Le Liban se souvient

Depuis le « portrait de blogueuse » réalisé avec Philippe et Pamela Chrabieh, j’ai pris l’habitude d’aller visiter régulièrement l’excellent blogue de cette jeune intellectuelle canado-libanaise. Il est des blogues divertissants et d’autres intéressants, mais celui-ci, me semble-t-il, est essentiel.

Ruines du temple de Baalbeck
Une colonnade de Baalbeck

Depuis le « portrait de blogueuse » réalisé avec Philippe et Pamela Chrabieh, j’ai pris l’habitude d’aller visiter régulièrement l’excellent blogue de cette jeune intellectuelle canado-libanaise. Il est des blogues divertissants et d’autres intéressants, mais celui-ci, me semble-t-il, est essentiel.

La plupart des citoyens du monde un tant soit peu « conscientisés » ont éprouvé un profond malaise, la semaine dernière, en apprenant l’assassinat du jeune ministre Pierre Amine Gemayel à Beyrouth, au Liban. Jusqu’à quand le pays du Cèdre, avec lequel la francophonie a tissé tant de liens au fils des siècles, souffrira-t-il l’horreur d’un état de guerre permanent qui n’en finit pas de pulvériser le destin de ses enfants ?

Pamela était justement à Beyrouth, ce jour-là, et c’est grâce à sa voie de perdition que j’ai pris connaissance des « embouteillages monstres » qui avaient paralysé la ville à l’annonce de l’attentat, avant même que l’AFP n’en fasse état dans ses dépêches en utilisant les mêmes mots. Mardi, mercredi, jeudi, Pamela résuma avec retenue et concision les évènements de la journée. Vendredi, sa plume semblait reprendre vie, exprimant les émotions et les craintes des jeunes Libanais.

Aujourd’hui, dimanche, Pamela publiait ce long billet consacré au souvenir. Le Liban se souviendra toujours, dit-elle, de ses leaders assassinés dans ce qu’elle perçoit comme une entreprise méthodique de destruction des élites. Il se souvient des beautés disparues du pays d’avant la guerre, un souvenir précieux pour ceux qui se refusent à abandonner la partie. Passé les faits bruts, les émotions et l’indignation, la jeune femme rallume donc la flamme de l’analyse, prélude de l’action. Ce faisant, elle nous entraine jusqu’aux confins de nous-mêmes, évoquant l’ombre du totalitarisme non violent qui plane sur un Occident dont l’état de paix et de liberté n’est peut-être qu’une illusion.

Jeudi prochain, le 30 novembre, une soirée de projections multimédias sur les 34 jours de la guerre du Sud-Liban de l’été dernier a lieu à la Bibliothèque Atwater, à Montréal. Cela aussi, je l’ai appris dans le blogue de Pamela, une jeune femme qui, décidément, ne renie absolument aucune partie d’elle-même.

Patriotisme et nationalisme

Amin Maalouf : « Les nationalistes rêvaient de domination totale quand ils appartenaient à l’ethnie majoritaire, et de séparatisme quand ils appartenaient aux communautés minoritaires; l’Orient misérable d’aujourd’hui est le monstre né de leurs rêves conjugués. »

Enver Pacha
Ismail Enver (photo: Wikipedia)

J’ai placé un signet à la page 166 d’Origines, le roman biographique familial de l’écrivain libanais Amin Maalouf, que je lis actuellement. Ce passage pourrait être d’intérêt lors d’une prochaine bataille politique au Québec. L’empire auquel il y est fait allusion n’est pas l’Empire britannique, mais l’Empire ottoman, dont le Liban faisait partie au début du XXème siècle. Citation :

