L’antisémitisme subliminal de Pierre Lacerte

Pierre Lacerte ou le canard déchaînéCe commentaire a été rédigé et soumis le 23 mars 2015 dans le fil du billet de Pierre Lacerte intitulé LES NOUVEAUX RÉSERVISTES ou LA CHASSE AUX TROPHÉES. Après une semaine, l’ancien journaliste ne l’avait toujours pas publié ni daigné m’expliquer pourquoi. Afin de ne pas regretter cette fin de non recevoir,  j’ai décidé d’archiver dorénavant tous mes commentaires non publiés ici. Ceux qui s’intéressent aux questions touchant les relations des communautés hassidiques d’Outremont auront ainsi le loisir de reconstituer le dialogue de sourds opposant deux dangereux extrémistes laïques francophones[1] au sujet des communautés hassidiques d’Outremont.
Comme chacun sait, le ridicule ne tue pas. Il me semble encore préférable de m’y exposer que de ne pas réagir au monologue obsessionnel auquel le «canard déchaîné» d’Outremont[2] convie régulièrement la population qui pense comme lui — et elle seule.


Tu racontes n’importe quoi, Pierre Lacerte. Permets-moi, en toute transparence, de te tutoyer ici comme nous nous tutoyons aimablement lorsque nous nous croisons à la Salle du Conseil, au café ou dans la rue. Nous sommes parfois adversaires, mais te dire clairement ce que je pense ne fera jamais de moi ton « ennemi ». Si c’est ce que tu crois, je dis que tu te trompes et je te prie au moins de me considérer comme ton « meilleur ennemi ».

Bref, je n’ai lu que quelques lignes de ce nouveau brûlot imprégné de haine et d’insultes à peine dissimulées, mais c’est assez pour que je livre ici ce commentaire. Commençons par cette citation:

«Let’s consider the Jew who fights anti-Semitism. He will find anti-Semitism everywhere, even on an empty island or in the Sahara. The obsessed person becomes funny because he cannot see the exception to the rule, or he creates nonexistent rules.»

Considérons de la même manière l’anti… allez, soyons sympa — disons l’anti-hassidique, voire même, pour être vraiment gentil, l’anti-sectaire… Considérons donc l’anti-sectaire combattant l’esprit et la culture sectaire. Il verra des sectes partout, même sur la rue Hutchison et dans la paisible demeure d’agnostiques francophones ayant le malheur (à ses yeux) de défendre, pour les citoyens hassidiques d’Outremont, le même droit de vivre en paix dont leurs pairs disposent ailleurs, notamment dans le Mile-End ou NDG.

Obsédée pas l’ultime et vaillant combat pour lequel elle aura sacrifié l’essentiel de sa vie — sa maison, son travail, sa famille et probablement beaucoup d’amis — publiant pendant des années un blogue uniquement axé sur ce seul et unique sujet d’obsession compulsive, cette personne en deviendrait désopilante si sa situation et l’animosité qu’elle entretient à grand frais dans le quartier n’étaient, au fond, très tristes et délétères.

Voilà ce qu’à peu près, mon cher, tu aurais écrit
Si tu avais un peu moins de lettres et plus d’esprit :
Mais d’esprit, ô le plus sectaire des êtres,
Il ne t’en reste guère, et de lettres
Tu n’en discernes que trois qui forment le mot « JEW »!

Je suis trop las de cette stupide querelle pour perdre mon temps à contredire un par un tes sophismes et autres faux arguments. Non pas que tu aies tort sur chaque élément d’information habilement étalé sur cette nouvelle tartine nauséabonde — car nul n’est parfait, pas même le Peuple Élu, et il y a certainement quelques points valables qui mériteraient d’être discutés de bonne foi, si je puis dire — mais parce que l’analyse que tu en fais est viciée dès l’origine. Tu n’as plus l’esprit clair dans ce dossier. Tu es animé par une Sainte Colère qui aurait pu faire de toi, en d’autres circonstances, un prophète ou un dictateur.

