Mois : janvier 2005

Ubu Prince Bonne annĂ©e. Ceci Ă©tant dit avec beaucoup d’Ă©loquence et sans que nul ne puisse me taxer d’hypocrisie, venons-en au fait : il faut abolir la monarchie car elle est contraire aux droits de l’homme et au principe de libertĂ©.

Je m’explique. Le prince Harry fait scandale. Pourquoi? InvitĂ© Ă  « une fĂŞte d’anniversaire dont la thĂ©matique Ă©tait l’Afrique coloniale, le jeune prince s’est prĂ©sentĂ© (…) vĂŞtu en officier [allemand] de l’Afrika Corps » ornĂ© d’une croix gammĂ©e. Pas bon, ça, Prince coco.

« Dans sa lettre d’excuse, Harry avoue avoir tout bonnement manquĂ© de jugement pour le choix de son costume. » Un peu con mais pas trop, le prince. N’importe quel hooligan aurait pu s’en tirer par cette pirouette en s’attirant les bonnes grâces du jury ou, Ă  tout le moins, les circonstances attĂ©nuantes. Le troisième prĂ©tendant au trĂ´ne d’Angleterre a dĂ» subir, lui, une campagne de presse internationale sans pitiĂ©. C’est injuste!

Pensez Ă  la pauvre reine Elizabeth, condamnĂ©e Ă  se promener jusqu’Ă  la fin de ses jours avec une pièce montĂ©e sur la tĂŞte. Au moins, personne apparemment ne se moque d’elle — et pour cause : aux yeux des monarchies dĂ©mocratiques, comme nous le rappelle Aujourd’hui le Maroc, seule la figure rĂ©gnante est inviolable et sacrĂ©e. Son frère et sa belle soeur, en revanche, ont Ă©tĂ© forcĂ©s d’abdiquer afin de jouir d’un minimum de vie privĂ©e. Quant Ă  Lady Di — tu parles d’un surnom lourd Ă  porter! — elle vĂ©cut un enfer encore plus terrible que StĂ©phanie de Monaco jusqu’Ă  ce qu’un cocktail lĂ©thal de paparazzis et d’alcool creuse son tombeau au fond d’un tunnel.

De nos jours, les princes et princesses ont la vie dure. Tout bardĂ©s de prestige qu’ils soient, la monarchie dĂ©mocratique (hum… cherchez l’erreur) les soumet Ă  une tyrannie mĂ©diatique incompatible avec le respect de la vie privĂ©e et la libertĂ© d’expression qu’elle revendique pour ses simples citoyens. Face Ă  cette injustice flagrante, Ă  cette citoyennetĂ© Ă  deux vitesses, il n’y a que deux solutions : le retour Ă  la monarchie absolue ou son abolition pure et simple.

N’ayant pas d’intĂ©rĂŞt objectif pour la première, je choisis sans hĂ©siter l’abolition. ExĂ©cution.

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