« Il y avait, à l’évidence, un grave malentendu. Qui allait peser sur le destin de mon grand-père, mais également sur celui de l’Empire au sein duquel il avait vu le jour. Botros était un patriote. L’officier dont il avait emphatiquement salué l’épée à l’aube de la révolution était un nationaliste. On a trop souvent tendance à rapprocher les deux attitudes, et à considérer que le nationalisme est une forme accentuée du patriotisme. En ce temps-là — et sans doute à d’autres époques aussi — la vérité était toute autre : Le nationalisme était exactement le contraire du patriotisme. Les Patriotes rêvaient d’un Empire où coexisteraient des peuples multiples, parlant diverses langues et professant diverses croyances, mais unis par leur commune volonté de bâtir une vaste patrie moderne qui insufflerait aux principes prônés par l’Occident la sagesse subtile des âmes lévantines. Les nationalistes, eux, rêvaient de domination totale quand ils appartenaient à l’ethnie majoritaire, et de séparatisme quand ils appartenaient aux communautés minoritaires; l’Orient misérable d’aujourd’hui est le monstre né de leurs rêves conjugués. »

Fin de citation. Remplacez le mot « Orient » de la dernière phrase par le mot « Canada » (si vous êtes patriote) ou « Québec » (si vous êtes nationaliste) et le tour est joué.

Pour en finir avec le « Web:0 »

Le penseur (sculpture d'Auguste Rodin)Autour de la question shakespearienne d’être ou ne pas être en faveur de l’appellation Web 2.0 (rappel des épisodes précédents), il me semble que le débat s’est soudainement envenimé, cette semaine, parce que des gens immergés dans le Web ne perçoivent pas de rupture dans le continuum de l’histoire récente de son développement (et pour cause) et parce que certains se sentent visés par les accusations de malversation rampante comme celle que suggère le billet de Philippe.

Je pense toutefois que l’on peut esquiver cette flèche-là sans discréditer l’ensemble d’un propos qui mérite d’être pris en compte. Car je sais pertinemment, pour l’avoir vécu, que la norme de fonctionnement des boîtes Web d’il y a quelques années, dérivée des TI et de la pub, a entrainé certaines entreprises dans des dépenses astronomiques pour un retour sur investissement négligeable. Ça, mes amis, cela s’appelle « tuer la poule aux oeufs d’or ».

Dans ce contexte, il me semble sain et normal qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs de services Web s’approprie des outils open source afin d’offrir des sites clés en main facile à exploiter et offrant un retour sur investissement bien supérieur. Ces outils sont souvent axés sur la communication, l’échange et le patient tissage d’une communauté en réseau, plus que sur la publication top-down. Du coup, ils entrainent un nouveau paradigme de communication commerciale sur le Web et, derrière lui, des gens d’affaires, de marketing et de communication énergiques et enthousiastes qui s’empressent de le faire fructifier. Quoi de plus normal ?!?

  • Oui, le Web 2.0 est un mot clé discutable, comme tant d’autres mots-clés que nous employons chaque jour sans nous y arrêter. Michel a fort bien traité cette question-là ici.
  • Non, ceux qui l’emploient ne sont pas tous des mécréants et il n’est pas louable de leur tirer dessus à vue comme s’est employé Laurent à le faire ici.

Y a-t-il des utilisations exagérées du concept de Web 2.0 ? Je suis mal placé pour le savoir, mais bien sûr qu’il doit y en avoir. Dès que quelque chose fonctionne, il y a des abus. Toujours. La chose intelligente à faire, je crois, c’est de dénoncer ces abus sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

Maintenant, si certains entrepreneurs ou développeurs se sentent visés par quelque chose de pas joli-joli, de deux choses l’une, d’après moi : soit ils sont un peu trop paranoïaques, soit ils ont effectivement des petites choses à se reprocher car, comme dit le proverbe, il n’y a pas de fumée sans feu.

PS : ce billet est la reformulation d’un commentaire publié dans le billet précédent. Il y a parfois des commentaires qui valent autant sinon mieux que les billets dont ils sont issus et j’en prends acte ici. Signalons aussi ce texte éclairant de Jeffrey Zeldman que j’ai découvert grâce à un commentaire de Michel 3.0.

