Étiquette : affaires

À l’occasion du cocktail de rentrée 2009 de l’AQT, organisme rassemblant les sociétés technologiques du Québec et leurs dirigeants dans une variété d’évènements de formation et de maillage, j’ai reçu la mission de réaliser une série d’entrevues de ses membres à des fins de promotion. Dont acte.

Le tournage unique a eu lieu en septembre. Bien que les deux premières vidéos soient sorties dans le courant de l’automne, je n’en rends compte ici qu’aujourd’hui, faute de temps et d’énergie à consacrer à ma propre promotion. Les clients et la bûche de Noël d’abord ;~) Ces trois capsules sont néanmoins publiées depuis belle lurette sur la page Youtube de l’AQT :

Bilan de l’opération: deux heures de tournage, trois jours de montage, un peu de communication et de suivi pour lier le tout, et voilà ! Pour un budget très raisonnable, l’AQT valorise à la fois son action, un échantillon représentatif de ses membres, sa présence Web et elle sème en prime de jolis petits cailloux dans les moteurs de recherche :

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Android Montréal s'invite au Mobile MondayÔ miracle! Figurez-vous que le groupe Android Montréal a été créé sur Facebook cette semaine et que ses co-fondateurs (John Brohan et moi-même) se rencontreront pour la première fois le lundi 7 décembre, au Café Républic, juste avant le Mobile Monday Montreal, alias Momomo. Celui-ci commençant à 18h30, nous invitons les utilisateurs de téléphones Android, alias « GPhones », ainsi que les développeurs et gestionnaires intéressés par cette plateforme mobile à nous retrouver sur place vers 18h.

Nous espérons que le milieu québécois des technologies mobiles est bien conscient de l’arrivée d’un futur joueur de poids sur le marché, puisque l’Open Handset Alliance est déjà soutenue par 48 entreprises, dont plusieurs géants de l’informatique et des technologies mobiles. Il faut bien comprendre que le succès actuel du iPhone, basé sur la technologie propriétaire de Apple, sera très bientôt relativisé par l’arrivée sur le marché d’offres de plus en plus alléchantes tablant sur la puissance de Google et l’ouverture du système d’opération Android.

Aux États-Unis, déjà, trois des huit meilleures offres mobiles sélectionnées par le Silicon Alley Insider sont propulsées par ce système d’opération. Je gage que, l’an prochain, on en sera au moins à la moitié, et peu importe que le style inimitable et l’excellence du iPhone séduise toujours une certaine élite techno/sociale !

Or, que remarque-t-on, dans la prestigieuse liste des membres de l’Open Handset Alliance ? Sauf erreur de ma part, il n’y figure aucune entreprise canadienne. À croire que, dans nos contrées nordiques, le sigle OHA ne puisse pas signifier autre chose que Ontario Hockey Association ou, à l’extrême limite, Ontario Horticultural Association.

À Montréal, cité aux aspirations technologiques s’il en est, il serait vraiment dommage que nous passions à côté d’un tel phénomène et de telles opportunités d’affaires, notamment en Asie où la pénétration du iPhone reste encore très marginale et risque de le rester longtemps.

Outre cela — et, je l’avoue, très égoïstement 😉 — j’aimerais bien qu’un pool de développeurs s’engage à porter sur Android l’application mobile d’Ile sans fil que Kolt Production a développé pour le iPhone et dont le code source sera ouvert dès la fin du mois. Ce serait un beau cadeau de Noël à faire aux centaines de bénévoles de cette association visionnaire qui facilite la mobilité sans fil dans notre belle et fière cité !

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Cette entrevue de Diane Nadeau à propos des Pages Jaunes est la seconde vidéo que je publie sur rezopointzero, le blogue collaboratif animé par une coopérative de professionnels en communication numérique et en marketing Web lancée à la conférence webcom Montréal le mois dernier. Il s’agit d’une expérience d’autant plus intéressante qu’elle éclaire à sa manière l’une des nombreuses formes que pourrait prendre le « néo-journalisme » au XXIème siècle.

