Mois : mars 2004

Aller-retour... C’est l’histoire d’un lien qui renvoie vers un site qui contient un lien qui renvoie vers un site qui contient un lien ramenant √† la case d√©part (ad libitum).

Continue, Yvan. Je ne te connais pas autrement que par la magie des liens mais je suis s√Ľr que tu vas bien aimer. ūüôā

Ami Calmant,

C.A.

Pincez-moi, je r√™ve !La doctrine am√©ricaine des brevets logiciels appliqu√©s √† l’internet vient encore de d√©montrer son aberrante stupidit√© — aussi aberrante que la politique √©trang√®re de George W. Bush, ce qui n’est pas peu dire.

La compagnie Test.com Inc. pr√©tend en effet d√©tenir, depuis le 28 janvier 2003, un brevet sur ¬ę¬†la distribution et la vente de tests sur Internet¬ę¬†. Le simple fait de faire passer un test en ligne moyennant r√©tribution violerait sa soi-disante propri√©t√© intellectuelle. Sont directement vis√©s, bien s√Ľr, les instituts de formation en ligne, de certification professionnelle, mais √©galement les coll√®ges, √©coles et universit√©s qui proposent ce genre de tests √† leurs √©tudiants moyennant des droits d’inscription g√©n√©riques.

Dans un excellent article publi√© dans son √©dition du 26 mars mais malheureusement r√©serv√© aux abonn√©s, le Chronicle of Higher Education pr√©cise qu’une autre entreprise am√©ricaine, Acacia Research, pr√©tend de son c√īt√© que les coll√®ges et entreprises ayant recours √† la webdiffusion en transit (media streaming) violeraient son brevet (voir √† ce sujet les pr√©cisions de mediastreaming.com). « Cela revient √† ouvrir la bo√ģte de Pandore », commente Mme Sally Johnstone, directrice ex√©cutive de WICHE. En effet, n’importe qui pourrait breveter n’importe quelle id√©e g√©n√©rique et r√©clamer ainsi sa retraite √† vie.

Tant qu’√† y √™tre, apprenez que je d√©pose demain matin un brevet sur les carnets Web. Carnetiers, si vous voulez continuer √† aligner dans une interface homme-machine bidimensionnelle, de fa√ßon verticale et lin√©aire, des textes ou extraits de textes class√©s par ordre chronologique inverse, dot√©s de liens vers d’autres pages contenant les textes complets munis d’une adresse permanente, √©ventuellement assortis d’une fonction pour que les lecteurs puissent ajouter de fa√ßon interactive √† cette page, ou √† toute page directement li√©e √† celle-ci, des commentaires de leur cru, eh bien vous devrez d√©sormais me verser une caisse de bi√®re hebdomadaire, deux kilos de filet-mignon et 200 dollars d’argent de poche. Si vous refusez de vous conformer √† cette demande, je serai au grand regret de vous envoyer mes avocats.

Que voulez vous? Le génie, ça ne se marchande pas. Mon brevet porte le numéro XB4569437y23405 et sera déposé le 1er avril 2004 dans mon bac vert, les arêtes de poisson faisant foi.

Drahcir NialaApr√®s quelques discussions t√©l√©phoniques sans concession, j’accepte le scepticisme (pour ne pas dire l’apathie) du milieu face √† cette affaire. Alain Richard est en effet d√©test√© par bien du monde qui juge son comportement atypique plus que douteux, et ce depuis des lustres. Il n’y a qu’√† chercher son nom — maintes fois cit√© — dans cette page de feu-pssst pour saisir l’ampleur du ph√©nom√®ne. Si le personnage est √† la hauteur (bassesse?) de sa r√©putation, son t√©moignage devant la Commission parlementaire se d√©gonflera de lui-m√™me. D’accord.

Si c’est le cas, cependant, la port√©e vitriolique des propos qu’il a livr√© au Devoir signe son arr√™t de mort √©conomique et politique total. Certains pr√©tendent que c’est d√©j√† fait, mais je ne crois pas que ce soit vrai. M√™me si le petit milieu qu√©b√©cois de la communication num√©rique condamne Alain Richard d’avance, ce n’est pas le cas d’autres milieux√©conomiques o√Ļ il peut encore gagner des clients. Apr√®s un flop retentissant devant la Commission, il perdrait fatalement toute cr√©dibilit√© pour ces ¬ę¬†non initi√©s¬†¬Ľ.

Compte tenu de cela, c’est √† mon tour d’√™tre sceptique. Je ne vois pas comment Richard pourrait se mettre ainsi la t√™te sur le billot — et en premi√®re page en plus! — s’il n’a pas de preuves solides √† mettre sur la table. Qu’il en profite pour se faire de la pub, pour tenter de redorer son blason, j’en conviens et j’ai moi-m√™me signal√© le communiqu√© de presse qui annon√ßait, la semaine derni√®re, son d√©part imminent du pays. Cela ne signifie pourtant pas qu’il n’ait rien √† dire de pertinent sur le scandale des commandites. Tout individu aspirant √† un certain assainissement des moeurs politiques devrait donc vouloir l’entendre √† tout prix et faire tout ce qui lui est possible pour le prot√©ger de ces pr√©sum√©s menaces de mort jusqu’√† ce qu’il pr√©sente son t√©moignage devant les d√©put√©s.