Pitbull 2.0

Le Capitaine Lawrence

Dure semaine! La chicane a encore « pogné », hier, chez Embruns. C’est le quartier-maître de première classe Philippe qui a mis le feu aux poudres avec ce billet polémique sur the débat subliminal faisant actuellement rage dans l’archipel des blogues canado-franchouillards : le « Web 2.0 » est-il ou n’est-il pas ?

La réponse pincée de l’ami vache eût le mérite d’être claire, didactique et loyale, car placée en contexte, dans le fil de la discussion. Celle de l’ami zen eût celui d’être aimable et légère, même si les personnes sensibles ont remarqué qu’il ne gratifiait Philippe d’aucun mot doux ni d’aucun lien. C’est soit maladroit, soit perfide, certes, mais personne (pas même le pas très humble®) n’est parfait. Dans le doute, on opte pour le premier choix.

Ce qui se pardonne moins, en revanche, c’est la réponse fidèle à Soi-Même de son ami, le Capitaine de gendarmerie : cinglante, acide, ulcérée, remplie de mots durs, plus destinée à démolir la sensibilité et la réputation de l’adversaire qu’à contrer ses arguments. Non pas que le vieux pirate en manquât, mais simplement parce que c’est son style, sa culture, sa marque de commerce. Vise la tête, puis appelle l’ambulance. Si la police t’emmerde, canarde-là aussi : c’est autorisé par le Second Amendement.

Bien entendu, Maître G. sur son blogue perché ne pouvait prendre le risque de déchoir ni de gaspiller son fromage en publiant son commentaire en contexte, sous le billet de Philippe. Il fallait qu’il le fasse chez lui, bien au chaud sur ses terres, là où une basse cour de gaulois gavés de poison magique résiste encore et toujours à l’envahisseur, l’autre, l’étrange, le différent. Il fallait bien qu’il monétise son blasphème quotidien en trafic sonnant et ricanant. De plus, il n’y a que chez lui qu’il peut se permettre de caviarder de mauvaise humeur ceux qui lui échauffent le ciboulot.

Je suis méchant ? Grrrr, oui, peut-être, mais je me plais à croire que je combats le mal par le mal. Alors voilà. En quelques heures, je suis passé du statut de bisounours casque bleu à celui de pyromane perfide. Confronté au miroir de ses actes, Laurent n’a plus d’humour ni de superbe. Il se dérobe, découvre son flanc droit, il tente une esquive, puis, enfin, conscient d’avoir réveillé une meute de loups de mer de la Baie d’Hudson, il se fend d’une parade à peu près acceptable qu’il ne peut, cependant, s’empêcher de gâcher par quelques traits de mépris. Conclusion : Môssieur n’aime pas qu’on lui fasse des procès d’intention, mais Môssieur ne se gêne pourtant pas pour distribuer les condamnations fermes.

Bah, me direz-vous. Encore une querelle sans importance. Encore un pamphlet sans autre valeur que celle de distraire la galerie aux dépends de l’envahisseur, l’autre, l’étrange, le différent. Tu ne penses pas comme moi, donc tu es au pire un con, au mieux un couillon que j’aime bien. Ma croyance nourrie d’un doctorat de ceci et de 15 ans de cela indique que tu te fourres le pied dans l’oeil jusqu’aux couilles. Cela me donne donc le droit de gloser à gogo sur ton insignifiance jusqu’à la nuit des temps. Ici, je suis chez moi, c’est mon blogue, ma république, mon état de droit(e). Dégage, cloporte, retourne chez les raëliens d’où tu viens ou bien j’extirpe le caviard du ventre de ta mère, quantité négligeable que je n’ai jamais lue !

Bon, d’accord. J’exagère. Je dérape. Je dépasse les bornes. Je me fais des ennemis. Tout ceci est vrai mais reconnaissez que je suis honnête car je ne prétends pas le contraire.

