Gouvernement numérique: le Canada en marche vers l’ouverture et l’agilité

Publication LinkedIn d'Alex Benay, CIO du Canada

C’est dans mon flux d’actualités LinkedIn que je viens de découvrir l’existence du Digital 5 (D5), un réseau de cinq pays engagés dans le développement de leurs infrastructures de gouvernement numérique. Depuis ce matin, ce groupe vient de passer à la version « D7 » avec l’addition de deux nouveaux membres: le Canada et l’Uruguay.

Qu’ont donc en commun l’Estonie, Israël, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, le Canada et l’Uruguay?

  1. Leurs gouvernements s’engagent à renforcer leurs économies numériques en adoptant le principe d’ouverture (du code et des données), les standards ouverts et les logiciels libres.
  2. Ils affirment aussi vouloir développer leur infrastructure en attribuant des contrats plus petits et plus courts à des PME plutôt que de gros et coûteux éléphants blancs à de grosses firmes.

Ces deux engagements signalent l’avènement d’une nouvelle ère pour les projets numériques fédéraux marquée par plus d’agilité, de modularité, de réutilisation, de mutualisation — bref, de développement durable. C’est aussi le signal d’un renouvellement du secteurs des services informatiques, puisque des entreprises moyennes comme mon ancien employeur et d’autres devraient avoir un bien meilleur accès aux appels d’offres du gouvernement, lui transmettant ainsi expertises uniques, efficience et réactivité.

On entend tellement de mauvaises nouvelles, ces temps-ci, concernant l’avenir de la démocratie que je me réjouis aussi de déceler dans celle-ci une tendance profonde vers la connexarchie — cette wirearchy, en anglais, conceptualisée par Jon Husband. Puisque le médium est le message, parait-il, j’espère que ce dernier pénétrera dans l’appareil gouvernemental, y infusant des politiques de gestion des ressources humaines plus agiles et plus épanouissantes. On peut toujours rêver, n’est-ce pas?

▶ Cet article de iPolitics (en anglais) contient quelques citations rafraîchissantes d’Alex Benay, CIO du Canada, telles que:

« Yes, we have had some major debacles and failures and it is impossible not to talk about those, but, to be frank, so has every other country. (…) We may seem to think our failures are greater than other places but they really are not and some of our achievements are pretty cool. »

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Hydro-Québec: transition énergétique et communication responsable

Dash 8 d'Hydro-Québec - abdallah 2010 via Flickr

Contrairement à ce que certains peuvent penser, la « Baie James du XXIème siècle » ne consiste pas à développer de nouveaux mégaprojets hydroélectriques mais plutôt à ce qu’Hydro-Québec s’engage totalement dans la transition énergétique. Celle-ci passe pas un important changement de culture qui a peut-être déjà commencé. Son PDG prônait en effet récemment une communication plus responsable.

Hydro-Québec… et plus encore!

La transition énergétique implique de délaisser les hydrocarbures et de développer les énergies renouvelables. L’hydroélectricité en est une, mais c’est loin d’être la seule. Des alternatives comme que le solaire, l’éolien, la biomasse ou la géothermie doivent également entrer dans l’assiette énergétique des Québécois et y prendre une place de plus en plus grande.

Augmenter la résilience

À l’horizon 2030, en effet, la transition ne devra pas seulement avoir pour effet de réduire les coûts, augmenter les exportations et rendre notre économie moins polluante. Le réseau devra également gagner en robustesse afin d’augmenter l’autonomie et la résilience des Québécois face aux aléas climatiques, toujours plus extrêmes et imprévisibles. Aujourd’hui, l’approvisionnement énergétique des foyers et des entreprises est encore trop à la merci des « pannes d’Hydro ».

L’un des choix majeurs identifiés avant même la naissance du réseau Internet, outre son intéropérabilité, est celui du protocole IP dont la résilience lui permet de continuer à fonctionner en cas de panne d’une partie de ses composants. Un autre choix important datant de 1974 fut celui le « dumb network« , parfois traduit pas « réseau passif », ce qui signifie que l’intelligence du réseau se trouve non pas en son centre mais dans ses millions de terminaux. C’est ce qui a favorisé la prolifération exponentielle des contenus, applications et innovations de toutes sortes — et, en passant, c’est ce que les défenseurs de la neutralité du Net tiennent à préserver.

