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Cette entrevue de Diane Nadeau à propos des Pages Jaunes est la seconde vidéo que je publie sur rezopointzero, le blogue collaboratif animé par une coopérative de professionnels en communication numérique et en marketing Web lancée à la conférence webcom Montréal le mois dernier. Il s’agit d’une expérience d’autant plus intéressante qu’elle éclaire à sa manière l’une des nombreuses formes que pourrait prendre le « néo-journalisme » au XXIème siècle.

À partir du 25 janvier prochain, le blogue de rezopointzero se transformera en communauté semi-privée, l’accès à une partie de ses contenus et fonctionnalités d’échange étant alors réservée aux abonnés payants, qui feront partie intégrante du réseau. Il s’agit en effet d’aider les entreprises francophones à mieux comprendre les innovations Web par le biais d’articles de veille et d’analyse, mais aussi en les mettant en relation directe avec une communauté de spécialistes qui deviendront, par le fait même, les animateurs d’une communauté d’affaires d’un tout nouveau genre. Et. à ce titre, nous en sommes encore aux balbutiements du projet.

Des contenus payants sur le Web? Oui, nous croyons que c’est possible, à condition d’offrir une valeur ajoutée propre à Internet, ce que peu de médias ont réellement tenté jusqu’à présent. On se contente souvent de reproduire sur le Web les modèle d’affaires et de production qui ont fait notre richesse au temps des industries physiques et des médias de masse. Un peu comme les Pages Jaunes, justement, qui ont bien saisi la nécessité de déployer leurs annuaires sur le Web, mais qui l’ont fait, jusqu’ici, sans revoir de fond en comble leur produit. Leur offre commerciale est fatalement moins attrayante pour les entreprises ayant pignon sur Web.

Heureusement, il n’est jamais trop tard pour bien faire. ;~)

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J’aime beaucoup Martin Ouellette, le président de Provokat. C’est un personnage épicé, inspiré et attachant. Un visionnaire d’une espèce et d’une honnêteté rare, même, puisqu’il est capable de donner une conférence qui remet en cause son propre modèle d’affaires.

Je croise souvent Martin à Yulbiz et, le mois dernier, il m’a parlé d’un billet qu’il voulait publier sur un modèle d’affaires 2.0 qu’il venait d’imaginer lors du RDV Media 2009.  Un modèle d’affaires pour la WebTV, basé sur le don et sur son corollaire, la gratuité. Très intéressé par son raisonnement, je me suis porté volontaire pour en faire cette capsule vidéo.

Pourquoi ? Eh bien parce que je crois énormément qu’il s’agit d’un modèle d’avenir pour les productions WebTV de divertissement et de fiction. Le temps de la propriété intellectuelle est dépassé, la culture doit désormais circuler plus librement et le plus souvent gratuitement, mais les créateurs et les artistes doivent également trouver le moyen de gagner leur vie correctement.

Il faut donc que quelqu’un paie, quelque part. L’État? À part les vedettes reconnues, ce sera difficile. Le public dans son ensemble? Cela va à l’encontre de la tendance qu gratuit que l’on observe depuis quelques années et qui devrait continuer à s’imposer. Alors qui?

  • Des « micro-mécènes », d’abord, c’est à dire des gens comme vous et moi pouvant s’offrir le luxe d’envoyer quelques dollars à des créateurs de contenus numériques ayant de la valeur à leurs yeux, recevant en échange la gratification d’être publiquement associés à leur diffusion. Le ruissellement de contributions modestes a le pouvoir d’alimenter de grandes lacs de création.
  • Des entreprises et des marques, ensuite, qui trouveront encore plus avantage à investir dans des contenus de valeur plutôt que dans des publicités primaires (et la plupart du temps mensongères) fonctionnant de moins en moins. En s’associant à ces communautés de soutien artistique et culturel, elles gagneront leur sympathie et leurs oreilles attentives.

Dans le domaine de la WebTV professionnelle et ciblée, c’est un peu déjà comme cela que je fonctionne moi-même pour certains projets. Mes webdiffusions des soirées-conférences de W3Québec et du 3e Mardi, par exemple, sont produites en coproduction avec des partenaires issus de la communauté qui me soutiennent financièrement. Idem pour le talk show interactif du webcom live, que je produirai à nouveau le mois prochain en co-production avec AgentSolo et Le Lien MULTIMÉDIA. Une fois que mes objectifs stratégiques et financiers sont atteints, le contenu généré peut bien circuler et servir à d’autres fins. Il en va de même pour tous les artisans.

Et il en va de même aussi pour la capsule de Martin. Je l’ai produite à mes frais, mais rien ne vous empêche, si vous la trouvez utile, de me verser ne serait-ce que la moitié de 5 dollars en cliquant sur le bouton ci-dessus. Si cela fonctionne, j’inventerai le « DonatorRoll » en me disant qu’il y a peut-être de l’avenir pour les journalistes reporters d’image indépendants et culottés ;D

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Après notre entrevue avec Philippe Le Roux consacrée aux médias, nous avons profité du passage à Montréal de Jeff Mignon, éditeur du triple blogue Media Café, pour obtenir son éclairage sur la question.

Jeff est en effet fondateur et CEO de 5W Mignon Media, une firme internationale de conseil média basée à New York et dont la liste de clients est assez impressionnante: Le New York Times, L’Associated Press, Agoravox, Le Monde, le groupe suisse Edipress et, au Canada, Transcontinental, Québécor, Sun Media, etc. Il est aussi l’un des inventeurs des premiers quotidiens pour enfants dans le monde publiés par le groupe Play Bac (2.5 millions de lecteurs en France).

Jeff confirme que les revenus traditionnels des médias sont sur une pente très glissante: les « pure plays » comme Google et MSN dominent désormais le marché de la pub locale aux États-Unis. Pour enrayer le fléau, les groupes de presse devront continuer à s’adapter aux environnements numériques et les journalistes devenir, eux aussi, un peu plus multimédia. Mais le problème majeur, d’après lui, c’est le manque d’entrepreneurs au sein de groupes de presse dirigés par des journalistes et des gestionnaires ayant le réflexe de défendre leur marque au lieu d’inventer des produits et des modèles d’affaires innovants.

Quelques lectures complémentaires sur Media Café:

Cette entrevue a été publiée le 13 février 2008 sur Intruders TV Canada, un blogue collaboratif qui a été fermé abruptement par Thierry Béziers en mars 2009.

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L’agence montréalaise VDL2 actualise chaque années ses « Tendances Internet », une analyse stratégique des évolutions en cours et de leurs enjeux majeurs. La nouvelle mouture publiée le 10 janvier dernier affirmait que « les médias ont atteint le point de non-retour face aux bouleversements provoqués par l’essor d’Internet ». Pour mieux comprendre ce qu’il y avait de neuf, nous sommes allés rencontrer Philippe Le Roux, président de VDL2 et principal auteur de ce rapport.

Baisse des revenus publicitaires des quotidiens de 8,7 %, l’an dernier, aux États-Unis; diminution de 2 % de la tarte publicitaire des stations de radios et de télévision; hausse concomitante de la pub sur Internet de 15 à 30 % selon les pays; uniformisation des dépêches d’agences diffusées par la presse en général; soif d’originalité et de points de vue différents de la part des internautes… La table serait donc mise pour la grande et irréversible mutation des modèles d’affaires des médias traditionnels. À bon entendeur… Action !

Cette entrevue réalisée en duo avec Laurent Maisonnave a été publiée le 4 février 2008 sur Intruders TV Canada, un blogue collaboratif qui a été fermé abruptement par Thierry Béziers en mars 2009.

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