  • Merci à Tassili, qui m’a presque fourni une bonne occasion de me taire 🙂
  • Merci à Michel qui n’est jamais à cours de savoir, de franchise et d’une sainte énergie à renverser les montagnes de mépris.
  • Merci à Marie, à qui j’ai noté que je dois une bière.
  • Merci à Martine, qui m’a fait encore une fois fait pisser de rire.
  • Merci au pas-très-humble® qui, je l’espère, finira par en rigoler.
  • Merci à ma mère, sans qui bla,bla,bla.
  • Merci à tous les Français ayant le génie assez bien placé pour être ni vache ni veau.
  • Merci aux Québécois qui consentent toujours à leur accorder le droit d’asile, même dans les cas « limites insultants« .
  • Merci à Philippe, sans qui je n’aurais jamais connu Embruns ni reçu autant d’encouragements à me remettre en question.
  • Merci à Laurent, si charmant en privé, nom d’une pipe! loin des caméras et du public.

Enfin, merci de votre visite (cling !) et de vos commentaires (bong !). Nous revenons maintenant à notre programmation régulière. The blog show must go on!

Reportage photo en direct

forum-isoc06C’est aujourd’hui qu’avait lieu la conférence de l’ICANN et ISOC-Québec sur le rôle de l’ICANN dans la gestion d’Internet et l’importance, pour les usagers d’Internet, de s’intéresser à son évolution.

Luc Faubert, le président d’ISOC Québec, a commencé par introduire la problématique, puis Marc Blanchet, président de Viagénie, a exposé en détail les aspects d’ingénierie qui sous-tendent la structure des noms de domaines. La suite à suivre sur le site du chapitre québécois de l’Internet Society (la partie formelle des présentations y sera disponible dans quelques semaines) et dans mon reportage photo, en direct sur Flickr.


Ce billet a été publiée le 23 novembre 2006 sur economielogique.com et transféré ici le 15 mars 2009, en prévision de la fermeture prochaine de mon ancien site corporatif.

Yulbuzz… c’est parti !

yulbuzz_logoCela fait quelques mois qu’on y travaille, Philippe et moi, et voilà que YULBUZZ prend enfin son envol avec ce podcast vidéo à saveur… d’économie logique ;). Comme nous l’expliquons dans la page de première visite, vous pourrez y visionner régulièrement des podcasts vidéo, sous forme d’entrevues, de shows ou de reportages, et sur des thèmes aussi variés que l’actualité, l’éducation, la politique, les technologies, les médias sociaux, le développement durable, la santé, l’art de vivre… alouette !

Nous espérons ainsi communiquer, expérimenter, apprendre et partager avec le public et la communauté des blogueurs et des podcasteurs que nous invitons à nous rejoindre. YULBUZZ est, en effet, un projet ouvert, une plateforme évolutive. Dans un an, elle aura disparu ou bien évolué d’une façon qu’il reste à inventer. Entretemps, nous ne nous mettons pas de pression. Le plaisir avant tout !

Ceux qui ont lu mes billets des derniers mois sur le videocasting savent combien l’hébergement et la bande passante sont des ressources critiques pour cette nouvelle industrie en train de naitre. Ainsi, c’est grâce à l’implication de nos amis Éric et Martin, les créateurs de la Web success story montréalaise iWeb Technologies, que YULBUZZ bénéficie d’un serveur de média dédié et d’une bande passante décente (du moins pour l’instant) ;). Eux aussi observent et participent à l’expérience par passion et curiosité plus que par intérêt !


Ce billet a été publiée le 16 novembre 2006 sur economielogique.com et transféré ici le 15 mars 2009, en prévision de la fermeture prochaine de mon ancien site corporatif.

