Internet des objets : une affaire complexe

Le bouton comme degré zéro de l’affordance. Un monde de boutons. Et des individus réduits au rang de pousse-bouton. A la manière dont le bouton « like » de Facebook fut l’arme de distraction massive du web dit « social », le bouton « Dash » d’Amazon pourrait être la force de frappe nucléaire des — nouvelles — pratiques de consommation de l’internet des objets et du web physique. Une chose est sûre : la guerre des boutons ne fait que commencer. (Olivier Ertzscheid in affordance.info)

Désintermédiation = perte d’activité = pertes d’emploi ou délocalisation = accroissement des inégalités si des mesures de compensation socio-économiques ne sont pas parallèlement mises en place = souffrance, crise, révolte et répression.

Outre la perte d’agilité humaine que cet article soulève, l’innovation technologique n’est pas mauvaise en soi, mais elle doit être envisagée dans toutes ses dimensions complexes, en tenant compte des impacts et effets collatéraux.

C’est à cela que devrait servir un « ministère du numérique » et à cela, je crois, que devraient s’intéresser de près les « villes intelligentes » — bref, tous les pouvoirs publics chargés d’accompagner l’innovation technologique dans nos sociétés.

Les salons d’emploi de L’Événement Carrières s’affichent en Web Vidéo

L’Événement Carrières a décidé, cette année, de faire son entrée dans les médias sociaux. C’est d’autant plus pertinent que ces salons sont, par essence, des lieux de réseautage économique et social. Il est tout à fait logique de les doter d’une présence dans des réseaux virtuels comme Facebook, Twitter, Linkedin ou Viadeo.

Benoit Morrissette, avec qui j’ai travaillé pour la première fois lors du mémorable cocktail du nouvel an du Réseau Action TI, m’a récemment présenté à Éric Boutié, le président de L’Événement Carrières, et son équipe. Leurs prochains salons de l’emploi ont justement lieu les 7 et 8 avril prochains au Palais des Congrès de Montréal.

Il s’agit en fait d’un véritable « festival de l’emploi » puisque cet événement — totalement gratuit pour les particuliers — comprend pas moins de quatre salons parallèles :

Vivant au 21e siècle, L’Événement Carrières a donc décidé, cette année, de faire son entrée dans les médias sociaux. C’est d’autant plus pertinent que ces salons sont, par essence, des lieux de réseautage économique et social. Il est tout à fait logique de les doter d’une présence dans des réseaux virtuels comme Facebook, Twitter, Linkedin ou Viadeo.

Pour l’heure, nous avons lancé la semaine dernière la page Facebook de L’Événement Carrières à laquelle je vous invite à souscrire, si le monde de l’emploi vous intéresse et/ou vous avez envie de nous aider à développer rapidement cette présence. Nous avons également ouvert un compte Youtube dans lequel nous avons publié deux premières vidéos:

  • 3 salons Carrières à Montréal pour trouver un emploi


    Cette première capsule d’une durée d’une minute est purement conjoncturelle. Eric Boutié y annonce la tenue de l’événement du mois prochain et explique en quelques mots les conditions de participation des salons spécialisés. N’hésitez pas à la faire circuler au cours des prochains jours, ça presse 😉

  • 5 conseils pour se préparer à un salon de l’emploi


    Cette deuxième capsule de 3’14 » aura une durée de vie plus longue puisqu’elle a un caractère pédagogique et comporte des informations pratiques intemporelles. Tout le monde ne se présente pas à un salon d’emploi avec la stratégie et la préparation adéquate, en effet. Outre la déception que cela peut créer chez les candidats mal préparés, cela n’aide pas les employeurs à tirer le meilleur parti des rencontres qu’ils font au salon.

La seconde capsule a donc un double objectif — promotionnel, d’une part, et fonctionnel d’autre part. Il s’agit à cet égard d’enrichir l’expérience de tous les participants et, donc, d’augmenter la valeur finale des Événements Carrières.

