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En cette √©poque o√Ļ la politique, les m√©dias et le divertissement se confondent, chapeau bas aux gens de Yahoo France, Passage Pi√©ton, Pr√©sidentelles.net et 2P2L pour cet ing√©nieux coup de buzz qui fait s’√©crouler de rire, cette semaine, des montagnes de Gaulois. Il faut vous dire que Bruno Masure est un peu l’√©quivalent de notre St√©phane Bureau national.

J’en ai profit√© pour imaginer ce pl√©biscite gagnant, sur fond de lustre √©lys√©en. Enjoy !


Pink Floyd : The Wall

Il n’y a que les peuples soigneux et pacifiques, comme les N√©erlandais ou les Acadiens, pour r√©ussir √† endiguer la mer. Il s’agit d’ailleurs de victoire fragiles, d’√©quilibres pr√©caires sans cesse √† reconstruire et toujours susceptibles de c√©der √† la col√®re des eaux.

Il en va de m√™me des √©quilibres ethniques et des fractures politiques. La Grande muraille de Chine est debout depuis 23 si√®cles, certes, mais elle avait pour vocation premi√®re d’arr√™ter les troupeaux, pas les humains. En 1939, la Ligne Maginot fran√ßaise se r√©v√©la aussi solide que contournable, c’est √† dire inefficace face √† l’invasion allemande. En Afrique du Sud, o√Ļ le cauchemar de l’Apartheid dura pourtant 43 ans, les murs n’ont prot√©g√© que des familles, pas des quartiers ou des villes enti√®res. Le Mur de Berlin, appel√© aussi ¬ę¬†Mur de la honte ¬Ľ n’aura r√©sist√© que 28 ans aux grandes mar√©es de la libert√©.

Ces derni√®res ann√©es, pourtant, l’id√©e du Mur comme arme d√©fensive a repris du poil de la b√™te. Il y a bien s√Ľr le ¬ę¬†mur de s√©curit√© ¬Ľ b√Ęti par les Isra√©liens, qui esp√®rent ainsi se prot√©ger des bombes humaines palestiniennes. L’Europe essaie de son c√īt√© d’arr√™ter les migrations africaines avec des cl√ītures barbel√©es √† Ceuta et Melilla. Enfin, c’est le long de la fronti√®re mexicaine que les Am√©ricains √©rigent leur propre mur de la honte. L’id√©e semble leur plaire puisqu’ils veulent l’appliquer √©galement en Arabie Saoudite et jusque dans la ville de Bagdad !

Si les digues de la Nouvelle-Orl√©ans n’ont pas r√©sist√© √† l’ouragan Katrina, il en ira de m√™me avec tous ces murs de la honte qui n’arr√™teront que partiellement et tr√®s provisoirement la col√®re et la d√©tresse des hommes. Ces murs sont comme de nouvelles technologies cens√©es r√©soudre des probl√®mes mais qui, insidieusement, en cr√©ent de nouveaux encore plus complexes que les pr√©c√©dents.

Ainsi, ce n’est pas avec des murs de mots ou de b√©ton que Nicolas, Paul, St√©phane S√°rk√∂zy de Nagy-B√≥csa emp√™chera la France de changer de visage. Ce changement annonc√© est inscrit dans le pass√© du pays, dans la mis√®re de l’Afrique post-coloniale et dans les changements climatiques qui, au cours des prochaines d√©cennies, devraient chasser ses habitants vers le nord par dizaines de milliers. Idem pour les √Čtats-Unis et le Canada qui devront √©galement, de gr√© ou de force, faire face √† l’exode des peuples tropicaux. Ne pas les accueillir serait tout simplement de la non-assistance √† personne en danger.

Dans cette perspective, autant se pr√©parer, dans le calme et de fa√ßon pro-active, √† ce m√©tissage annonc√©. En favorisant aujourd’hui l’int√©gration d’une immigration massive mais digne et contr√īl√©e, les occidentaux adouciraient l’absoption des vagues suivantes, qui seront probablement impossible √† endiguer.

On n’arr√™te pas l’eau qui monte; au mieux, on n√©gocie avec elle en essayant de gagner du temps. √Ä l’inverse, le retour de la haine et de la d√©raison ne produirait que ce qu’elles ont toujours produit¬†: des larmes et du sang.