Il ne s’agit pas ici de pl√©bisciter Alain Richard ni d’en faire un h√©ros. Il s’agit de faire toute la lumi√®re possible sur une histoire tr√®s louche t√©moignant de d√©tournements inacceptables de l’argent de nos imp√īts par une classe politico-administrative s’estimant de toute √©vidence au-dessus des lois.

Peu importe par qui le scandale arrive, du moment qu’il advienne. D’apr√®s ce que je comprend, Alain Richard n’a plus grand-chose √† perdre √† dire tout haut ce que beaucoup de monde pense tout bas. C’est peut-√™tre bien quelqu’un comme cela que √ßa prend pour abattre le mur du silence. Et si toute cette histoire n’√©tait qu’un vulgaire coup de bluff, r√©jouissez-vous : Alain Richard se serait alors mis lui-m√™me totalement hors d’√©tat de nuire et vous en seriez enfin d√©barrass√©s.

Alain RichardEnfin, dans le pesant scandale des commandites qui se d√©roule depuis maintenant des mois sous nos yeux, voici un protagoniste avec lequel nous pouvons nous identifier: Alain Richard, fondateur et premier rebelle de rebelles.com. Et quoi? Des pourris voudraient l’√©liminer?

Que ce soit vrai ou que que ce soit un fantastique coup de pub (c’est s√Ľr qu’il y a aussi cette dimension-l√†, il n’y a qu’√† lire le premier paragraphe de ce communiqu√© pour s’en convaincre), il faut absolument que les Lib√©raux et les semi-mafieux qui gravitent dans leur ombre opaque sachent qu’Alain Richard et ses proches sont d√©sormais intouchables parce qu’ils incarnent rien moins que le droit des citoyens √† savoir, √† dire et √† entendre la v√©rit√©.

Qui que vous soyez, ne touchez pas √† Alain Richard. Nous voulons entendre ce qu’il a √† nous dire. S’il devait lui arriver quelque chose, nous ne vous le pardonnerions jamais.

Adios!Nombreux sont les adeptes de Linux qui utilisent le logiciel libre MPlayer pour visionner leurs programmes vid√ɬ©os favoris. Ils seront peut-√ɬ™tre √ɬ©tonn√ɬ©s d’apprendre que le lead developer de ce petit chef d’oeuvre de technologie librement partag√ɬ©e quitte aujourd’hui le navire qu’il a lui-m√ɬ™me mis √É flot en l’an 2000, et ce… pour cause de d√ɬ©saccord avec la licence publique g√ɬ©n√ɬ©rale (GPL) qui r√ɬ©git la propri√ɬ©t√ɬ© intellectuelle de la plupart des logiciels libres.

Ce d√ɬ©veloppeur hongrois surnomm√ɬ© A’rpi, alias √ɬÄrp√ɬ†d Gere√ɬ∂ffy, dirigeait le d√ɬ©veloppement de Mplayer depuis l’an 2000. Il jette aujourd’hui l’√ɬ©ponge car il se trouve en d√ɬ©saccord avec la licence GPL qui, dit-il, « ne nous prot√ɬ®ge pas des voleurs de codes (…), tout en √ɬ©loignant de nous les commanditaires et les entreprises. » Cette prise de position ne date pourtant pas d’hier puisqu’il en parlait d√ɬ©j√ɬ† dans une entrevue remontant √ɬ† novembre 2001.

Le fond de l’histoire, c’est qu’A’rpi aurait souhait√ɬ© pouvoir int√ɬ©grer quelques API d√ɬ©velopp√ɬ©es pour Mplayer G2 dans certaines applications commerciales. Il pr√ɬ©conisait donc le recours √ɬ† une licence mixte (dual licensing), mais « la licence GPL, dit-il, est trop stricte pour cela et toutes les licences alternatives ont imm√ɬ©diatement √ɬ©t√ɬ© rejet√ɬ©es par tous les autres d√ɬ©veloppeurs. »

Voici un sujet qui ne manquera pas de faire jaser les partenaires du R√ɬ©seau d’expertise en standards ouverts et logiciels libres et ouverts (RESOLL), et notamment les repr√ɬ©sentants en son sein du Centre de recherche en droit public de l’Universit√ɬ© de Montr√ɬ©al qui lui apporteront leur expertise juridique.