Comme d’habitude, ces objets de communication très ciblés prennent leur envol et trouveront leur audience au fil des mois et du partage que nous en ferons. J’invite donc mes nombreux amis Facebook, Twitter, Linkedin (et alouette) qui en apprécieront la pertinence économique, pédagogique et sociale à nous aider à les faire circuler. Merci et à bientôt ! ;~)

Savoir-Faire Linux vs. Régie des rentes du Québec

La question n’est pas de savoir si telle technologie est meilleure que telle autre. La question, c’est de savoir si le processus d’appel d’offres mis en place par le Gouvernement du Québec a été ou non correctement appliqué dans l’octroi d’un important contrat de mise à jour des postes de travail informatiques de la Régie des rentes du Québec.

La question n’est pas de savoir si telle technologie est meilleure que telle autre. La question, c’est de savoir si le processus d’appel d’offres mis en place par le Gouvernement du Québec a été ou non correctement appliqué dans l’octroi d’un important contrat de mise à jour des postes de travail informatiques de la Régie des rentes du Québec.

Tel est, en substance, ce que m’a expliqué Benoit Grégoire, directeur général de Savoir-Faire Linux, qui témoignait la semaine dernière au procès opposant son employeur à ce puissant ministère. L’entrevue a eu lieu à la toute fin du Confoo Report, alors que nous venions de discuter d’une tout autre question, soit la diversité méconnue des systèmes de bases de données. Seul point commun : la diversité méconnue 😉

En ce qui me concerne, mon opinion est faite, mais j’espère que ce témoignage public ― Savoir-Faire Linux cultive cette élégance très XXIe siècle de pratiquer la transparence ― à la fois honnête et prudent vous aidera à faire la vôtre. Sinon, demandez à Google ce qu’il en pense ou tapez-vous des vidéos plus divertissantes sur la RRQ 😉

Ah oui ! J’oubliais… Le Gouvernement du Québec persiste dans l’opacité et son Centre de services partagés (CSPQ) se montre décidément très mauvais joueur. À mon humble avis de communicateur d’images et de journaliste citoyen, il devrait plutôt flairer l’incendie qui couve et régler le problème en bon père de famille avant que l’Opposition officielle ne s’en empare et réclame une autre commission d’enquête sur ses chantiers de construction informatique. Surtout que SFL, voyez-vous, le domaine de la construction, elle en connait un bout 😉

Divulgation et appendices

  • Ce billet a été rédigé dans Google Chrome 4.0 turbinant sous Windows 7 dans un ordinateur portable de marque Lenovo made in China.
  • La capsule vidéo n’a (hélas!;) reçu aucun soutien financier de Savoir-Faire Linux, ni d’aucun gouvernement, ni d’aucune multinationale basée dans le Nord-Ouest des États-Unis. En revanche, elle a été co-produite par moi-même Confoo.CA, Kindo Communications et INBOX International, que je félicite pour leur foi dans la communication durable.
  • N’hésitez pas à vous en emparer car, ayant été payée, cette vidéo peut circuler librement (BY-SA), et profitez aussi des versions téléchargeables de la colonne de droite.
  • Pour connaitre les suites de cette affaire, suivez @sflrrq, abonnez-vous au flux de Cyrille Béraud et lisez de bons journaux (pas ceux-là, malheureusement).

Matt Mullenweg @ Wordcamp Montreal : la force de l'ouverture

Les 11 et 12 juillet, la Société des arts technologiques de Montréal (SAT) vivait à l’heure de WordPress, le logiciel propulsant mon site Web ainsi que des millions d’autres à travers la planète, et au rythme de sa communauté locale, réunie à la première conférence Wordcamp Montréal.