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Aujourd’hui, 22 avril, c’√©tait le Jour de la Terre. Pour soixante six millions six cent soixante six mille six cent soixante six Fran√ßais, c’√©tait plut√īt celui des √©lections pr√©sidentielles. ¬ę¬†La Terre, c’est moi¬†! ¬Ľ, comme aurait dit Louis XIV. Ceci dit, il y avait au moins 66 Fran√ßais, sur les 40¬†000 qui tentent actuellement de repeupler le Qu√©bec, √† la marche √©colo. C’√©tait nettement plus qu’au Caf√© M√©li√®s o√Ļ une poign√©e d’irr√©ductibles blogueurs expatri√©s (dont moi-m√™me, par fid√©lit√© affective) manifestaient leur amour de l’am√®re patrie, branch√©s sur France24.com. Atmosph√®re, atmosph√®re…

C'est nul!

La sortie de Daniel Turp, cette semaine, n’est √† mes yeux qu’un lamentable combat d’arri√®re-garde. Le d√©put√© de Mercier veut pr√©senter, √† l’Assembl√©e nationale du Qu√©bec, un projet de constitution qu√©b√©coise disponible ici en format PDF (!!). Comme s’il y avait p√©ril en la nation, des arm√©es d’orques √† nos portes, une situation socio-politique totalement invivable. Comme si la v√©ritable urgence ne se situait pas ailleurs. Totalement ailleurs.

Pour bien mettre en perspective cette initiative aussi futile que d√©raisonnable, je d√©rogerai exceptionnellement aux lois de protection du droit d’auteur en reproduisant un passage de l’√©pilogue du livre Mal de Terre que l’astrophysicien Hubert Reeves publiait, avec le philosophe et sociologue Fr√©d√©ric Lenoir, en 2003. Comme il s’agit d’une bonne cause, en fait, je suis presque certain qu’ils ne m’en voudront pas. Et si c’√©tait le cas, j’accepte de leur payer des droits tellement ce livre m’a passionn√©.

¬ę¬†Au XXe si√®cle, les existentialistes avaient d√©fendu l’id√©e que l’homme est un √©tranger dans l’univers. Qu’il est ¬ę¬†de trop¬†¬Ľ. Une sorte de chancre. Depuis ce temps, les nouvelles connaissances scientifiques, la d√©couverte du big-bang, le d√©chiffrage de l’histoire de l’univers √† partir d’un chaos initial vers des √©tats de complexit√© de plus en plus grands, jusqu’√† l’apparition de la vie sur la Terre ont r√©fut√© cette vision du monde. Nous savons maintenant que nous nous inscrivons dans une histoire qui s’√©tend sur quinze milliards d’ann√©es, que notre pr√©sence implique l’existence ant√©rieure d’innombrables √©toiles fabricatrices d’atomes et de galaxies fabricatrices d’√©toiles.

¬ę¬†Cette filiation donne une dimension suppl√©mentaire √† l’existence humaine. Il ne s’agit plus d’une simple et fugitive anecdote mais d’un chapitre de cette grandiose histoire. Elle implique pour nous une grave responsabilit√© : celle d’assurer la survie de la conscience et de l’intelligence sur la Terre.

¬ę¬†Notre livre, apr√®s bien d’autres, pose une question cruciale : cette complexit√© croissante que nous percevons tout au long de l’histoire de l’univers est-elle viable ? Quinze milliards d’ann√©es d’√©volution pour l’av√®nement d’un √™tre capable de d√©couvrir l’origine de l’univers dont il est issu, de d√©chiffrer le comportement des atomes et des galaxies, d’explorer le syst√®me solaire, de mettre √† son service les forces de la nature, mais incapable de se mobiliser pour emp√™cher sa propre √©limination ! Voil√†, en r√©sum√© le drame auquel nous sommes confront√©s aujourd’hui. ¬Ľ

Au lieu de chercher √† mobiliser les Qu√©b√©cois autour d’une affirmation presque infantile, au point o√Ļ l’on en est, de ce qui les diff√©rencie de leurs voisins, ne devrait on pas leur proposer plut√īt de se doter d’une Charte de l’environnement, comme celle qu’adoptait officiellement la France en 2005¬†? Cela nous permettrait peut-√™tre de mettre √† l’avant-plan de nos pr√©occupations ce qui doit l’√™tre, et non pas l’accessoire ‚Äē cette affirmation nationale mort-n√©e qui agonise, dans d’interminables et douloureux soubresauts, depuis la fin du XXe si√®cle et qui nous d√©tourne maintenant de l’essentiel, soit la survie de nos enfants.