À partir du 25 janvier prochain, le blogue de rezopointzero se transformera en communauté semi-privée, l’accès à une partie de ses contenus et fonctionnalités d’échange étant alors réservée aux abonnés payants, qui feront partie intégrante du réseau. Il s’agit en effet d’aider les entreprises francophones à mieux comprendre les innovations Web par le biais d’articles de veille et d’analyse, mais aussi en les mettant en relation directe avec une communauté de spécialistes qui deviendront, par le fait même, les animateurs d’une communauté d’affaires d’un tout nouveau genre. Et. à ce titre, nous en sommes encore aux balbutiements du projet.

Des contenus payants sur le Web? Oui, nous croyons que c’est possible, à condition d’offrir une valeur ajoutée propre à Internet, ce que peu de médias ont réellement tenté jusqu’à présent. On se contente souvent de reproduire sur le Web les modèle d’affaires et de production qui ont fait notre richesse au temps des industries physiques et des médias de masse. Un peu comme les Pages Jaunes, justement, qui ont bien saisi la nécessité de déployer leurs annuaires sur le Web, mais qui l’ont fait, jusqu’ici, sans revoir de fond en comble leur produit. Leur offre commerciale est fatalement moins attrayante pour les entreprises ayant pignon sur Web.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire. ;~)

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J’aime beaucoup Martin Ouellette, le président de Provokat. C’est un personnage épicé, inspiré et attachant. Un visionnaire d’une espèce et d’une honnêteté rare, même, puisqu’il est capable de donner une conférence qui remet en cause son propre modèle d’affaires.

Je croise souvent Martin à Yulbiz et, le mois dernier, il m’a parlé d’un billet qu’il voulait publier sur un modèle d’affaires 2.0 qu’il venait d’imaginer lors du RDV Media 2009.  Un modèle d’affaires pour la WebTV, basé sur le don et sur son corollaire, la gratuité. Très intéressé par son raisonnement, je me suis porté volontaire pour en faire cette capsule vidéo.

Pourquoi ? Eh bien parce que je crois énormément qu’il s’agit d’un modèle d’avenir pour les productions WebTV de divertissement et de fiction. Le temps de la propriété intellectuelle est dépassé, la culture doit désormais circuler plus librement et le plus souvent gratuitement, mais les créateurs et les artistes doivent également trouver le moyen de gagner leur vie correctement.

Il faut donc que quelqu’un paie, quelque part. L’État? À part les vedettes reconnues, ce sera difficile. Le public dans son ensemble? Cela va à l’encontre de la tendance qu gratuit que l’on observe depuis quelques années et qui devrait continuer à s’imposer. Alors qui?

  • Des « micro-mécènes », d’abord, c’est à dire des gens comme vous et moi pouvant s’offrir le luxe d’envoyer quelques dollars à des créateurs de contenus numériques ayant de la valeur à leurs yeux, recevant en échange la gratification d’être publiquement associés à leur diffusion. Le ruissellement de contributions modestes a le pouvoir d’alimenter de grandes lacs de création.
  • Des entreprises et des marques, ensuite, qui trouveront encore plus avantage à investir dans des contenus de valeur plutôt que dans des publicités primaires (et la plupart du temps mensongères) fonctionnant de moins en moins. En s’associant à ces communautés de soutien artistique et culturel, elles gagneront leur sympathie et leurs oreilles attentives.

Dans le domaine de la WebTV professionnelle et ciblée, c’est un peu déjà comme cela que je fonctionne moi-même pour certains projets. Mes webdiffusions des soirées-conférences de W3Québec et du 3e Mardi, par exemple, sont produites en coproduction avec des partenaires issus de la communauté qui me soutiennent financièrement. Idem pour le talk show interactif du webcom live, que je produirai à nouveau le mois prochain en co-production avec AgentSolo et Le Lien MULTIMÉDIA. Une fois que mes objectifs stratégiques et financiers sont atteints, le contenu généré peut bien circuler et servir à d’autres fins. Il en va de même pour tous les artisans.

Et il en va de même aussi pour la capsule de Martin. Je l’ai produite à mes frais, mais rien ne vous empêche, si vous la trouvez utile, de me verser ne serait-ce que la moitié de 5 dollars en cliquant sur le bouton ci-dessus. Si cela fonctionne, j’inventerai le « DonatorRoll » en me disant qu’il y a peut-être de l’avenir pour les journalistes reporters d’image indépendants et culottés ;D

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Ce matin, j’ai été interpellé par un gazouilli que Jeff Mignon venait de publier sur Twitter et sur Facebook: « Quel journal redesigné (seulement) a vu ses revenus augmenter? C’est bien que Libé ait de l’argent pour faire de la déco. » Je venais tout juste de lire mes courriels. La newsletter quotidienne de Libération pointait en effet vers un document PDF de deux pages au lieu de la traditionnelle page Web attendue.