Matt Mullenweg est le fondateur de ce projet open source et son développeur principal. À 25 ans, il fait figure de visionnaire et de meneur d’équipes de la trempe d’un Steve Jobs ou d’un Bill Gates. À ceci prêt que l’approche qu’il préconise n’est pas fondée sur le capitalisme classique, mais sur la philosophie « communautariste » et libertaire associée aux logiciels libres, laquelle rejette la tyrannie des brevets logiciels. Ce qui n’empêche pas notre homme de profiter de la vie comme on le constatera dans la quatrième capsule ;~}

À l’invitation de Sylvain Carle, grand architecte de cette conférence, Matt a gentiment accepté de discuter avec moi de « techno-philosophie » à l’issue de la première journée. J’ai ensuite découpée l’entrevue en quatre capsules que vous pouvez visionner dans leur continuité ou bien une par une, grâce au lecteur Flash ci-dessus. Pour les internautes nomades, voici les adresses de chacun des chapitres sur Youtube:

  1. The Wordcamp phenomenon
  2. Matt Mullenweg – An Open Source Story
  3. Matt Mullenweg – Open source as a philosophy
  4. Matt Mullenweg at the Montreal Jazz & Code Festival 😉

Bien entendu, ces entrevues sont des sources d’information ouvertes que je publie, comme à mon habitude, sous licence Creative Commons By-SA. Je vous invite donc chaleureusement à vous les approprier afin de leur donner une visibilité maximale et d’enrichir l’humanité de vos réflexions.

À condition de citer la source, vous pouvez même télécharger les montages HD originaux dans mon compte blip.tv et en réutiliser les passages qui vous intéressent dans vos propres vidéos. Un p’tit « plugin » avec ça ? 😉

L’internet à très haut débit gratuit en échange de vos économies de carbone !


Partagez cette vidéo: Free Broadband For A Green Economy

Hier soir, j’espérais bien renouveler les succès de Webcom Live et PodcampMontreal Live lors du lancement de la série de conférences Interface[s] Montréal à la SAT, mais j’en ai été pour mes frais. Une mauvaise communication interne de dernière minute a fait en sorte que presque toute la bande passante disponible à la Société des arts technologiques (et ce n’est pas ça qui manque!) était en réserve pour la conférence de Roland Auger, directeur du Cégep de la Gaspésie et des Îles, qui devait intervenir en direct de Gaspé par téléprésence. Du coup, mon humble canal Flash Video de 350 kilobits par seconde sur USTREAM.TV tombait au bout de quelques secondes. Impossible de réaliser l’émission.

Heureusement, j’ai quand même profité du passage à Montréal du célèbre Bill St.Arnaud, Chief Research Officier de CANARIE, pour réaliser cette entrevue (également sur Youtube) qui me tenait à coeur depuis longtemps. En quatre minutes, Bill explique sa proposition d’offrir un lien de fibre optique à très haut débit gratuit aux particuliers et entreprises réalisant des économies de carbone et d’énergie. On ferait ainsi d’une pierre deux coups: réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en stimulant l’économie du savoir. Lumineux, mon cher Bill !

Vers la fin de l’entrevue, Bill affirme que Montréal et le Québec en général sont en excellente position pour rendre ce projet viable. Cela tient au fait que nos municipalités possèdent déjà leurs réseaux de tuyaux souterrains, ainsi qu’à la manne hydroélectrique dont dispose Hydro-Québec, qui est à toutes fins utiles (n’est-ce pas, M. Charest ? : ) sous le contrôle du gouvernement. Bref, ceux qui doutent de la nécessité d’un plan numérique pour le Québec trouveront ici un argument de poids pour s’en convaincre.

Merci à la SAT, à Bill St.Arnaud, bien sûr, et à Manuel Angelini, toujours prêt, devant ou derrière la caméra, à rendre service à ses amis Twitter : ) pour cette entrevue. Et à la prochaine conférence pour un lancement d’Interfaces Montreal Live plus réussi, cette fois : )

La mondialisation au secours des journalistes

JournalisteQui l’eût cru ? La mondialisation aurait du bon, à en croire des syndicats de journalistes français soutenus par plusieurs personnalités socialistes. Et comme on n’en est pas à un paradoxe prêt, ces mêmes syndicats demandent à Nicolas Sarkozy, nouveau président de la République et grand ami des patrons de presse et d’industrie, de garantir leur indépendance face à leurs employeurs !

