expression personnelle sur Internet est de plus en plus floue. Les journalistes prétendent souvent que les blogueurs ne sont pas soumis aux techniques de vérification et à la déontologie qui sont les leurs et qu’ils véhiculent des tonnes d’informations non vérifiables et autres rumeurs infondées. C’est en partie vrai, mais tout dépend en fait du sérieux de qui tient la plume. Certaines entreprises et certains blogueurs “indépendants” font plus et mieux, dans ce domaine, que des journalistes professionnels aux prises avec des délais de publication serrés et une conscience professionnelle élastique. Voici une histoire qui témoigne d’un certain flou journalistique : il était une fois une dizaine de téléphones mobiles usagés…

L’une de mes amies m’envoyait, ce matin, un lien pointant vers le dernier billet d’André Simard, un journaliste de La Presse qui blogue professionnellement sur Technaute : « Votre cellulaire conserve tous vos secrets » On y découvre l’histoire sulfureuse d’un mari infidèle qui a vendu son cellulaire, sur eBay, à une firme nommée Digital Trust. Celle-ci y a ressucité la preuve de ses frasques amoureuses. En guise de conclusion, le «blogo-journaliste» évoque la masse de données corporatives abandonnées à la mémoire flash peu sécuritaire des téléphone usagés. Voici la solution fort peu écologique qu’il préconise : écrasez donc votre vieux cellulaire d’un bon coup de marteau !

André Simard a cependant la bonne idée de reconnaître qu’il a pêché cette histoire sur le site du Globe and Mail. Tous les journalistes n’ont hélas! pas cette honnêteté élémentaire. Lui, il donne l’adresse du papier original qui, semble-t-il, constitue sa seule source. On y découvre une foule d’informations moins scabreuses que cette histoire d’adultère, dont des développements techniques intéressants et des citations de plusieurs personnes interrogées par le journaliste Ted Bridis. Manifestement, celui-ci a fait une bonne job en vérifiant l’information, en la complétant et en la considérant sous plusieurs angles, ce que n’a pas fait Simard en la réduisant au contraire à sa plus simple expression — le sexe, babe.

Mais d’où vient cette histoire, au fait ? Bridis et Simard citent la firme Trust Digital, sans préciser s’il s’agit d’une entreprise quelconque, d’un centre de recherche ou d’une firme spécialisée ayant un rapport avec le sujet. Vérification faite, c’est le cas, bien sûr : « Trust Digital est le chef de file des fournisseurs de logiciels de sécurité mobile. Elle sécurise les données d’entreprise qui résident à la périphérie du réseau, là ou téléphones évolués, ordinateurs de poche et assistants numériques ont accès à l’information corporative. » Cette description figure noir sur blanc au bas du communiqué de presse du 30 août qui constitue, de toute évidence, le point de départ de l’enquête du Globe and Mail.

En résumé :

  • Une firme aux intérêts privés s’est livrée à une expérience intéressante afin de s’en servir pour démontrer la valeur de son offre commerciale. Elle a publié un communiqué de presse factuel à ce sujet, positionnant correctement ses arguments de vente sans cacher son intérêt dans l’histoire. Jusque là, rien à dire.
  • Un journaliste disposant du temps et du savoir nécessaire s’en est saisi et a enrichi le sujet en analysant l’information brute et en la vérifiant auprès d’autres sources. Ceci dit, il a oublié de préciser que Trust Digital vendait des logiciels de sécurité, ce qui aurait ajouté une importante précision à son article. Dans l’ensemble, cependant, il s’agit d’un bon travail journalistique.
  • Probablement pressé par le temps, faute d’être correctement rémunéré par son employeur, un autre journaliste réduisit la nouvelle à son aspect le plus accrocheur, se permettant même d’inviter ses lecteurs à commettre un petit désastre écologique, puisque chacun sait que les téléphones cellulaires contiennent des matières hautement toxiques pour l’environnement. Ce n’est pas la fin du monde, certes, mais c’est là que le lien de sérieux s’est brisé en nous projetant dans la rumeur, aux confins du divertissement facile et de la légende urbaine. Heureusement, en ajoutant un simple lien à son billet, il permet aux lecteurs exigeants de trier le grain de l’ivraie. Mais combien se seront donné cette peine ?

Bref, ce n’est pas l’environnement du blogue qui crée la rumeur et l’imprécision, ni le fait d’avoir affaire à de vrais ou de faux journalistes. C’est un choix qui relève de chaque communicateur, quelque soit son statut — mercenaire d’entreprise, journaliste professionnel ou simple citoyen. La responsabilité de mieux informer, de façon plus juste, plus exigeante et plus honnête appartient à chacun d’entre nous.


La Terre est une dure à cuire


La Terre auscultée avec un stétoscopeD’après des scientifiques britanniques qui ont analysé les bulles d’air emprisonnées dans les glaces de l’Antarctique, la teneur en méthane et en dioxyde de carbone de l’atmosphère dépasse aujourd’hui tout ce que la Terre a connu depuis 800 000 ans. Le CO2, qui s’est toujours maintenu entre 180 et 300 particules par millions, atteint maintenant 380 ppm. Quant au méthane, sa pointe protohistorique de 750 particules par milliards n’est rien comparée aux 1 780 particules par milliards actuelles. Le pire, c’est qu’au cours des 17 dernières années, le taux d’accroissement de la teneur en CO2 équivaut à ce que la nature avait déjà réalisé… en mille ans !