Une révolution économique et sociale

Une projection d’Hydro-Québec dans l’économie numérique du XXIème siècle ne peut pas ignorer ces principes fondamentaux. C’est pourquoi elle s’intéresse désormais à l’autoproduction d’électricité par des maisons intelligentes. Au cours d’une entrevue accordée au Journal de Québec, son PDG, Éric Martel, évoque ce que les Américains qualifient de « spirale de la mort » :

Si les gens commencent à autoproduire avec du solaire, ils consommeront moins. Mais on a autant de transformateurs, de fils électriques à acheter. Donc, les tarifs vont monter. Ce qui va rendre l’autoproduction encore plus rentable. C’est ça, la spirale meurtrière.

Une révolution culturelle

Pour arriver à développer un « smart grid » (réseau électrique intelligent) adaptés aux défis de notre époque, il va falloir changer la culture des décideurs politiques autant que celle de la société d’état. Vu la taille de celle-ci, ce ne sera pas chose facile. Cependant, si cette seconde citation d’Éric Martel est exacte et corroborée par les faits — gardons-nous quand même une p’tite gêne, — on est sur la bonne voie:

Il y avait une méfiance qui s’était installée envers Hydro-Québec, comme quoi on ne disait pas toujours tout, qu’on ne disait rien en fait. Maintenant, je leur dis : “Allez-y, on n’a rien à cacher et si on s’est trompé, on s’est trompé.”

Cette orientation s’inspire des principes de la communication responsable qui vise à informer plus qu’à contrôler, privilégiant le réel, la cohérence et la fiabilité. Elle intègre les valeurs du développement durable que sont la sincérité, la transparence et la collaboration et pose ainsi les bases d’une relation profondément renouvelée avec les citoyens. À suivre…

Pistes complémentaires

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King Coderre ou le choix résigné de l’establishment

Denis Coderre au lutrin, portant la couronne du Prince de Galles, sur fond de paysage panoramique du centre-ville de Montréal

Sans surprise, l’éditorialiste du quotidien Le Devoir se range aux côtés de l’establishement et du néoconservatisme en exprimant son choix pour pour Montréal. En appelant à voter pour Denis Coderre avec un bémol, il commet en effet la même erreur que l’establishment démocrate américain qui appela à voter pour Hillary Clinton au détriment de Bernie Sanders — avec le résultat que l’on connaît.

L’équipe « Déni » Coderre

Ne soyons pas dupes. Brian Myles reconnaît en effet l’immense imperfection du maire sortant: « Sous sa façade tout en bonhomie, Denis Coderre est un politicien roublard, allergique à la critique, centralisateur et revanchard. » Bien dit. Mais ni son aventure « pitoyable » dans la Formule E, ni sa proximité avec le promoteur Evenko, « symbolisée par l’abattage de 1000 arbres au parc Jean-Drapeau, sans consultation », ni sa « lubie » inacceptable et ô combien populiste de faire financer par la Ville une équipe de baseball professionnel ne l’amènent à insuffler dans ses propos l’espoir d’échapper à notre triste destin de colonisés. Votons donc Coderre et courbons l’échine jusqu’en 2021 — tel est son message, pitoyable et résigné.

Projet Montréal : une voix forte et structurée

Pas du tout certain, cependant, que l’entourage du maire sortant soit en mesure de lui expliquer « la différence entre la détermination et l’arrogance », le maître à voter du Devoir ne voit de salut que dans « une opposition forte et structurée, que Projet Montréal incarne à merveille ». Ah!!! Il reconnaît notamment que le parti de Valérie Plante « s’est distingué par sa capacité d’écoute et de défense des intérêts des citoyens, au risque de s’aliéner les commerçants, et surtout les automobilistes de passage ». Il ne s’agit donc pas, ici, d’arrogance, mais de courage politique, de cohérence, de détermination.