Le quatrième écran de la convergence

Photo d'un écran de cellulaire
Photo: GSMA © 2006

Cette semaine, dans un un communiqué de presse conjoint du Sundance Institute et de la GSM Association (GSMA), l’acteur Robert Redford, président du célèbre festival cinématographique américain, annonçait la production prochaine de cinq courts métrages de fiction spécialement réalisés en fonction des petits écrans des téléphones cellulaires. Il annonce l’émergence du téléphone portable en tant que « quatrième écran » (après le cinéma, la télévision et l’ordinateur) et Bill Gajda, VP Marketing de la GSMA, remarque que celui-ci « change déjà la façon dont les gens s’eduquent et se divertissent. » Ainsi, les terminaux mobiles connectés par USB et Internet s’imposeront bientôt comme d’incontournables canaux de diffusion vidéo, qu’il s’agisse d’information, de spectacles de variétés et même d’oeuvres cinématographiques spécialement adaptées.

Car il faudra forcément adapter le langage visuel et les formats des produits médiatiques et culturels aux contraintes de ce nouveau médium. Disposant d’un écran dépassant rarement 176 pixels de large et d’une bande passante encore très coûteuse, celui-ci est aux antipodes de la télévision haute définition que l’on nous promet depuis des années. Or, si la HD offre aux téléspectateurs en mesure de se l’offrir un confort visuel et auditif inégalé, c’est probablement par le réseau GSM, qui devrait toucher 3 milliards de personnes en 2008, selon la GSMA, que la révolution vidéonumérique se répandra le plus efficacement à travers la planète, notamment dans les pays d’Afrique et d’Asie ou la téléphonie sans fil est infiniment plus abordable que l’accès aux réseaux optiques.

Ainsi donc, dans le domaine de l’information (probablement le plus adapté, à court terme, aux contraintes culturelles et techniques de ce médium), les chaînes de télévision ne pourront pas simplement compresser leurs émissions conçues pour la haute définition car l’image et les textes surimprimés en seraient illisibles. Il leur faudra mettre sur pied des équipes complètes pour retraiter les sources haute définition et les adapter à ce micro-médium.

Photo d'un écran de cellulaire

Dans le même temps, une opportunité fantastique s’ouvre pour de nouveaux projets médiatiques ciblant en priorité le Web et les écrans mobiles. C’est à une expérience de ce type que mon ami Philippe Martin et moi-même voulons nous livrer sur YULBUZZ.com, un site de videocasting que nous allons officiellement ouvrir sous peu, avec la participation, nous l’espérons, d’autres blogueurs québécois et/ou francophones.

Cette expérience devrait intéresser les journalistes de la presse écrite, je crois. Car s’il leur est difficile d’envisager de « converger » efficacement avec des télévisions aux normes techniques très élevées, les technologies numériques de la vidéo légère pourraient bien leur permettre d’enrichir leurs productions textuelles et photographiques de sources vidéo réalisées « on the fly », sans équipes lourdes, et mises en ligne à peu de frais sur le Web ou par l’entremise d’ententes de distribution avec des opérateurs de téléphonie sans fil. Le cas échéant, il faudra reconnaître la clairvoyance de Nelson Dumais, qui avait flairé cette tendance il y a plus de six mois et à qui je dois d’avoir mis le pied dans l’engrenage en février 2006.

Avec l’avènement du Web 2.0, on assiste déjà à la prolifération de contenus de vidéo légère produits par M. et Mme Tout-le-Monde, ainsi que par ces personnes morales que sont les entreprises, les gouvernement et les associations. Il faudra bien entendu faire le tri dans cette masse d’images et c’est là que les experts de l’édition, du journalisme et de la communication reprendront du galon. Passant d’une société de l’information à une société du savoir, les diffuseurs auront recours à ces agents de tri, de classement, de hiérarchisation et, somme toute, de digestion afin d’être en mesure d’offrir des programmes qui se tiennent à leurs audiences. Il y a de nouveaux métiers dans l’air…

*

En passant, j’applaudis la façon de faire des gens de la GSMA. Leur communiqué de presse original est agrémenté de liens menant à deux documents PDF contenant des informations complémentaires ainsi qu’à un petit album de photos (dont celle apparaissant plus haut) et à la vidéo du discours de Robert Redford. Cette complémentarité des technologies et des médias est inhérente à toute communication institutionnelle moderne et efficace. Signalons, pour terminer, la vidéothèque corporative de la GSMA, dont plusieurs éléments méritent d’être visionnés.


