Grand Prix du journalisme indépendant et listes de lecture vidéo
Ce reportage diffusé en CC-BY-SA est constituée de 18 séquences vidéo enchainées les unes aux autres. Utilisez les boutons de navigation situés dans les parties droite et gauche de l’image pour “zapper”. Si votre ordinateur et votre connexion Internet le permettent, utilisez le mode “HD” et/ou activez la fonction plein écran.
- Partage de cette liste de lecture sur Youtube ou Dailymotion.
- Versions audio (bas débit) et vidéos HD prêtes à télécharger sur blip.tv.
- Pour plus de détails sur l’événement lui-même dans le communiqué de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ).
En cette belle année 2009, il me semble qu’il aurait été inconcevable de remettre ces Grand Prix du journalisme indépendant sans en assurer la captation vidéo et l’archivage en ligne. Ces archives vidéo, offertes sans frais à l’AJIQ par solidarité professionnelle, permettra aux membres n’ayant pas pu être présents au Lion d’Or jeudi dernier de découvrir quand même les Prix et leurs lauréats.
Ceux-ci peuvent même se péter les bretelles en affichant précisément la vidéo qui les concerne sur leur blogue ou en la partageant dans leurs médias sociaux préférés, puisque chaque séquence est individuellement exportable dans n’importe quelle page Web. La source étant ouverte et disponible, chacun peut la réutiliser, l’extraire, la commenter — bref, en augmenter la valeur informationnelle. C’est ce que j’appelle couramment de l’« information open source » ;-}
Long reportage => Liste de lecture
Fort bien. Mais comment mettre en ligne plus d’une heure de vidéo de façon pratique et satisfaisante, alors que Youtube limite la durée des capsules et que les autres plateformes plafonnent la taille des fichiers vidéos ?
Grâce aux plateformes de partage à la Youtube, ce qui était passablement complexe et pas très ergonomique du temps de mes premières armes à Yulbuz est devenu très simple. Il suffit de fractionner le reportage en plusieurs séquences et de les réunir dans une liste de lecture (playlist) que l’on peut ensuite partager et/ou enchainer dans un seul lecteur comme dans l’exemple ci-dessus.
Le Grand Prix de la Playlist 2009 est attribué à Youtube !
Je dois dire qu’au chapitre de la playlist, Youtube m’apparait aujourd’hui comme la plateforme de choix. C’est la plus ergonomique — affichage vidéo en pleine largeur, commandes visuelles dynamiques permettant de passer d’une vidéo à l’autre, évidentes et simple à utiliser.
Il y a quelques semaines, pour le webcom Live Reloaded, j’avais opté pour le module de Dailymotion, mais la colonne de texte de droite rétrécissant grandement la zone dédiée à l’affichage de la vidéo, il m’avait fallu créer une page spéciale sans menu latérale afin d’offrir un confort visuel acceptable aux spectateurs ne disposant pas d’un ordinateur assez puissant pour afficher la vidéo en plein écran. Du coup, pour le 3e Mardi de mai, je me rabattais sur Youtube.
Et l’accessibilité dans tout ça ?
Rien n’est malheureusement parfait en ce bas monde. Ainsi, les personnes souffrant d’un handicap visuel ne peuvent pas utiliser la table des matières de Dailymotion puisque les lecteurs brailles ne “lisent” pas le Flash. À l’instar des handicapés moteurs, ils ne peuvent mettre en œuvre les commandes dynamiques visuelles du lecteur de liste de Youtube. Bref, ces listes de lecture posent encore de sérieux problèmes d’accessibilité.
En attendant que les technologies avancent de ce côté-là (voir mon entrevue de l’an dernier avec Denis Boudreau), j’essaie de contourner le problème tant bien que mal, et ce de la façon suivante :
- Ajout d’un lien vers la page Web de la liste, sorte de table des matières de la liste qui permet d’identifier chaque séquence à même le code HTML.
- Ajout d’un lien vers le flux RSS de ce reportage créé à partir d’une liste similaire obtenue sur blip.tv, celle-ci offrant aux handicapés visuels et aux internautes navigant à bas débit la possibilité de télécharger les pistes sonores encodées au format mp3.