Le beau risque de l’avenir

Nous pouvons échapper à la fatalité centralisatrice et passéiste d’un pouvoir municipal opaque privilégiant systématiquement l’ambition individuelle et le profit immédiat au détriment du destin collectif. Nous devrions au contraire privilégier la vision de proximité, de justice sociale, de conscience écologique, participative et solidaire mise de l’avant par les équipes de Projet Montréal dans tous nos arrondissements.

La défense de l’intérêt des citoyens n’est pas incompatible, fort heureusement, avec la gestion politique solide d’une grande ville centre tournée vers l’avenir. Au contraire. Le parti de Valérie Plante regorge lui aussi d’expérience, de talent et de diversité. Prenons le « beau risque » de lui faire confiance et que la nouvelle mairesse fasse ses preuves, tout comme nous avons permis à l’ancien ministre libéral de faire les siennes à titre de maire en 2013.

Car entre temps, malheureusement, « Kid Coderre » s’est transformé en « King Coderre » et cette mutation malsaine ne disparaîtra pas par enchantement. Parions sur l’avenir. Inventons ensemble une forme actualisée de démocratie municipale au lieu de subir la caricature monarchique que tente cyniquement de nous vendre l’establishement.

VOTONS PROJET MONTRÉAL!

Valérie Plante et l'équipe Projet Montréal d'Outremont

Valérie Plante avec l’équipe de Projet Montréal – Outremont, le 29 août dernier

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Changer de job pour mieux changer le monde

J’ai vécu de bien belles aventures au cours de mes presque 40 années de carrière, parfois insolites et imprévues. Après mon départ de Savoir-faire Linux en mars dernier, le temps était revenu de faire le point afin de trouver ce nouveau souffle, ce nouvel engagement encore plus grand — bref ce nouveau job auquel j’aspirais.

Heureusement, le filet social canadien n’est pas encore un trou noir. J’ai bénéficié de généreuses prestations de chômage issues de la contribution financière de millions de travailleurs et employeurs à travers le pays. C’est précieux, ça. J’espère que nous saurons le conserver.

Mes étoiles se sont finalement alignées fin juillet. J’ai donc le plaisir d’annoncer à tous mes anciens collègues et relations professionnelles réunies sur LinkedIn que j’entrerai en poste le 2 septembre 2016 chez… chez… allez, encore un peu de patience, vous saurez tout à la Fête du Travail. 🙂

Merci à tous!

Lucky Luke dit "MERCI"Avant de me remettre à contribuer généreusement à la caisse de l’Assurance Emploi, j’aimerais remercier sincèrement tou(te)s celles et ceux parmi vous qui m’ont encouragé en recommandant ici mes compétences et en témoignant publiquement de la qualité de mon travail pendant cette période.

Un très gros merci à mes anciens patrons et collègues Michel Vanier (RISQ), Christophe Villemer et Jonathan Le Lous (Savoir-faire Linux) ainsi que Philippe Martin, le « passeur de liens » de La Fabrique de blogs, qui m’ont appuyé de la mise en relation initiale (et discrète) au moment décisif du choix entre les meilleurs candidats. Du fond du cœur, merci à tous.

À propos de mon réseau Linkedin

Notre réseau professionnel est un bien inestimable. Unique et intangible, il se construit au fil des années, des opportunités que l’on y saisit et des contributions qu’on y verse. Je suis très fier du mien tel qu’il se dévoile aujourd’hui sur LinkedIn et c’est la raison pour laquelle j’essaie d’y conserver un portefeuille de connexions aussi pertinent que possible depuis une dizaine d’année.

Lieux de culte à Outremont: quel est le problème?