Bon. Je n’en veux pas √† Daniel Turp. Je m’√©tonne juste que cet homme suppos√©ment intelligent se laisse ainsi aveugler par le remord de n’avoir pas v√©cu la Souverainet√© du Qu√©bec de son vivant. √Ä quoi lui servirait celle-ci, dites voir, si ni lui-m√™me, ni sa descendance directe ou indirecte n’√©taient en mesure d’en profiter correctement¬†?

En ce mois d’avril 2007, √† l’issue d’une √©lection provinciale ayant accord√© √† peine 32¬†% de voix √† deux partis souverainistes divis√©s sur leurs choix de soci√©t√©, quel urgent besoin y a-t-il de diviser les Qu√©b√©cois autour d’un projet de constitution politique¬†? Le plus lamentable, c’est que le mot ¬ę¬†environnement¬†¬Ľ n’apparait qu’une seule fois dans ce texte anachronique¬†:

¬ę¬†Le Qu√©bec exerce une comp√©tence exclusive dans les mati√®res suivantes :

  1. la santé et les services sociaux;
  2. l’éducation et la culture, notamment les communications, la langue, le loisir et les sports;
  3. l‚Äô√©conomie et l‚Äôenvironnement, notamment les affaires municipales, l‚Äôhabitation, la politique de la main-d‚Äôoeuvre, les ressources naturelles, le tourisme, l‚Äôagriculture, le d√©veloppement r√©gional, l’√©nergie, l’industrie, le commerce, la recherche et le d√©veloppement; ¬Ľ

Une comp√©tence exclusive en environnement¬†! N’est-ce pas du Elvis Gratton en chair et en paillettes¬†? Le Qu√©bec devrait-il exercer une comp√©tence exclusive en mati√®re de vents, de mar√©es, de pluies acides et aussi, tant qu’√† y √™tre, revendiquer sa pleine souverainet√© sur les plages de Floride¬†? Et puis quel rapport y a-t-il entre l’environnement, l’√©nergie et les ressources naturelles, hein¬†? [R√©ponse¬†: les deux derni√®res cotisent √† la caisse des partis politiques qui se fichent royalement du premier.]

Vraiment, je ne vous f√©licite pas pour ce manifeste ethnocentriste √† courte vue, M. Turp. √Ä l’intention de ceux qui, pures laines ou ¬ę¬†import√©s¬†¬Ľ, comme moi, en doutaient encore il y a peu, vous venez de prouver que le projet souverainiste, dans son cul-de-sac actuel, est totalement d√©connect√© de la r√©alit√©. Continuez √† p√©rorer ainsi, la t√™te dans le sable de plus en plus br√Ľlant de ces plages de r√™ves qui vireront bient√īt au cauchemar, et vous ne passerez pas la barre de la prochaine √©lection.

Ou alors r√©veillez-vous, et vite, car il y a p√©ril en la demeure et il n’est pas encore trop tard pour faire partie de la solution. Tous ensemble, comme un seul peuple. √Ä l’Assembl√©e nationale comme √† la Chambre des Communes et √† l’ONU. C’est fort probablement ce qu’aurait souhait√© Ren√© L√©vesque, dont vous maniez le fant√īme comme un vulgaire √©pouvantail. Il me semble aussi que c’est ce que souhaite l’√©crasante et rassurante majorit√© du peuple qu√©becois.

Affiche de CFP2007

La conf√©rence Computers, Freedom & Privacy 2007 se tiendra √† Montr√©al du 1er au 4 mai prochain. On y entendra de grosses pointures de la d√©fense des libert√©s civile et asociative, comme Simon Davies, le directeur de Privacy International, l’√©minent professeur Michael Geist, que j’aimerais beaucoup interviewer, la s√©millante Casey McKinnon (Galacticast…) et beaucoup d’autres que je ne peux pas tous citer ici, faute de patience de la part de mes lecteurs. ūüôā

Voici un extrait de la présentation de la conférence qui ne vous semblera peut-être pas très optimiste ou divertissant, je le regrette, mais qui a le mérite de planter le décor des enjeux techno-socio-éco-politiques auxquels nous faisons face:

Qui contr√īle ce nouveau monde? Est-ce que les g√©nies de l’informatique et les uber-geeks sont les seuls √† pouvoir encore ordonner √† leur propre ordinateur portable quoi faire ou d√©brancher les dispositifs qui bient√īt g√©reront nos vies? Est-ce que les individus moyens peuvent contr√īler les objets de leur quotidien (objets dont nous sommes de plus en plus d√©pendants, dans notre soci√©t√©) ou bien ces objets seront-ils activ√©s par des propri√©taires √† distance, des l√©gislateurs, des officiers gouvernementaux ou des op√©rateurs du secteur priv√© collaborant avec les pr√©cit√©s?