Reviens sur Terre, cher « meilleur ennemi ». Mets-toi à la place des gens raisonnables qui tombent à l’occasion sur tes pamphlets bourrés de sarcasmes et d’anti-je-ne-sais-quoi. Comme moi, certains se disent: « Quel dommage! Que de talent gâché! Que d’obscurantisme dans cette débauche de lumières! Quel comportement excessif, obsessif et sectaire[3]! ».

Nous sommes au 21ième siècle. Paix à toutes les personnes et communautés de bonne volonté respectant l’ordre public, leur prochain, la liberté et les opinions de chacun (incluant les tiennes et celles des Croisés Laïques d’Outremont). 🙂

Ami Calmant,

Christian Aubry
Résident permanent au Canada et contribuable montréalais depuis 1989; résident et contribuable foncier d’Outremont depuis 2013.

Notes

[1] LOL 🙂
[2] C’est l’un des noms d’oiseaux dont j’aime bien le gratifier, moi le «sympathisant zélote»
[3] Sectaire (adjectif et nom) – Se dit de quelqu’un qui, par intolérance ou étroitesse d’esprit, se refuse à admettre les opinions différentes de celles qu’il professe: Une attitude de sectaire. (Larousse)

À propos de Pierre Lacerte, juge, censeur et parti

Quant à Christian Aubry qui tire parti de ces vidéos tournées en toute illégitimité, voici, selon le générique du repiquage qu’il a mis en ligne, les clients (ou commanditaires) de son œuvre! Chapeau, Aubry! À moins qu’il faille désormais dire Kippa!

Encore un subtil trait d’humour bon enfant du blogueur ultra-laïque d’Outremont, Pierre Lacerte, passé maître dans la pédagogie d’intégration sarcastique et revancharde, les sous-entendus fielleux, les photomontages désobligeants, le non-respect des licences de contenu et, last but not least, les discours antisémites subliminaux, résistant au lave-vaisselle et aux tribunaux, certes, mais bien réels pour qui y est sensible ou qui veut prendre la peine d’ouvrir les yeux tout en écarquillant ses œillères. C’est regrettable, mais attendu que:

  1. le Juge des petites mécréances d’Outremont  persiste et signe,
  2. qu’il ne publie plus les commentaires et droits de réponse que je lui soumets,

Sheep On Boulderje me vois dans l’obligation de parler ici d’autre chose que d’« amour infini ». Toutes mes excuses à l’innocente brebis égarée dans cette page… 😉


Voici donc (à quelques corrections, retouches, ajouts de liens et précisions prêt) le commentaire dont j’ai demandé publication, la semaine dernière, en réponse au dernier opus du très citoyen Pierre Lacerte : LES «DEALERS» DE L’OMBRE — magnifique titre que l’on dirait traduit d’un tabloïd trash londonien!


Allégorie du juge Pierre LacerteDroit de réponse, M. le Juge, SVP! Si j’ai signé le modeste montage de cette vidéo (publiée sur ma chaîne Youtube, en passant), c’est pour de multiples raisons. D’abord, par souci de transparence. Ensuite, parce que je n’ai aucune honte à appuyer mes voisins hassidiques dans leur combat, que j’estime légitime, contre l’intégrisme laïque que vous représentez fort bien.

Que cela vous plaise ou non, ces gens-là (comme « ils » disent) existent. Ils sont là, dans notre quartier. Ils ne font de mal à personne, sauf à ceux qui, comme vous, s’auto-flagellent en ne faisant aucun effort pour les tolérer, sauf si on ne les voit pas, on ne les entend pas, s’ils n’observent pas leurs coutumes— bref, s’ils n’existent pas en tant que Juifs hassidiques.

Cette attitude de rejet ne répond pas à mes standards en matière de tolérance, de démocratie et de liberté. À ce compte-là, il me faudrait également endosser le discours des Canadians purs et durs trouvant leurs minorités francophones geignardes et indésirables, d’autant qu’elles s’imaginent (non mais, quelle rigolade!) avoir des droits collectifs au sein d’un Canada uni et anglophone d’un océan à l’autre, à l’exception de son pittoresque village gaulois. Et pourquoi ne pas admettre avec eux, tant qu’à y être (comme votre blogue tend à le suggérer, M. le Juge), que les Québécois sont racistes, antisémites, voire même néofascistes?