Ce billet a été publiée le 11 novembre 2006 sur economielogique.com et transféré ici le 15 mars 2009, en prévision de la fermeture prochaine de mon ancien site corporatif.

Démystifier les adresses et la gouvernance d'Internet

forum-isoc06Combien d’internautes savent-ils que l’adresse « www.google.com » n’est en fait qu’un alias commode pour désigner la « ferme de serveurs » résidant à l’adresse 72.14.205.99 du réseau Internet ? Probablement pas la majorité. Et combien ont entendu parler de l’ICANN, la Internet Corporation for Assigned Names and Numbers ? Encore moins. C’est pourtant cet organisme qui gère les noms de domaine et dont dépend en partie l’avenir d’Internet. *Notre* réseau.

En collaboration avec le chapitre québécois de la Internet Society (ISOC-Québec) et grâce aux infrastructures de la Téluq, l’ICANN organise une journée de conférence, le 23 novembre, simultanément à Montréal et à Québec. Les internautes québécois soucieux de comprendre comment fonctionne Internet et comment ils peuvent participer, aussi modestement soit-il, à sa gouvernance assisteront avec grand intérêt à cette série de présentations.

Pourquoi ? Parce que le réseau Internet, on le sait, a été construit pierre par pierre par ses propres usagers. Aujourd’hui, cependant, il est de plus en plus aux mains de grandes entreprises de télécommunications régionales, nationales et internationales qui l’exploitent afin — et c’est bien légitime — d’en tirer profit au nom de leurs actionnaires.

Si l’on ne s’en occupe pas, si l’on n’y prend pas garde, si la logique commerciale n’est pas modérée par la logique associative, scientifique et citoyenne qui a créé ce fantastique outil de communication, nous risquerions de ne plus pouvoir dire, un jour, que ce réseau est le nôtre. Les péages à l’entrée s’y multiplieraient au profit des plus riches et des plus influents. Voilà pourquoi il est de notre responsabilité de nous intéresser à ces questions.

Les internautes qui ne pourront pas se libérer le 23 novembre peuvent néanmoins mettre le site d’ISOC-Québec dans leurs favoris et même en devenir membre tout à fait gratuitement. Il est probable que les conférences seront disponibles en vidéo sur demande quelques semaines après l’événement.


Ce billet a été publiée le 8 novembre 2006 sur economielogique.com et transféré ici le 15 mars 2009, en prévision de la fermeture prochaine de mon ancien site corporatif.

Démystifier les adresses et la gouvernance d’Internet

En collaboration avec le chapitre québécois de la Internet Society (ISOC-Québec), l’ICANN organise une journée de conférence, le 23 novembre, à Montréal et à Québec. Les internautes soucieux de comprendre comment fonctionne Internet et comment ils peuvent participer, aussi modestement soit-il, à sa gouvernance assisteront avec grand intérêt à cette série de présentations.

Combien d’internautes savent-ils que l’adresse « www.google.com » n’est en fait qu’un alias commode pour désigner la « ferme de serveurs » résidant à l’adresse 72.14.205.99 du réseau Internet ? Probablement pas la majorité. Et combien ont entendu parler de l’ICANN, la Internet Corporation for Assigned Names and Numbers ? Encore moins. C’est pourtant cet organisme qui gère les noms de domaine et dont dépend en partie l’avenir d’Internet. *Notre* réseau.

En collaboration avec le chapitre québécois de la Internet Society (ISOC-Québec) et grâce aux infrastructures de la Téluq, l’ICANN organise une journée de conférence, le 23 novembre, simultanément à Montréal et à Québec. Les internautes québécois soucieux de comprendre comment fonctionne Internet et comment ils peuvent participer, aussi modestement soit-il, à sa gouvernance assisteront avec grand intérêt à cette série de présentations.