Rouleau de la TorahJ’ai eu l’occasion de m’exprimer publiquement, lors de la consultation publique du 24 mai dernier, au sujet du projet de règlement interdisant les nouveaux lieux de culte sur les deux seules artères commerciales d’Outremont où ils étaient encore autorisés. Limité par le temps, je n’ai cependant pu livrer qu’une toute petite partie du message que j’avais préparé. Je me suis donc restreint à la première partie, plus appropriée au contexte et moins polémique (chat échaudé craint l’eau froide!), mais je tenais à ce que le reste soit connu de nos élus. Je leur ai donc adressé le texte que voici:

Madame la Mairesse,
Mesdames les Conseillères,

Comme vous le savez, nous sommes en 2016. Tous les jours, le monde change un peu plus et je ne crois pas qu’il soit prêt de s’arrêter. Je ne reviendrai pas sur le fond de la question qui nous réunit ce soir, et dont les seules alternatives ont fort bien été présentées, le 1er décembre 2015, ici même, par MM. Jean Larin et Guy Archambault. Les vidéos de leurs deux interventions sont disponibles en ligne, sur Facebook et YouTube. Je parlerai donc de lieux de culte et de revitalisation de nos artères commerciales :

1) En ce qui concerne la rue Laurier, il y aurait pas mal de travail de pédagogie à faire pour me convaincre qu’il y a là, aujourd’hui, un problème. Les commerces de luxe et semi-luxe abondent dans cette rue et ses restaurants ne donnent pas l’impression d’être à l’abandon. Ce n’est pas l’ouverture éventuelle d’une ou deux synagogues qui pourraient les mettre à mal, surtout si vous légifériez de façon intelligente, concertée avec la seule et unique communauté religieuse réellement visée, sur la façon de le faire adéquatement.

2) En ce qui concerne la rue Bernard, l’activité commerciale y semble à peine moins prospère, mais il est tout de même notable que plusieurs commerces sont fermés et que certains d’entre eux semblent moins achalandés que d’autres. À qui la faute? À la présence de la communauté hassidique dans cette rue ou dans le quartier? Allons donc!

Sous l’effet d’une inflation foncière qui ne fait l’affaire que des propriétaires déjà établis sur le marché, il est de notoriété publique que les jeunes familles sont nombreuses à délaisser les centre-villes pour la banlieue. Nous sommes également nombreux à avoir pris l’habitude de fréquenter les grandes surfaces et centres d’achat qui ne pullulent pas dans notre quartier. Voilà qui n’aide pas vraiment le commerce local.

Enfin, Internet et les réseaux sociaux nous fournissent maintenant tous les outils permettant de comparer les prix d’un magasin et d’un quartier à l’autre, voire à acheter nos produits non essentiels en ligne, sur Amazon, sur eBay, et à nous les faire livrer du Canada, des États-Unis, de Chine ou d’ailleurs. Croyez-moi, on ne s’en prive pas.

Bref, si votre intention est réellement de dynamiser le commerce sur ces deux rues, je pense qu’il y a bien d’autres actions plus prioritaires à imaginer. Quelques exemples :

  • Créer des zones de stationnement automobile de moyenne durée abordables, nombreuses et faciles d’accès à proximité des zones commerciales.
  • Accueillir à bras ouverts les auto-partages et les stations de Bixi (même si celles-ci font un peu de bruit au pied des immeubles: il faut choisir entre l’achalandage et la tranquillité absolue).
  • Accroître l’autre mixité de la zone Bernard en travaillant à l’ouverture d’un ou deux nouveaux lieux culturels (cinéma répertoire, café-théâtre, bar-discothèque, petit musée, etc.) qui appuieraient et diversifieraient la mission jusqu’ici dévolue au seul Théâtre Outremont.
  • Créer un mini-festival de musique ou autre dans le Parc St-Viateur afin d’amener de nouveaux publics dans notre quartier et leur en faire découvrir les attraits.
  • Et un dernier, un peu plus fantaisiste : réquisitionner tout un bloc et le confier à un promoteur qui le transformerait en grand centre d’achat « Quartier Outremont » capable de rivaliser avec le futur complexe Quinze40. Voilà qui ferait marcher le commerce!!! 😉

Je n’ai pas la prétention, ceci dit, d’apporter de solution miracle à la question des rues commerciales. Ce que je sais, c’est que la communauté juive hassidique n’est en rien responsable des difficultés que peuvent connaître les commerces de détail de notre arrondissement, de toute évidence partagés par la plupart des rues commerçantes de la ville.