Th√©orie du complot ? Non, pas du tout. Simple vigilance face aux dangers pour nos libert√©s et nos vies publiques et priv√©es que repr√©sente le contr√īle des nouveaux outils de communication. Il ne faut pas √™tre trop paranao, mais dans le m√™me temps, il est imp√©ratif que des telles r√©flexions puissent se faire entendre et il faut s’y int√©resser le plus possible, faute de quoi… Big brother will watch you!

Surveillez vos √©crans m√©diatiques pour voir si la presse fait encore son travail et traite cette conf√©rence avec autant d’√©gard qu’un festival de cin√©ma ou un vulgraire (hum! je ne cherche manifestement pas √† me faire des amis!) match de hockey.

La nature occultée

Je viens de remettre en ligne les derni√®res chroniques, publi√©es en 1999 dans Multim√©dium, qui concluaient mes deux ann√©es de service √† la t√™te de la r√©daction de ce petit cyberm√©dia. La premi√®re concernait la place alors occup√©e par les femmes sur Internet ; elles y sont aujourd’hui infiniment plus nombreuses et je m’en r√©jouis. La fin de l‚Äôutopie virtuelle? trahissait ma m√©fiance √† l’√©gard de ce que les humains risquaient de faire d’Internet, ce m√©dium extraordinaire et porteur d’espoir.

Huit ans plus tard, nous avons pu constater √† maintes reprises que le r√©seau est ¬ę¬†neutre¬†¬Ľ, comme toute technologie, et que la qualit√©, bonne ou mauvaise, de son impact sur nos vies d√©pend moins de sa nature que de ceux qui le contr√īlent. Internet peut √™tre √† la fois un vecteur de libert√© humaine et un instrument de propagande, de contr√īle et d’asservissement social. Tout d√©pend du rapport de force entre les hommes qui l’utilisent.

Rien n’est magique en ce bas-monde et il en va de m√™me pour les technologies environnementales que nous allons d√©velopper au cours des prochaines d√©cennies. Aucune n’est bonne ni mauvaise en soi. Mais chaque technologie, en complexifiant le syst√®me de production √©conomique, risque de nous √©loigner un peu plus de nos objectifs pourtant fort simples¬†: √©quilibre naturel, jouissance raisonnable et bonheur de donner, de recevoir, de partager. Mais avons-nous le choix¬†?

Suicide assisté par téléphone

Mercredi soir, je regardais l’excellent documentaire Cellulaires en accusation diffus√© √† l’√©mission Grands Reportages, sur RDI. Le film raconte la lutte de David, alias Dr. George Carlo, contre les Goliath de la t√©l√©phonie cellulaire. J’ai eu froid dans le dos en constatant, une fois de plus, que des hommes envoient leurs semblables (y compris eux-m√™mes et leurs enfants) vers la maladie et la mort en connaissance de cause, juste pour faire rouler la machine infernale de la techno-√©conomie et contenter notre besoin de jouissance imm√©diate. Je n’ai rien contre le progr√®s, au contraire, mais quand on a des raisons de croire qu’il blesse et qu’il tue, le principe de pr√©caution devrait pr√©valoir, non¬†? H√© bien non, en effet.

Pendant le film, quelques pauses publicitaires m’ont permis de me vider le cerveau en salivant b√™tement sur des annonces futiles. Ces pauses commencent g√©n√©ralement par une pub de grosse bagnole rugissante et √©nergivore. Il s’agit de L’un des ces millions de v√©hicules qui envoient, chaque ann√©e, des zillions de tonnes de CO2 et de polluants dans l’atmosph√®re — une fine couche de gaz que nous respirons et qui rend notre plan√®te habitable pour quelques d√©cennies encore. √áa aussi, maintenant qu’on en connait les cons√©quences, ce n’est pas tr√®s s√©rieux.