Mobile 3G, Qik et Flixwagon : la nouvelle vague du vidéo live
Une nouvelle vague de plateformes vidéo mobiles a vu le jour en 2007 et commence tranquillement à bâtir sa niche sur le Web. Prenez les derniers protocoles de compression vidéo, ajoutez-y une gamme de téléphones mobiles de pointe, une pincée d’interactivité puisée dans la blogosphère, la puissance de diffusion d’un Youtube, nappez le tout de créativité et… servez à chaud, sans laisser reposer.
Le 24 mars dernier, une conférence sur l’évolution et la monétisation de la vidéo mobile se tenait à New York, dans le cadre du MobileMonday local. Comme de raison, les tables rondes étaient diffusées en temps réel sur Internet à partir de simples téléphones portables. La qualité est minimale ― surtout le son ! ― mais il faut bien comprendre qu’on en est encore aux premiers balbutiements de cette technologie.
Cette semaine, la blogueuse et “webvidéaste” française Natacha Quester-Séméon ouvrait un canal sur Qik, une plateforme dédiée à la vidéophonie mobile en temps réel et lancée en novembre dernier. Robert Scoble, la star de la blogosphère yankee, avait mis cette nouvelle pratique à l’honneur lors du forum économique mondial de Davos de janvier dernier.
Le long travelling de Natacha sur les quais de la Seine, diffusé live en 3G, est relativement impressionnant, si l’on prend en considération l’extrême légèreté des moyens de captation et de diffusion mis en oeuvre, les conditions de tournage nocturne et la vitesse du véhicule en mouvement. Évidemment, il s’agit ici de simples tests, de R&D éditoriale, en quelque sorte. Je vous conseille donc de baisser le son avant de lancer cette vidéo :
Il est évident que les plateformes de vidéo mobile comme Qik et Flixwagon ont de l’avenir. À terme, elles permettront de créer une nouvelle couche de Web communication interactive extrêmement dynamique. Le killer feature de Qik, en effet, c’est la possibilité offerte aux webspectateurs de dialoguer avec les diffuseurs en temps réel.
Avec un peu de chance, en vous rendant sur la page d’accueil du site, vous vous trouverez face à une vidéo live en train d’être filmée. Au bas du cadre vidéo, cliquez sur le lien “chat” et tapez un court message à l’intention du cameraman. Une poignée de secondes plus tard, celui-ci pourra lire votre note sur l’écran LCD de son téléphone, y répondre lui-même ou la transmettre verbalement, le cas échéant, à la personne filmée.
Il s’agit là d’un paradigme tout nouveau et très séduisant, surtout qu’il est désormais trivial de diffuser les archives de ces flux live sur Youtube. Conséquence prévisible : il sera de plus en plus difficile, pour toute organisation économique, sociale ou politique, de contrôler la libre expression de populations de plus en plus agiles avec ces technologies révolutionnaires. À tout moment, un téléphone pourra surgir et, discrètement, diffuser un événement, un phrase incriminante, un commentaire déplacé ou une bavure en temps réel, sans qu’il soit matériellement ni temporellement possible de l’en empêcher.
Il me semble que la démocratie mondiale à tout à gagner de cette évolution. Au pied du mur, la transparence et l’imputabilité dont elle a besoin pour progresser seront peut-être les seules options restantes pour ceux dont le succès repose sur la crédibilité. À la moindre entourloupe, on devra assumer le risque de se retrouver instantanément sur Youtube les culottes baissées. Cette vision est encore très utopique, j’en conviens, et les réactions musclées seront à surveiller, mais c’est dans cette direction que le vent nous pousse à vitesse 3G.
Reste à savoir si les opérateurs de téléphonie mobile canadiens faciliteront l’accès rapide de nos concitoyens à ces technologies, ce qui est très loin d’être le cas dans le contexte actuel. Raison de plus pour ne pas rater le premier « MoMoMo » (MobileMonday Montréal), le 14 avril prochain. Si cet événement vous intéresse, jetez un coup d’oeil à la petite présentation que nous en a faite Sébastien Foiret, l’un de ses co-fondateurs, sur Intruders TV.
