<plogue>Signalons en passant que le RESOLL commentera justement, ce lundi 29 mars, l’√ɬ©tude qu’il vient de r√ɬ©aliser sur l’offre en mati√ɬ®re de logiciel libre au Qu√ɬ©bec, une √ɬ©tude dont le rapport est d√ɬ©j√ɬ† disponible sur son tout nouveau site Web auquel j’ai le tr√ɬ®s grand plaisir de collaborer ūüôā </plogue>

Il n'y a pas d'√Ęge pour manifester√Ä Montr√©al, plus de 7000 personnes ont r√©pondu √† l’appel du Collectif √Čchec √† la guerre et ont revendiqu√© la fin de l’occupation irakienne, contre 150 000 en 2003 qui avaient manifest√© contre la guerre.

C’est exact, mais comparons des pommes avec des pommes. Le 15 mars 2003, on en √©tait √† la troisi√®me manif d’une s√©rie de quatre et les m√©dias avaient un petit peu mieux rempli leur r√īle. Par exemple, Le Devoir annon√ßait la manifestation record du 15 mars 2003 trois jours avant qu’elle n’ait lieu. Cette ann√©e, il n’en a parl√© √† ses lecteurs que le matin m√™me. C’est un peu court, jeune homme, comme disait Cyrano.

Comment peut-on participer √† une manifestation dont on ne soup√ßonne m√™me pas l’existence? Le r√īle des m√©dias n’est certes pas de promouvoir toutes les causes ni de m√©diatiser tous les mouvements de contestation. Ceux-ci devraient par ailleurs s’assurer de mieux communiquer avec la population. Mais en ont-ils les moyens?

La journ√©e de manifestations de samedi dernier a √©t√© d√©cr√©t√©e au Forum social mondial de Bombay, le 19 janvier dernier. Ce matin-l√†, Le Devoir publiait une d√©p√™che d’agence intitul√©e Les altermondialistes d√©noncent les m√©faits de la guerre et du militarisme am√©ricain. Trois mois plus tard, pas un mot sur la journ√©e mondiale d’action pour la paix programm√©e en mars, qui constituait pourtant l’une des annonces factuelles les plus ¬ę¬†sexy¬†¬Ľ — journalistiquement parlant — faites ce jour-l√†. Elle avait en plus des retomb√©es locales directes pour les lecteurs. N’est-ce pas l√† une tr√®s regrettable omission?

Selon mon estimation personnelle, il y a eu au moins 5000 manifestants sortis de nulle part, √† Montr√©al, samedi. Compar√©e √† celle de la premi√®re manif anti-guerre de d√©cembre 2002, c’est vraiment bien.

Ceci dit, la participation populaire ayant √©t√© tr√®s limit√©e, les slogans et le ton g√©n√©ral faisaient un peu gau-gauche. Mon amie Ariane me faisait d’ailleurs remarquer qu’il est stupide de demander aux Am√©ricains de quitter l’Irak maintenant, √©tant donn√© l’√©tat dans lequel ils l’ont mis. C’est vrai, mais si l’intelligentsia et les m√©dias qu√©b√©cois avaient mis la population au parfum un peu plus t√īt quant √† cette manif, il y aurait eu plus de monde et les slogans auraient fatalement refl√©t√© cette diversit√©.

Politicien mal prisLe mensonge d’√Čtat n’a pas tellement la cote, ces jours-ci.

* Le Parti pseudo-populaire s’est fait jeter dehors, en Espagne, √† cause de sa gestion d√©plorable de la crise terroriste de Madrid, pendant laquelle le Premier Sinistre Aznar a tent√© de faire pression sur les m√©dias afin qu’ils accr√©ditent la piste invraisemblable de l’ETA.

* √Ä Washington, Donald Rumsfeld s’est fait √©pingl√© en flagrant d√©lire de mensonge (peut-√™tre s’agit-il d’Alzeihmer, ce serait presque rassurant). Il faut le voir pour le croire!

* Au Canada, le Premier Ministre, Paul Martin, se d√©m√®ne pour faire croire √† ses √©lecteurs qu’il ne savait rien du croustillant scandale des commandites. Le voil√† coinc√© entre le flagrant d√©lit d’incomp√©tence et celui de mensonge √©hont√©. Mais qu’√† cela ne tienne! Il affirme aujourd’hui que « la bureaucratie, le processus politique, Ottawa au complet ne seront plus jamais comme avant »

J’esp√®re que les Canadiens le prendront au mot. J’esp√®re aussi que les journalistes et les fonctionnaires feront leur travail et d√©nonceront tout manquement √† la parole donn√©e. Notre esp√®ce et la plan√®te qui la supporte seront √† l’agonie avant cent ans si les politiciens continuent de se moquer des valeurs humanistes de l’int√©r√™t du peuple et, somme toute, de la d√©mocratie.

Dans l'eau dans le gaz d'√©chappement...Je ne veux pas rajouter de l’huile de chauffage sur le feu, mais cette √©tude prospective sur les cons√©quences pr√©visibles des bouleversements climatiques d√®s 2010 command√© par le Pentagone au think-tank am√©ricain Environmental Media Services a de quoi faire fr√©mir. Encore une fois, Papa No√ęl Bush a du pain sur la planche pour nous convaincre qu’il est autre chose que le fruit de l’accouplement d’un singe politique et d’une autruche.

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