Ce choix de format, lourd et inutile dans le contexte de cette nouvelle, n’est pas anodin. En parcourant le dépliant auto-publicitaire, j’ai été sidéré. Voici, pour mémoire, les commentaires que j’ai renvoyés à Jeff par l’entremise de son profil Facebook :

Nuba - body painting by Rita Willaert - Licence Creative Commons BY/NC/SA

  1. C’est complètement ridicule. Je n’en reviens pas que la refonte Internet n’occupe qu’1/12e de page dans leur autopub PDF.
  2. On ne parle que de redesign graphique et éditorial. On introduit des abonnements payants qui ne donneront qu’une valeur ajoutée cosmétique aux abonnés — voir les articles au moment où ils sont envoyés à l’imprimerie, quelle belle affaire!
  3. Il n’y a là aucune vison de la valeur ajoutée d’Internet, de l’hypertexte, de la profondeur de l’info et des sources, enfin, qui restent encore inaccessibles, inviolées.

Au final, je crois qu’il ne faut pas chercher à comprendre cette nouvelle de façon rationnelle. Il faut au contraire l’interpréter de façon anthropologique, en intégrant la dimension irrationnelle qui justifie, même de nos jours, bien des prises de décisions humaines aux conséquences catastrophiques.

Plutôt que d’introduire dans sa refonte les concepts novateurs requis par le passage inévitable d’une économie matérielle à une économie immatérielle; plutôt que de se concentrer sur la valeur tangible de son produit, la valeur ajoutée offerte à ses clients et la logique profonde d’Internet et des médias sociaux, qui reconfigurent inexorablement nos besoins et nos habitudes de consommation de l’information, la direction de Libération a choisi de faire du bruit… avec rien. Elle a choisi le cosmétique, le rituel magique, l’incantation religieuse.

Quand le ciel leur tombe sur la tête, les humains primitifs revêtent des masques à plume, se dessinent des signes magiques sur le corps et exécutent des rituels destinées à chasser les mauvais esprits et à conjurer le mauvais sort. Le nouveau design éditorial de Libé n’apporte à peu près rien de neuf à part des mots creux et des concepts éculés. Il est du même ordre et aura fatalement le même résultat : aucun.

Pire. L’introduction de contenus payants sans réelle valeur ajoutée (voir plus haut) créera un réflexe de méfiance dans le lectorat, qui ne tardera pas à se sentir floué par la minceur des privilèges payants qu’on lui accorde. Or, au contraire, toute offre de contenu payante devrait puiser dans les fabuleux trésors encore inexploités par les entreprises de presse et ouvrir enfin l’accès à des contenus actuellement inaccessibles — ou très peu accessibles :

  • des sources textuelles, audio et vidéo brutes, mais validées, structurées, référencées, en consultation simple ou exportables aux fins d’exploitation par des éditeurs tiers (en mode « remix« ), qu’il s’agisse d’autres médias, de blogueurs, d’entreprises ou d’organisations — bref, ce que j’appelle des « open sources ».
  • des dossiers thématiques exhaustifs, incluant une profondeur inégalée grâce, non seulement aux archives propriétaires du journal, mais également aux liens externes menant vers les pages Wikipédia, articles de blogues, autres sites de médias voire d’entreprises de ce monde qui, tous, constituent des sources auxquelles s’abreuvent les journalistes et auxquelles leurs lecteurs trouveraient probablement enrichissant de pouvoir également s’abreuver.

Cette future architecture de l’information « open sources » nécessite de grands investissements en formation. Les journalistes en place ne veulent pas, aujourd’hui, s’embarrasser avec la production de sources multimédia (audio et vidéo) en temps réel ou quasi réel. Heureusement, la génération qui arrive derrière n’a pas de scrupule à cet égard, d’abord parce que c’est devenu très simple avec les outils dont nous disposons aujourd’hui, mais aussi parce qu’elle a intégré cette dimension dans sa culture. Or, c’est le seul moyen dont la presse « écrite » dispose pour damer le pion aux médias électroniques (radio/TV) et aux médias sociaux sur lesquels l’information circule désormais en temps réel.