Ce que je sais, c’est que l’identité canadienne-française a survécu à 350 ans de conquête grâce à son très haut taux de natalité. Ce taux a drastiquement chuté au cours des dernières décennies, mais pas dans les communautés hassidiques qui, effectivement, d’ici 20 ou 30 ans, seront très probablement présentes dans notre quartier en plus grand nombre qu’aujourd’hui. Ce n’est pas en brimant leurs moyens d’exercer leurs pratiques religieuses à la fois dans les zones résidentielles et les zones commerciales que vous repousserez cette réalité.

Que cela nous plaise ou non, cette population à l’identité affirmée a besoin de lieux pour vivre, pour prier, pour éduquer ses enfants et pour magasiner. Que cela nous plaise ou non, elle est maintenant fermement implantée dans le quartier et prospère sans trop de difficultés de l’autre côté de la frontière, fort heureusement poreuse, séparant Outremont du Plateau. Je ne crois donc absolument pas qu’elle quittera Outremont sans mener toutes les batailles médiatiques, légales et civiques qu’elle jugera nécessaire pour y conserver ses droits fondamentaux, reconnus par les chartes municipale, nationale, fédérale et internationales.

Aussi étrange que cela puisse paraître, plus vous tenterez de contenir par la force la croissance naturelle de cette population, plus elle recevra de support de l’extérieur. Il ne vous restera plus qu’à choisir entre la déportation pure et simple, en banlieue ou ailleurs, et le ghetto religieux, solution détestable à laquelle vous nous conviez présentement avec votre promesse d’ouvrir, plus tard, une étroite zone aux lieux de culte à l’extrême pointe nord-est de l’arrondissement.

Il est encore temps de choisir une autre voie : celle de la concertation citoyenne réaliste, ouverte, intelligente. Merci.

Plan d'Outremont

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Une vision citoyenne des lieux de culte à Outremont

Guy Archambault, citoyen d'Outremont, s'exprime.

Voici un extrait de la consultation publique du 1er décembre 2015 sur le projet de règlement municipal interdisant les lieux de cultes sur les artères commerciales de l’arrondissement d’Outremont. Rappelons que la création de nouveaux lieux de culte y est déjà interdite partout ailleurs.

M. Guy Archambault, résident d’Outremont, ancien diplomate du Service extérieur canadien et ancien membre du Comité consultatif sur les relations intercommunautaires de l’arrondissement, exprime une approche réaliste mais respectueuse des droits fondamentaux, de la diversité culturelle et des intérêts de tous les Outremontais (car je pense qu’ils y gagneraient tous) face à cette question. C’est celle que la communauté hassidique et Les Amis de la rue Hutchison demandent aux citoyens de promouvoir et de défendre, au Conseil d’arrondissement comme dans cette pétition.

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Une vision sectaire des lieux de culte à Outremont

Jean Larin, citoyen d'Outremont, s'exprime.

Voici un extrait de la consultation publique du 1er décembre 2015 sur le projet de règlement municipal interdisant les lieux de cultes sur les artères commerciales de l’arrondissement d’Outremont. Rappelons que la création de nouveaux lieux de culte y est déjà interdite partout ailleurs.

M. Jean Larin, résident de l’arrondissement, ancien journaliste et directeur exécutif de Radio-Canada International, exprime un point de vue littéralement « sectaire » envers la minorité hassidique. Ce faisant, il révèle l’enjeu sous-jacent d’un projet de règlement qui, sans le dire ouvertement, vise à stopper l’expansion de cette communauté dans le quartier. Madame la Mairesse Marie Cinq-Mars doit s’y reprendre à deux fois pour l’arrêter, s’évertuant à balayer sous le tapis ce message tout en exprimant son admiration pour le messager.