Toute l’histoire est expliquée dans cet article du Nouvel Observateur. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, semble-t-il, c’est le rachat possible du quotidien économique Les Echos par le groupe industriel de produits de luxe LVMH (Moët-Hennessy, Louis-Vuitton, Gucci, etc.), qui est déjà propriétaire de l’autre quotidien économique français, La Tribune. Une première journée de grève a eu lieu aux Échos et une longue liste de personnalités indignées (dont de nombreux socialistes) ont signé une pétition de soutien.

En entrevue avec le Nouvel Obs, un représentant des journalistes explique pourquoi ce rachat fait peur : « Le conflit d’intérêt est évident, nous avons à écrire sur [LVMH] quotidiennement ! L’année passée, nous avons consacré 93 articles à Bernard Arnault [le P.-d.g.], 215 à son groupe, 229 à Carrefour dont il est actionnaire, mais aussi 225 à PPR, son principal concurrent, 181 à François Pinault et 65 à Gucci… Aurions-nous eu la même liberté de traitement de l’information en appartenant à LVMH ? » Voilà une question des plus intéressantes…

Ce qui me laisse perplexe, c’est ceci : « Puisque nous devons être vendus, l’idéal serait de l’être à un groupe de presse étranger. Le succès des Echos, depuis un siècle, c’est son indépendance. C’est grâce à cela qu’il est le journal économique et financier de référence. Sa vente à une groupe industriel serait destructeur de valeur. »

En résumé, une rédaction de presse ne devrait pas être liée financièrement à des intérêts qu’elle risque d’avoir à bousculer dans l’exercice de ses fonctions. La solution idéale serait donc la propriété étrangère, qui n’exercerait pas de pression sur elle par définition.

La propriété étrangère garante de l’indépendance de la presse… Est-ce bien sûr ?

  1. Que se passe-t-il en cas de tension internationale avec le pays des maîtres étrangers ?
  2. La pression « froide » visant la rentabilité purement économique ne risque-t-elle pas d’édulcorer le travail des journalistes de façon tout aussi pernicieuse que la pression « chaude » de l’intérêt industriel ou politique ? Qui finance les journaux par la publicité, en effet, à part des intérêts commerciaux locaux ?
  3. Les journalistes n’ont-ils pas le devoir de résister à toute pression, anyway, comme les policiers et les magistrats ?

Bref, il faut en effet que l’éthique professionnelle et les garde-fou étatiques soient tombés bien bas, me semble-t-il, pour en arriver à cette vision mondialisante. Dans un monde idéal, pour bien servir la population, un média ne devraient dépendre que de lui-même, de ses consommateurs et, à la limite, des aides et protections assurées par l’État, lequel émane de tous les citoyens.

Malheureusement, nous ne vivons pas dans un monde idéal. L’économique ayant pris le pas sur le politique, le spectre du licenciement a remplacé celui de l’emprisonnement. Pour exercer dignement le métier de journaliste, en 2007, il n’est pas nécessaire d’appartenir à un groupe étranger; il suffit simplement d’avoir des couilles et de ne pas faire passer sa sécurité et son petit intérêt personnel avant celui de sa mission.

Comme tous les professionnels, les journalistes devraient s’entendre pour refuser toute pression injustifiée, faire corps avec les collègues des médias concurrents en cas de danger, démissionner en bloc et créer de nouveaux médias lorsque cela devient nécessaire, maintenir quoiqu’il arrive un lien d’information vivant et fiable avec la population et mobiliser celle-ci en cas d’atteinte à la liberté de presse.

Le journalisme, ce n’est pas seulement un métier, c’est une cause, un sacerdoce ! C’est pour cela que je l’ai moi-même abandonné à deux reprises : trop exigeant, trop ingrat, trop démoralisant. Chapeau bas à celles et ceux qui réussissent à l’exercer pendant des décennies sans jamais se compromettre ni craquer. Ce sont de vrais professionnels, au meilleur sens du terme, et je pense qu’ils se fichent pas mal de savoir qui signe leur chèque de paie !