C’est le quotidien The Independent de Londres qui tire une fois de plus la sonnette d’alarme avec cette nouvelle, ce matin. Le plus angoissant, c’est que les scientifiques n’ont aucun repère qui leur permette de prédire avec précision ce qui va arriver. Les lecteurs du Huffington Post, le site où j’ai glâné l’information, en tirent la seule conclusion qui s’impose : la Terre finira bien par s’en remettre, mais les humains ne seront probablement plus là pour s’en réjouir.

Notre chère planète est une dure à cuire. Pas nous.


Journaliste et blogueur en liberté


Le journaliste indépendant et « vidéoblogueur » californien Josh Wolf, qui a filmé une manifestation ayant mal tourné, a passé un mois en prison car il refusait de céder ses bandes à la police. Celle-ci souhaiterait les utiliser comme preuve contre les casseurs. Heureusement pour lui, un juge vient de le remettre en liberté jusqu’à ce qu’un autre jury statue sur sa demande d’appel, selon ce billet de boingboing. La Society of Professional Journalists a contribué à hauteur de 30 000 US$ à ses frais d’avocats dont elle a négocié le plafonnement au double de cette somme, selon ce communiqué. Le 2 août dernier, la National Lawyers Guild prenait fait et cause pour lui et la résistance médiatique s’organisait sur Internet, à grand renfort de blogues et de wikis.

Question moralisante : les journalistes indépendants n’ont-il pas intérêt à utiliser les ressources d’Internet et des technologies numériques, qui peuvent les libérer en partie de l’emprise économique des groupes de presse ? À mon avis, oui, car ils y trouveront un public, des alliés et la possibilité de mieux atteindre les objectifs fondamentaux qui (on l’espère) les a amenés à choisir ce métier. Cela ne les empêchera pas de respecter leur code déontologique à la lettre, rehaussant d’autant la qualité de l’information disponible en ligne.


Le temple des marchands


Jamais je n’aurais cru passer plus d’une heure, ce soir, sur le site Web d’une marque de jean’s. C’est pourtant ce qui m’arriva. Diesel Heaven : un « voyage » remarquable dont je reviens indemne, mais avec plus de questions en tête que de réponses…

Les mille et une tentations de Diesel Heaven

La première évidence qui m’est venue à l’esprit, c’est que j’étais en présence d’une nouvelle forme d’art numérique interactif très achevé. Cette gigantesque animation vidéo hyper scénarisée est franchement… euh… magnifique. Ainsi, les marchands du temple de la mode sont prêts à enfouir leur discours mercantile derrière une riche fresque de lumière, de couleur, de mouvement, de musique et d’émotion.

Les artistes qui ont réalisé ce travail colossal ― car il s’agit véritablement d’artistes, à ce que j’ai pu voir et entendre ― sont au service d’une marque, comme Léonard de Vinci et Michel-Ange furent autrefois au service des princes. L’argent confère le pouvoir, le pouvoir nourrit l’artiste, l’artiste génère la grâce et celle-ci subjugue le peuple comme les puissants.

La seconde évidence, c’est que la communication de la marque ― car il ne s’agit pas de publicité, ici, mais bien de communication ― est entrée de plein fouet dans l’ère de la nouvelle cyberculture, atteignant un degré d’esthétisme supérieur à celui de bien des sites culturels. Derrière Diesel Heaven, sa richesse graphique, ses petits cadeaux numériques et son interactivité, il y a d’ailleurs d’autres sites remarquables, comme Camouflage Tales, un conte interactif à la gloire de l’amour et de la sensualité textile, ou Diesel Denim Dimension, un magistral défilé de mode virtuel, auquel on est invité à ajouter sa photo.

Je n’ai rien appris d’intéressant, ce soir, mais j’ai vécu un bon moment de divertissement en ligne, gracieuseté d’un fabricant de vêtements. Dois-je applaudir et en redemander ou bien me lamenter devant un tel gaspillage de talent?

Émotion pour un bout de chiffon
Saisie d’écran de Camouflage Tales


Tintin Kim au Congo


Kim à Montréal, juillet 2006

Mon copain Kim Gjerstad joue avec le feu. Je ne sais pas si c’est le portrait de blogueur que nous lui avons consacré le mois dernier qui lui est monté à la tête, mais voilà que, de retour à Kinshasa en pleine crise post-électorale, alors que l’armée régulière et les milices rebelles se tirent dessus à balles que veux-tu, il a eu l’idée aussi géniale que téméraire de braquer une webcam sur le Boulevard du 30 Juin, du haut de son balcon. Bravo pour le courage, Kimmy, mais bon Dieu, fais gaffe aux retombées !

Heureusement, au bout de quelques heures, c’est l’ordinateur portable qui a rendu l’âme en premier. J’imagine que Kim va tout de même continuer à se débrouiller pour témoigner prudemment de ce qui se passe à Kinshasa, ouvrant ainsi une petite fenêtre de journalisme citoyen sur un conflit trop longtemps oublié. Le moins que l’on puisse faire, pour lui prêter main forte, c’est de visiter et commenter son blogue en lui recommandant, au besoin, de ne pas trop jouer les Tintin au Congo. À vos claviers !