J’aurais bien aimé qu’elle me gratifie de son admiration, moi aussi, en 2014… 😉

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Relisons la Charte montréalaise des droits et responsabilités

Illustration: la ville (anonyme)

Illustration: la ville (anonyme)Conçu dès le départ « par les citoyens et pour les citoyens », la Charte montréalaise des droits et responsabilités est un texte fondamental de la Ville de Montréal qui me semble encore trop méconnu.  En vigueur depuis le 1er janvier 2006, révisée en 2011, elle s’inscrit dans la lignée et en complément de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec (1975) et de la Charte canadienne des droits et libertés. Il est très intéressant de lire attentivement ce texte car il peut aider nos différentes communautés à parler à tout le moins le même langage juridique et social.

Voici quelques exemples d’articles que tous les habitants d’Outremont, sans exception, devraient méditer plus souvent:

ARTICLE 12 | Le cosmopolitisme de Montréal représente une richesse mise en valeur par la promotion de l’inclusion et de relations harmonieuses entre les communautés et les individus de toutes les origines.

ARTICLE 13 | Montréal est une ville de langue française où les services municipaux à l’intention des citoyennes et des citoyens sont, eu égard à la loi, également accessibles en anglais.

ARTICLE 14 | Chaque citoyenne et chaque citoyen de la ville de Montréal a le devoir de ne pas porter atteinte aux droits des autres.

ARTICLE 20 | Aux fins de favoriser la jouissance par les citoyennes et les citoyens de leurs droits culturels, la Ville de Montréal s’engage à (…) soutenir le développement et la diversité des pratiques culturelles;

Article 27 | Les citoyennes et les citoyens jouissent d’un droit à des services municipaux de qualité et participent, avec l’administration municipale, à un effort collectif visant à assurer la jouissance d’un tel droit. Ils y contribuent (…) notamment en prenant part au maintien de la propreté dans la ville.

Bien entendu, il y a beaucoup d’autres articles intéressants et chacun pourra trouver, dans ce document traduit en huit langues, matière à réflexion afin d’améliorer sa propre attitude mentale et ses relations de bon voisinage.

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Pierre Lacerte divague toujours mais ne répond plus

Pierre Lacerte ou le canard déchaîné

Pierre Lacerte ou le canard déchaînéCe commentaire a été rédigé et soumis sans relecture le 23 mars 2015 dans le fil du billet de Pierre Lacerte intitulé LES NOUVEAUX RÉSERVISTES ou LA CHASSE AUX TROPHÉES. Après une semaine, l’ancien journaliste ne l’avait toujours pas publié ni daigné m’expliquer pourquoi. Afin de ne pas regretter cette fin de non recevoir,  j’ai décidé d’archiver dorénavant tous mes commentaires non publiés ici. Ceux qui s’intéressent aux questions touchant les relations des communautés hassidiques d’Outremont auront ainsi le loisir de reconstituer le dialogue de sourds opposant deux dangereux extrémistes laïques francophones[1] au sujet des communautés hassidiques d’Outremont.
Comme chacun sait, le ridicule ne tue pas. Il me semble encore préférable de m’y exposer que de ne pas réagir au monologue obsessionnel auquel le «canard déchaîné» d’Outremont[2] convie régulièrement la population qui pense comme lui — et elle seule.


Tu racontes n’importe quoi, Pierre Lacerte. Permets-moi, en toute transparence, de te tutoyer ici comme nous nous tutoyons aimablement lorsque nous nous croisons à la Salle du Conseil, au café ou dans la rue. Nous sommes parfois adversaires, mais te dire clairement ce que je pense ne fera jamais de moi ton « ennemi ». Si c’est ce que tu crois, je dis que tu te trompes et je te prie au moins de me considérer comme ton « meilleur ennemi ».

Bref, je n’ai lu que quelques lignes de ce nouveau brûlot imprégné de haine et d’insultes à peine dissimulées, mais c’est assez pour que je livre ici ce commentaire. Commençons par cette citation:

«Let’s consider the Jew who fights anti-Semitism. He will find anti-Semitism everywhere, even on an empty island or in the Sahara. The obsessed person becomes funny because he cannot see the exception to the rule, or he creates nonexistent rules.»