En tentant de retrouver de l’info sur l’√©mission, je me suis rendu compte que Radio-Canada incite all√®grement son public √† recourir aux t√©l√©phones portables pour contacter ses √©quipes ou consulter des capsules olympiques on the go. Peut-√™tre n’avait-on pas encore pris connaissance des informations diffus√©es par le Dr. Carlo¬†?

Oh, bien s√Ľr, j’ai moi-m√™me un cellulaire. Je n’ai de le√ßon √† donner √† personne. Reste que je n’en reviens pas de constater √† quel point notre esp√®ce est devenue suicidaire, tout √ßa parce qu’elle ne sait pas r√©sister aux sir√®nes de la technologie. Conceptuellement, nos t√©l√©phones canc√©rig√®nes ressemblent √† des queues de poisson affubl√©s de gros seins rond et dot√©s d’une voix ang√©lique. Nos autos sont nos cercueils roulant.

Qu’est-ce que mon arri√®re-petite-fille pensera de tout cela ? Probablement rien car elle n’aura peut-√™tre jamais la chance de naitre.

Pour conclure de fa√ßon un peu plus terre √† terre, voici les conseils de L’info au f√©minin sur les pr√©cautions √† prendre avec les t√©l√©phones portables¬†:

  • Ne pas laisser les enfants s’en servir,
  • Ne pas porter le t√©l√©phone √† la ceinture (risques √©ventuels pour les organes internes : foie, rate,…)
  • Eviter de parler longtemps
  • Ne pas utiliser le portable dans les sous-sols, garages, souterrains, ni lors de traitement ophtalmologique
  • Mais aussi √©viter de conserver ces appareils sur vous, m√™me en ¬ę¬†veille¬†¬Ľ, le portable re√ßoit des ondes qui permettent de p√©n√©trer votre organisme. Poser le plut√īt sur la table, le bureau ou dans votre sac.
  • Acheter un ¬ę¬†Kit oreille¬†¬Ľ (oreillette + petit micro) reli√©s par un fil de l’appareil.
  • Quand vous communiquez vous gardez ainsi l’appareil √† distance.
  • Ne jouez pas avec l’antenne du portable lorsque vous discutez, c’est √† ce niveau que se concentrent les ondes.

Voir aussi :

Rassemblement politique


Meeting de l’Union pour une Soupe
Populaire, près de Marseille, hier soir.

La bataille √©lectorale faisait rage, en France, en ce dimanche 1er avril. Au t√©l√©phone, ma m√®re s’est dite outr√©e par la derni√®re proposition de Nicolas Sarkozix. Cherchant √† ¬ę¬†couper l’herbe sous le pied des moutons socialistes ¬Ľ, qui, il y a quelques semaines, proposaient de taxer tous les Fran√ßais vivant √† l’√©tranger, le candidat d’extr√™me [centre|droite] sugg√®re maintenant que son gouvernement pourrait retirer le droit de vote aux citoyens ne payant pas d’imp√īts. Seuls les contribuables, qu’il appelle, dans une envol√©e tr√®s gaullienne, ¬ę¬†les forces vives de la nation ¬Ľ, seraient consid√©r√©s comme dignes d’exercer ce droit.

Si la mesure √©tait adopt√©e, les Fran√ßais de l’√©tranger (et, notamment, la colonie fran√ßaise de Montr√©al qui s’appr√™te √† voter massivement pour S. ¬ę¬†pure laine¬†¬Ľ Mont-Royal) se verraient priv√©s de leur droit de vote aux √©lections fran√ßaises¬†: ¬ę¬†C’est la moindre des choses, soutient l’invincible Sarkozix. Comment peut-on exercer ce droit si l’on n’en supporte pas chaque jour, pendant cinq ans, dans sa sueur et dans son sang, les incons√©quences ?¬†¬Ľ.