Cette future architecture de l’information « open sources » nécessite également le développement de systèmes informatiques complexes permettant de structurer, indexer, présenter, rendre digestes et accessibles ces masses d’informations spécialisées à haute valeur ajoutée. Au lieu de concentrer ses forces humaines et financières sur cet objectif stratégique aux plans économique, technologique et social, Libération investit son temps et son argent dans un rituel de cosmétique journalistique qui n’a aucune chance de fonctionner. C’est bien dommage.


Photo : Sudan deel 4 – De Nuba school / body painting
Photographe: Rita Willaert
Licence: Creative Commons BY/NC/SA


PS : Si vous êtes à Montréal (Québec) le week-end du 19-20 septembre, venez discuter du modèle d’affaires du journalisme « open sources » à Podcamp Montréal. Plus nous serons de fous à refaire le monde des médias et plus rira bien qui rira le dernier ;~}


Mise à jour @ 18h22 : Il y a quelques jours, 01net écrivait qu’« une application payante très innovante permettra d’accéder à d’autres services, dont on ne connaît pas encore la teneur ». Espérons que Libé ira dans le sens de l’ouverture des sources, de l’info multimédia, du temps réel et du remix. Si c’est le cas, je réviserai ma position en conséquence…

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Après notre entrevue avec Philippe Le Roux consacrée aux médias, nous avons profité du passage à Montréal de Jeff Mignon, éditeur du triple blogue Media Café, pour obtenir son éclairage sur la question.

Jeff est en effet fondateur et CEO de 5W Mignon Media, une firme internationale de conseil média basée à New York et dont la liste de clients est assez impressionnante: Le New York Times, L’Associated Press, Agoravox, Le Monde, le groupe suisse Edipress et, au Canada, Transcontinental, Québécor, Sun Media, etc. Il est aussi l’un des inventeurs des premiers quotidiens pour enfants dans le monde publiés par le groupe Play Bac (2.5 millions de lecteurs en France).

Jeff confirme que les revenus traditionnels des médias sont sur une pente très glissante: les « pure plays » comme Google et MSN dominent désormais le marché de la pub locale aux États-Unis. Pour enrayer le fléau, les groupes de presse devront continuer à s’adapter aux environnements numériques et les journalistes devenir, eux aussi, un peu plus multimédia. Mais le problème majeur, d’après lui, c’est le manque d’entrepreneurs au sein de groupes de presse dirigés par des journalistes et des gestionnaires ayant le réflexe de défendre leur marque au lieu d’inventer des produits et des modèles d’affaires innovants.

Quelques lectures complémentaires sur Media Café:

Cette entrevue a été publiée le 13 février 2008 sur Intruders TV Canada, un blogue collaboratif qui a été fermé abruptement par Thierry Béziers en mars 2009.

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L’agence montréalaise VDL2 actualise chaque années ses « Tendances Internet », une analyse stratégique des évolutions en cours et de leurs enjeux majeurs. La nouvelle mouture publiée le 10 janvier dernier affirmait que « les médias ont atteint le point de non-retour face aux bouleversements provoqués par l’essor d’Internet ». Pour mieux comprendre ce qu’il y avait de neuf, nous sommes allés rencontrer Philippe Le Roux, président de VDL2 et principal auteur de ce rapport.

Baisse des revenus publicitaires des quotidiens de 8,7 %, l’an dernier, aux États-Unis; diminution de 2 % de la tarte publicitaire des stations de radios et de télévision; hausse concomitante de la pub sur Internet de 15 à 30 % selon les pays; uniformisation des dépêches d’agences diffusées par la presse en général; soif d’originalité et de points de vue différents de la part des internautes… La table serait donc mise pour la grande et irréversible mutation des modèles d’affaires des médias traditionnels. À bon entendeur… Action !

Cette entrevue réalisée en duo avec Laurent Maisonnave a été publiée le 4 février 2008 sur Intruders TV Canada, un blogue collaboratif qui a été fermé abruptement par Thierry Béziers en mars 2009.

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