Considérons de la même manière l’anti… allez, soyons sympa — disons l’anti-hassidique, voire même, pour être vraiment gentil, l’anti-sectaire… Considérons donc l’anti-sectaire combattant l’esprit et la culture sectaire. Il verra des sectes partout, même sur la rue Hutchison et dans la paisible demeure d’agnostiques francophones ayant le malheur (à ses yeux) de défendre, pour la communauté hassidique d’Outremont, le même droit de vivre en paix dont ses pairs disposent notamment dans le Mile-End ou NDG.

Obsédée pas l’ultime et vaillant combat pour lequel elle aura sacrifié l’essentiel de sa vie — sa maison, son travail, sa famille et probablement beaucoup d’amis — publiant pendant des années un blogue uniquement axé sur ce seul et unique sujet d’obsession compulsive, cette personne, en deviendrait presque drôle si sa situation et l’animosité qu’elle entretient à grand frais dans le quartier n’était au fond très triste et délétère.

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, tu aurais écrit
Si tu avais un peu moins de lettres et plus d’esprit :
Mais d’esprit, ô le plus sectaire des êtres,
Il ne t’en reste plus guère, et de lettres
Tu ne discernes plus que les trois qui forment le mot : JEW !

Je suis trop las de cette stupide querelle pour perdre mon temps à contredire un par un tes sophismes et autres faux arguments. Non pas que tu aies tort sur chaque élément d’information habilement étalé sur cette nouvelle tartine nauséabonde — car nul n’est parfait, pas même le Peuple Élu, et il y a certainement quelques points valables qui mériteraient d’être discutés de bonne foi, si je puis dire — mais parce que l’analyse que tu en fais est viciée dès l’origine. Tu n’as plus l’esprit clair dans ce dossier. Tu es animé par une Sainte Colère qui aurait pu faire de toi, en d’autres circonstances, un prophète ou un dictateur.

Reviens sur Terre, cher « meilleur ennemi ». Mets-toi à la place des gens raisonnables qui tombent à l’occasion sur tes pamphlets bourrés de sarcasmes et d’anti-je-ne-sais-quoi. Comme moi, certains se disent: « Quel dommage! Que de talent gâché! Que d’obscurantisme dans cette débauche de lumières! Quel comportement excessif, obsessif et sectaire[3]! ».

Nous sommes au 21ième siècle. Paix à toutes les personnes et communautés de bonne volonté respectant l’ordre public, leur prochain, la liberté et les opinions de chacun (incluant les tiennes et celles des Croisés Laïques d’Outremont). 🙂

Ami Calmant,

Christian Aubry

Résident permanent au Canada et contribuable montréalais depuis 1989
Résident et contribuable foncier d’Outremont depuis 2013

Notes

[1] LOL 🙂
[2] C’est l’un des noms d’oiseaux dont j’aime bien le gratifier, moi le «sympathisant zélote»
[3] Sectaire (adjectif et nom) – Se dit de quelqu’un qui, par intolérance ou étroitesse d’esprit, se refuse à admettre les opinions différentes de celles qu’il professe : <em>Une attitude de sectaire.</em> (Larousse)

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Ville intelligente… et lieux de culte à Outremont

À l’heure de la « Ville intelligente », quelque 260 citoyens ont participé, le 1er décembre, à une consultation publique de l’arrondissement d’Outremont portant sur un projet de règlement qui interdirait l’ouverture de nouveaux lieux de culte sur les avenues Bernard et Laurier. Mes activités professionnelles m’ont empêché d’y assister, mais voici l’essentiel de la lettre que j’ai envoyée au Conseil d’arrondissement, ce jour-là:

« Certains citoyens de notre arrondissement croient, à bon droit, qu’il est dommage de transformer des lieux de vies publiques (tels que le restaurant la Mère poule ou la Rôtisserie Fusée) en des lieux « fermés », puisque réservés à une seule communauté. La rue Bernard, disent-ils, devrait conserver sa vocation commerciale. Je peux comprendre ce point de vue.