Selon ses calculs, imm√©diatement r√©vis√©s √† la hausse par SOS-Laxisme, les 69¬†% d’immigr√©s ou fils d’immigr√©s vivant en territoire fran√ßais, qui ont en moyenne trois douzaines d’enfants et vivent impun√©ment d’allocations familiales, de rapines et de mendicit√©, perdraient √©galement le privil√®ge de voter. ¬ę¬†Ces gens-l√† disent que je ne suis pas leur candidat. Eh bien oui, je le confirme¬†: je ne suis pas leur candidat. Ceci dit, je les emmerde, car gr√Ęce √† cette mesure hautement r√©publicaine, ils ne pourront plus contre moi √©lever la voix¬†! ¬Ľ

Afin de mieux faire passer ce projet de loi s’il est √©lu, M. Sarkozix a pr√©cis√© que le droit de vote serait accord√© non seulement aux contribuables fich√©s comme tel par les Renseignements G√©n√©raux, mais √©galement √† leurs animaux de compagnie. ¬ę¬†N’√©coutez pas les calomnies de mes adversaires¬†! Voyez √† quel point je suis humain¬†! a-t-il clam√© tout en versant un pichet de larmes de crocodile fra√ģchement d√©pec√©s sur sa cravate. Je suis le seul candidat de cette √©lection √† se soucier des esp√®ces en voie d’extinction de voix¬†! ¬Ľ

PS : encore peu d’√©cho sur cette nouvelle au Qu√©bec, √† part Mario Dumont qui l’aurait comment√© en affirmant que cela lui semblait constituer un accommodement tr√®s raisonnable.

Les blogues de Libération

En compl√©ment de ses blogues europ√©ens de campagne (Nos voisins nous ont √† l’oeil), le quotidien fran√ßais Lib√©ration a lanc√©, il y a quelques jours, le Carnet de correspondants √©trangers bas√©s en France. On y trouve, r√©dig√©es dans un excellent fran√ßais, des r√©flexions sur la course √©lectorale en cours sign√©es Giampiero Martinotti, du quotidien italien La Repubblica, Jacqueline H√©nard, du quotidien suisse Tages-Anzeiger, J√∂elle Meskens, du quotiden belge Le Soir et J.M. Mart√≠ Font, du quotidien espagnol El Pais. Esp√©rons que les quatre confr√®res trouveront le temps d‚Äôalimenter la b√™te‚Ķ

Justin peu endormi

Dans la s√©rie, ¬ę¬†ils sont fous, ces n√©o-Romains¬†¬Ľ, sachez que j’ai pass√© quelques minutes fascinantes, ce midi, √† regarder Justin dormir. Ce jeune san-franciscain a d√©cid√© d’exhiber la moindre miette de sa vie sur Internet √† l’aide d’une cam√©ra accroch√©e √† sa casquette 24 heures sur 24 (la nuit, il la retire pour mieux la braquer sur son lit¬†!), sept jours sur sept et 52 semaines par ann√©e… m√™me quand il fait pipi¬†! Voil√† jusqu’o√Ļ la perversion de la t√©l√©-r√©alit√© entraine nos ch√®res t√™tes blondes¬†!

Bon. Regarder Justin dormir en compagnie de 600 autres ¬ę¬†viewers¬†¬Ľ (voyeurs?) n’a rien de tr√®s passionnant, je vous l’accorde. Ce qui l’est insignificativement plus, c’est la fen√™tre de clavardage en-dessous, o√Ļ les voyeurs commentent. Ils viennent d’un peu partout (Ola, alguiem from Brasil?), certains affichent ouvertement leurs tendances maniaques (Sleep well, my precious, soon I will get into your hassole…), d’autres en profitent pour faire leur pub (While Justin is sleeping why don’t you visit www.blahblahblah.com and make a reservation?). Il y a ceux qui tripent techno (Batteries are reliable but the problem is bad wireless areas) et ceux qui attendent avec impatience le prime time (I heard that he will spend a night with a girl soon, will it br rated PG-13?). Mais, en g√©n√©ral, la plupart s’emmerde ferme (Booooooooooooring!).

N’emp√™che qu’avec cette exp√©rience, le star system futile et instantan√© progresse d’un cran, me disais-je. Reste √† voir si les producteurs de ce show malsain tiendront leur promesse, affich√©e dans la colonne de gauche, d’assassiner Justin si jamais il d√©branche la cam√©ra. Si cela arrive, je me fais moine tib√©tain.

C’est ce que je me disais jusqu’√† ce que je clique sur ce lien et que j’y d√©couvre le pot aux roses¬†: Now, we’re starting a company to make broadcasting live video on the web easy. Bon sang mais c’est bien s√Ľr! Il n’est pas si fou que √ßa, l’animal, et le Web m’√©tonne une fois de plus pour l’incroyable pouvoir qu’il donne aux humbles mais talentueux citoyens.

Excusez-moi, Justin se r√©veille… ūüôā

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