Pourquoi ? Parce que le réseau Internet, on le sait, a été construit pierre par pierre par ses propres usagers. Aujourd’hui, cependant, il est de plus en plus aux mains de grandes entreprises de télécommunications régionales, nationales et internationales qui l’exploitent afin — et c’est bien légitime — d’en tirer profit au nom de leurs actionnaires.

Si l’on ne s’en occupe pas, si l’on n’y prend pas garde, si la logique commerciale n’est pas modérée par la logique associative, scientifique et citoyenne qui a créé ce fantastique outil de communication, nous risquerions de ne plus pouvoir dire, un jour, que ce réseau est le nôtre. Les péages à l’entrée s’y multiplieraient au profit des plus riches et des plus influents. Voilà pourquoi il est de notre responsabilité de nous intéresser à ces questions.

Les internautes qui ne pourront pas se libérer le 23 novembre peuvent néanmoins mettre le site d’ISOC-Québec dans leurs favoris et même en devenir membre tout à fait gratuitement. Il est probable que les conférences seront disponibles en vidéo sur demande quelques semaines après l’événement.

Le masque africain et la plume

L’un des bons côtés des conférences internationales sur le changement climatique, comme celle qui se déroule actuellement au Kenya, c’est qu’elles permettent de braquer les projecteurs sur des informations connues, mais malheureusement passées sous silence par les politiciens et, surtout, la plupart des médias.

Le masque (africain) et la plume (du journaliste)L’un des bons côtés des conférences internationales sur le changement climatique, comme celle qui se déroule actuellement au Kenya, c’est qu’elles permettent de braquer les projecteurs sur des informations connues, mais malheureusement passées sous silence par les politiciens et, malheureusement, par la plupart des médias. Ainsi en va-t-il, par exemple, de cette fameuse « étude inédite rendue publique hier par le Secrétariat sur les changements climatiques à Nairobi, au Kenya, pour souligner l’ouverture d’une nouvelle conférence internationale sur les changements climatiques », selon le journaliste Louis-Gilles Francoeur, du Devoir.
Une étude inédite, vraiment ?

Premièrement, il aurait été louable, sur le site Web du journal, d’offrir au lecteur des liens directs vers :

    Cela aurait fourni d’importantes précisions aux lecteurs vraiment curieux d’en savoir plus sur ces questions, notamment aux enseignants et aux étudiants d’aujourd’hui dont l’avenir est en jeu. Cela aurait également permis de relever cette légère imprécision journalistique : il n’y a pas eu d’étude inédite rendue publique par le Secrétariat de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC, appelons donc les choses par leur nom), mais plutôt un échange d’information sous forme de présentations effectuées dans le cadre d’un colloque régional de l’organisation en Afrique auquel une représentante d’Environnement Canada, Mme Karen Sutherland, a incidemment participé.

    On aurait ainsi pu se poser des questions sur la valeur des 30 millions de dollars consacrés par le Canada, de 2000 à 2005, à différents projets d’adaptation au changement climatique dans les pays en voie de développement qui sont succintement décrits dans ce fichier PDF. Cela nous aurait amené à nous interroger sur l’avenir du Fonds canadien de développement pour les changements climatiques au-delà de 2006.

    Quoi qu’il en soit, cet article est précieux puisqu’il me conforte dans cette vision quelque peu angoissante qui m’est venue lors de mon retour d’Europe, en septembre dernier. Si nous somme réellement « humains », nous allons devoir faire en sorte de ne pas laisser nos frères et soeurs africains aux prises avec une catastrophe dont nous sommes les principaux responsables. Cela signifie, pour commencer, que nous ne pouvons pas jouer à l’autruche et remettre les décisions difficiles à plus tard.

    Accrochez-vous au navire, mes amis les homo sapiens, car cela va brasser dur au cours des prochaines décennies. Si vous croyez un tant soit peu au p’tit Jésus, c’est le temps de vous aimer les uns les autres et de le prouver.