Personnellement, je ne le partage pas car l’expansion de la communauté juive hassidique m’apparait comme une réalité incontournable qu’il est inutile de nier. Par essence, cette communauté a besoin de lieux de rencontre et de pratique religieuse et culturelle. Si on l’en empêche sciemment, c’est que l’on tolère à peine son existence en lui refusant toute croissance naturelle.

En ce cas, c’est sur cela qu’il faut faire porter clairement le débat: la communauté juive hassidique est-elle devenue indésirable, dans la durée, à Montréal et à Outremont? Si oui, pourquoi? Quel danger fait-elle planer sur la population? A-t-elle des velléités terroristes? Son comportement est-il source de troubles sociaux importants qu’il serait urgent de corriger? Comment s’y prendre? Et comment notre arrondissement compte-t-il régler le problème à long terme que cette cohabitation jugée difficile? En redoublant d’efforts pour la marginaliser ou en améliorant la communication susceptible de la mener vers une meilleure intégration?

En confinant les usages cultuels au nord de Van Horne, loin des lieux de vie ordinaires, en repoussant là une industrie religieuse que l’on ne saurait voir, on ne fera, à mon avis, que retarder toute possibilité d’intégration harmonieuse des nouvelles générations à long terme. Je trouve cela vraiment déplorable, d’autant que j’entretiens de très bonnes relations avec plusieurs familles de voisins hassidiques avec lesquels j’échange parfois de menus services de bon voisinage et, j’oserais dire, de fréquents témoignages d’amitié.

Ceci dit, toute cette affaire pourrait effectivement être mise sur la table, exprimée, discutée et négociée de façon acceptable pour tous. Au lieu de ça, votre administration a délibérément mis le feu aux poudres en autorisant la transformation à cet effet d’un local sur Bernard cet été, puis concocté en catimini ce plan dont je comprends fort bien l’inacceptabilité pour l’une des parties, le soumettant maintenant tel quel à une consultation publique qui va inévitablement générer énormément de méfiance, de rancœur, de frustration de part et d’autre.

Au lieu de régler la question de façon rigoureuse, par étapes successives, en préservant la paix et l’harmonie sociale, cette consultation publique mal ficelée va accentuer un peu plus l’état d’esprit conflictuel qui règne à Outremont, depuis de nombreuses années maintenant. C’est vraiment navrant et, pardonnez-moi de vous le dire, je trouve que cela parachève un échec administratif et politique cuisant dans ce dossier, imputable à toutes les administrations qui se sont succédé, à Outremont, ces vingt dernières années, incluant la vôtre. »

Une « ville intelligente », Outremont?

En clair, dans la mesure où il concerne tous les lieux de culte, ce projet de règlement ne m’apparait pas légalement discriminatoire. Mais le problème est ailleurs, essentiellement dans la mauvaise communication qui règne entre l’administration d’Outremont, son personnel politique, ses citoyens en général et sa communauté hassidique en particulier.

Avant d’en arriver à un projet de règlement contraignant, évidemment vécu comme une humiliation de plus par la plupart des citoyens Juifs du quartier, il aurait été beaucoup plus intelligent de mettre sur pied un groupe de concertation représentatif qui prenne le temps de débattre calmement des problèmes soulevés à plusieurs reprises. Ainsi, toutes les parties aurait pu faire valoir à l’autre ses griefs et ses besoins légitimes. Avec un peu de bonne volonté de part et d’autres, on en serait certainement arrivé à une entente qui n’aurait pas fait l’objet d’une levée de boucliers lors de la consultation publique préliminaire à l’adoption du nouveau règlement.

Évidemment, en procédant de façon musclée, en jouant la carte du populisme identitaire et en confortant ainsi les préjugés des uns et des autres, on ne peut arriver qu’à des positions de tranchées. L’enfer, c’est toujours les autres, n’est-ce pas? Vivement donc que le concept de « ville intelligente » débarque à Outremont. Et je ne parle pas de technologie, ici, mais de culture du « vivre ensemble ». Dans cet arrondissement comme sur toute la planète, l’avenir est pour l’heure aussi incertain que le temps qu’il fera le mois prochain.

▸ À écouter: captation audio du Conseil d’arrondissement du 16 novembre sur le sujet.

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