Heureusement, nous savons tous deux que ce n’est pas le cas. Alors, désolé, M. le Juge, mais je ne mange pas de ce pain-là.

« En crachant au visage de M. Larin », dîtes-vous…

C’est curieux comme tous ceux dont les idées s’opposent aux vôtres vous semblent belliqueux, méprisants, intolérables… tandis que vous, ô le plus paisible des êtres, votre miroir vous renvoie l’image même de la perfection. Dans chacun de vos pamphlets, il y a pourtant des signes qui ne trompent pas. Par exemple:

« Amy Fish, une femme qui œuvrait au Jewish Eldercare »

Ben coudon! Simple fait journalistique, n’est-ce pas? Pur hasard s’il s’agit d’une femme juive. La généralisation insidieuse découlant de la juxtaposition de cette information avec ce qui suit n’aurait, bien entendu, aucune saveur antisémite. Inutile, donc, d’illustrer votre propos en utilisant un autre ouvrage, comme L’art de se plaindre et de se faire entendre, du psychothérapeute new-yorkais Guy Winch, un nom de famille bien anglo-saxon. Dommage, car cet ouvrage est très instructif et permettrait peut-être de comprendre les jérémiades sectaires des bien-pensants laïques d’Outremont qui n’ont de leçon à recevoir de personne quant à cet art subtil de manipuler l’émotion citoyenne. La convocation  de Mme Fish dans ce billet serait le fruit d’un hasard fortuit basé sur un fait dûment validé? Ben voyons…

« Certains diront que ces hommes en noir n’avaient pas besoin de se farcir cette plaquette puisqu’ils ont mille fois fait la preuve qu’elle coule dans leur sang depuis toujours.« 

La conscience du Juge Pierre LacerteAlors là, bravo! Je peux entendre Jiminy Cricket s’agitant dans votre bocal surchauffé, M. le Juge. « Voyons… Si je me livre à cette affirmation moi-même, je m’expose à l’inacceptable accusation d’antisémitisme — car "dans le sang depuis toujours", évidemment, c’est bien la stigmatisation de la race. OK, alors je vais commencer par "certains diront que"… Ça, c’est un fait, c’est du journalisme, coco, pas de l’antisémitisme de bas étage. Oh que non! 🙂 »

Bref, moi aussi, je persiste et signe, M. le Juge. Et je vous signale que ces captations n’ont, à ma connaissance, rien d’illégal (sinon, expliquez-moi sans tacher votre toge pourquoi elles ont été tolérées), pas plus que les photos que vous preniez vous-même, depuis votre arrière-ban, lors de ces deux consultations… publiques, faut-il le préciser. D’ailleurs, la première captation a eu un heureux effet puisque l’arrondissement a décidé de lever le voile sur la seconde en assurant lui-même, cette fois-ci, sa propre captation. Comme quoi, même ce qui vous défrise peut avoir du bon.

Capture d’écran du commentaire original:

Capture d'écran - Blogue politiquement insupportable de Pierre Lacerte

Consultation publique à Outremont: paix ou intolérance?

U.S. Ambassador Dan Shapiro and his daughter Merav on a shopping tour for the four species and decorations for their Sukka in Rabin Square, Tel Aviv. (CC BY-SA)Avec sa verve habile et populiste habituelle, le souriant Pierre Lacerte, appelle les lecteurs de ses blogues (dont celui-ci) à se mobiliser en vue de la consultation publique du 29 octobre qui doit modifier le règlement de zonage concernant l’installation provisoire des soukkas. Ces cabanes éphémères à caractère religieux sont érigées chaque années dans le quartier pendant la fête de Soukkot. J’ai pris l’initiative de soumettre le commentaire qui suit et j’appelle tous les outremontois(es) et montréalais opposés à la posture intolérante de M. Lacerte d’y aller de leurs propres commentaires.

Monsieur Lacerte (c’est quand même moins méprisant que « Pollack »!), tu es un très bon rédacteur, certes, mais surtout un incorrigible sophiste qui met son talent au service d’une cause des plus douteuses.

  1. Tu ne montres ici que des photos de soukkas soigneusement choisies. Tu n’as pas photographié celle de mon voisin ni bien d’autres jolis assemblages du quartier, ni celles que l’on trouve à Jérusalem ou Paris.
  2. Personne (pas même Mindy Pollack!) ne t’en voudrait de proposer des règlements raisonnables écartant les risques pour la collectivité ou la dégradation de l’environnement. Mais le seul incident que tu aies trouvé pour stigmatiser l’horrible danger créé par les soukkas, c’est un incendie qui s’est produit en face de chez moi, en janvier dernier, provoqué par (?) une chandelle à l’intérieur de la maison. Ceci écrit au conditionnel (pratiques-tu le journalisme-trottoir ou de caniveau?) et n’ayant rien à voir, bien sûr, avec la fête de Soukkot.

Il me semble qu’un travail fondé sur la raison plutôt que sur la haine t’aurait amené à parler de cet autre incendie qui a eu lieu à Montréal l’an dernier: « Les arbres naturels, il faut les tenir bien imbibés » afin d’éviter ce genre de catastrophe, affirmait le chef des pompiers. Vaudrait-il mieux opter pour des sapins (je te cite) « de style-lego faits en plastique, plus légers, plus faciles à assembler, imputrescibles, donc réutilisables ad vitam aeternam »? Pas un athée, pas un chrétien, de nos jours, n’acheterait quelque chose d’aussi affreux, n’est-ce pas? 🙂

Toi seul, donc, sait ce qui est beau ou laid. Pas facile à suivre, madame Pollack? Tes raisonnements ethnocentriques, intolérants et populistes sont, c’est vrai, beaucoup plus faciles à décrypter.

J’aurais pourtant aimé que tu t’intéresses à la question posée par ma conjointe lors du dernier conseil d’arrondissement (elle demandait où se situe le préjudice, quel est le tort réel causé par les soukkas) ou que tu rappelles, comme je l’ai fait, qu’il n’y a aucun règlement, à ce sujet, dans l’arrondissement du Plateau Mont-Royal et qu’à Notre-Dame-de-Grâces-Côtes-des-Neiges, les soukkas sont acceptées jusqu’à 7 jours avant et après la fête (source: PDF), soit pendant 24 jours, comme le propose madame Pollack.

Rappelons le contexte de cette consultation. Mindy Pollack ne s’est pas « montrée très revendicatrice en déposant un avis de motion », elle l’a fait pour régler le problème posé à l’administration municipale par l’impossibilité de faire appliquer l’ancien règlement (« 15 jours », mais sans dates précises). Elle a donc déposé une motion de bon sens, reprenant l’usage de Côtes-des-neiges plutôt que celui du Plateau, et en s’assurant qu’il était acceptable pour la communauté concernée. Ce qui apparaît nettement dans les témoignages entendus ce soir-là.

L’adoption de cette motion, je crois, aurait garanti un large consensus et nous aurait épargné une nouvelle escarmouche. Par contraste, la prémisse « réglementariste » proposée par madame Forget et adoptée (« 3 jours avant, 3 jours après » = on ne lâche rien!) apparaît à mes yeux extrêmement mesquine. C’est une nouvelle gifle qu’elle assène à la communauté hassidique, peut-être dans l’espoir de la voir disparaître sous les trottoirs ou déménager vers d’autres cieux.

Tu peux compter sur moi et, j’espère, sur d’autres résidents non hassidiques de l’arrondissement pour dénoncer cette nouvelle poussée d’intolérance qui n’ose pas dire son nom. Si jamais elle l’emporte le 29 octobre prochain, ce qui est bien possible, il faudra se faire à l’idée qu’Outremont est l’arrondissement le plus intolérant de la Ville. Est-ce cela que tu souhaites, M. Lacerte, et ce pour quoi tu vas encore venir sonner à nos portes lors des prochaines élections?